‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 23 sur 452 · PARASITES VÉGÉTAUX. — LÉSIONS MICROSCOPIQUES · texte numérisé non relu

PARASITES VÉGÉTAUX. — LÉSIONS MICROSCOPIQUES

croieDl pftrfailemeDt à l'abri des dangers de la

boutique du barbier.

Au bout d'une période indéterminée e( qui

varie de quelques semaines k plusieurs mois

peat-AIre, après la disparition apparente, sous Hnilnence du traitement, des manirestations drcinées primitives, les spores, dans beaucoup dacas, m logent dsus les prorondeura des follicules pileux et la seconde période se trouve constituée.

Seconde période [FollKulite parasitaire ou SgcosiM]. — Celte affection est des plus rebelles. Elle débute sous la Torme de petits nodules sitaés aux environs des poils, sur quelque partie de la peau déjà parcourue par la maladie. Ces Dodoles s'accroissent lentement et peuvent kisser échapper, par leur sommet, du pus qui ta dessèebe et Terme des croûtes autour des poils. Dans une période ultérieure, les nodules H les pustules peuvent se transformer en tubercules volumineux et proéminents qui peurent, en suppurant, donner lieu à la formation de croûtes épaisses ou bien encore à de vastes I excoriées. Les tissus de la peau qui les follicules malades peuvent se Iroaver înUressés jusqu'à une grande prorondont et devenir le siège d'une vaste inQammatîoD avec gonflementet déformation des parties. La maladie peut ainsi s'avancer progressive'

ment pendant des mois et des années sur les portions du visage garnies de barl>e, en prodiUHDt, sila folliculite est excessivement vive, la deslruction irrémédiable du poil II n'est pas toujours liacile cependant de d st n^uer a Ta fuiycorif de la folliculite non paras a re e de l'eoéma des mêmes parties E général es alléntioDS morphologiques son beaucoup plus

graves dans la forme parasita re de plus son

histoire clinique mettra presque toujours hors de doute le fait de la préeiisteoce d'un herpès circinÉ, et l'examen microscopique des cheveux arrachés des follicules les moins malades permettra de constater la présence du fongus. Dans llctéma de la barbe, l'inOammalion n'est pas limitée d'abord aux tissus qui environnent immédiatement les follicules et la, suintement séreux, la suppuration et la formation de croûtes ne sont pas concentrées autour de chaque cheveu, mais affectent d'une manière uniforme toute la surface intéressée. L'inQltration des tissus est aussi plus générale et plus diffuse au lieu d'être noduleuse. Ces trois affections de la barbe sont souvent confondues sous l'appellation commune de « barber's ilch i> (gale du barbier),

ONYCBOarKOSIS.

La teigne des ongles est encore à décrire. Quelquefois, chezles personnes atteintes de l'une des formes ci-dessus de la maladie, ou chez cellesquiont à soigner longtemps elquotidiennement des malades atteints de cette affection, un ou plusieurs ongles perdent leur transparence, deviennent opaques, secs et s'épaississent peu à peu. La surface devient rude, l'ongle se fendille aisément et le bord Ubrc s'émousse. La substance devient cassante et s'écaille superflciellement. Ces cas cunstiluenl l'une des variétés de l'onychomikosis ; le favus des ongles en est une autre

Lésions mioroscoplques.

Lé ude m croscop que de la substance squameuse reçue 11 e par le g a tage de la surface

Fig. Sli. — Pouiiiére blancliu qui rcv6t les chuveui 'jOiiportiletfsotdes; A, sporules réunies; c, tubes vides; d, ti

Bés de la (signe a sporDlstra (Baz:

de la peau, dans l'une quelconque des formes i de la maladie, montre d'innombrables spores spbériques, ou conidies, de 3 & G (t de diamètre,

disposées en groupes ou en cercles et de longs tubes de mycélium ramifié, discrètement disséminés entrecesgroupes(flg. 814), Dans les poils

JAMES C. WH1TE. — MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU

malades arrachés à la face et au crâne, on trouve entre les diverses couches des quantités énormes de spores (fig. 81 3), et les cellules de la couche corticale sont distendues et écartées par les productions parasitaires. On voit donc aisément, d'après cela, pourquoi les cheveux en vahis par le chafiipignon deviennent cassants et se brisent en éclats. Dans les cellules aplaties des ongles affeclés, on trouve de longues chaînes de conidies, plus ou moins ramifiées, des spores et quelques tubes minces. Le végétal qui est la cause de celte affection a reçu le nom de Trichopfiyton.

Contagion.

Les sources de contagion de toutes ces formes morbides sont très diverses. Nous ne savons rien de Thabitat du végétal qui les produit, en dehors de la'période pendant laquelle il vit à l'état de parasite sur les animaux. 11 est probable, en raison de la fréquence des cas dans lesquels on l'observe en Amérique, qu'il s'y rencontre également en bien plus grande abondance qu'en tout autre pays, pendant la phase de son existence qui nous est inconnue. Chez les enfants, l'herpès circiné ordinaire, qui se présente le plus communément sur les mains, les bras, la face et le cou, leur est généralement transmis pendant qu'ils jouent avec d'autres enfants déjà atteints, tandis que la forme spéciale au cuir chevelu se contracte souvent en faisant usage de la coiffure, de la brosse ou du*peigne d'un enfant infecté. La longue durée et la résistance aux moyens de traitement de cette dernière variété prolongent de beaucoup les chances de transmission. Chez les adultes, le sycosis se contracte presque toujours chez le barbier, ainsi qu'il a été dit plus haut, rarement chez le coiffeur. La forme marginée, qui se montre autour des organes génitaux, se communique peutêtre dans les relations sexuelles. Mais toutes CCS formes peuvent donner naissance les unes aux autres. La présence fréquente de la maladie chez les animaux domestiques est une source très commune de contagion. Les animaux ainsi affectés sont le chat, le chien, le bœuf, le lièvre. 11 n'y a aucune raison de supposer qu'un état particulier quelconque de la peau soit nécessaire au développement de la maladie. 11 y a sans doute, dans la manière dont la peau réagit sous l'influence de l'irritation parasitaire et dans les manifestations secondaires, une différence qui dépend de l'état

général et du tempérament catané individael, mais, d'après les observations propres àl'iiiteur, il n'y a rien de plus.

Traitement de la trichophytle.

Dans la période qui répond à l'herpès drdné ordinaire, sur les parties dépounrues de pofls, le développement du végétal est tout à fait superficiel, et de très simples agents snffiieot souvent pour amener une gaérison immédiate quand on les emploie avec énergie. Parmi eei agents, on compte les acides acétique, phéoi* que, sous diverses formes ; Tiode» l'adde sulfureux, les préparations de soufre, le goudron, etc.

Le danger qu'il y a à ne compter que sur ces moyens est le suivant : la maladie semble guérie avant que les productions parasitaires des couches épidermiques profondes ne soient détruites. On cesse par conséquent la médiettion et les récidives surviennent. Ce traite* ment incomplet de la première phase de l'herpès circiné est la cause fréquente des formes plus graves de la maladie. En général, il est nécessaire de continuer le traitement de la variété simple, longtemps après la disparition apparente de toutes traces du mal. Quand eDe affecte les parties couvertes de poils, telles qoe le cuir chevelu et la barbe, le temps nécessaire pour la guérison est toujours beaucoup plus long: c'est certainement une affaire de mois, quelquefois même de plusieurs mois. Comme, ao bout d'un certain temps, le mal, dans ces régions, s'étend jusqu'au fond des follicules pileux, c'est-à-dire jusqu'aux pins grandes profondeurs de la peau, il est nécessaire de faire pénétrer jusque-là les parasitlcides dont on veut faire usage, pour qu'ils puissent se mettre en contact avec les productions cryptogamiques qu'ils sont appelés à détruire. Car, non seulement les spores contenus dans les follicales sont protégés contre l'action des médicaments par la présence des poils, mais ces derniers organes eux-mêmes sont remplis de productions cryptogamiques. En arrachant les poils malades, on n'enlève donc pas seulement une partie du mal, mais on ouvre en outre, à l'action du remède, la cavité occupée par le pofl. L'épilation doit donc être considérée comme une opération de nécessité lorsque la maladie affecte la barbe ou le cuir chevelu.

Sans doute il est des cas qui guérissent sans qu'on ait eu besoin de recourir à ce procédé, mais alors la guérison est beaucoup plos^

PARASlT(i:S VÉGÉTAUX. — TRAITEMENT DE LA TRIGHOPHYTIE.

Adda diiyBophaniqne.

Ptndreida Goa

EocgrcL éê eUiurgie.

2 grammes.

lente à venir. Il faut enlever, non seulement les tronçons des poils que Ton rencontre dans la région malade, mais aussi les poils qui l'environnent immédiatement et qui ne laissent encore apercevoir aucun signe de Taffection. On les arrache très facilement au moyen d'ooe pince à mors larges et on les brûle tout aussitôt. 11 n'y a évidemment à redouter aucun péril d'alopécie définitive par suite de ce traitement et, dans quelques cas, il faut enlever une i seconde fois les nouveaux poils qui se produisent après l'arrachement des premiers. 11 faut, à chaque séance, arracher autant de poils qu'il est possible sans amener d'irritation sur une portion quelconque de la plaque malade.

Le choix des parasiticides doit dépendre, dans une certaine mesure, du siège, de retendue du mal et de l'état de la peau dans chaque cas individuel. Dans les points où l'inQammatioa ecxémateuse qui accompagne la maladie est particulièrement grave, ou bien dans ceux où l'inflammation profonde est intense comme dans la Teigne sycosis, il faut quelquefois instituer un traitement préliminaire, avant de faire usage des substances parasiticides appropriées. Dans la forme circinéeet superficielle ordinaire, nia surface affectée n'est pas trop étendue, une lolatiou ou une pommade au bichlorure de mercure:

Bichlorire demercare... 0^,15 centlgr. Axoogs.^ 30 grammes.

peut être appliquée deux fois par jour aussi largement que la peau le permettra sans itimolation exagérée. Sur la face et sur les autres parties du corps exposées aux regards, on ^t employer cette préparation avec beauconp favantages parce qu'elle ne colorej pas la peaa. L'iode, sous forme de teinture ou sous I «De de ponsmade, mélangé de partiels égales ! Tiodure de potassium et de glycérine, peut ' être employé en badigeonnages sur la partie affectée. L'acide sulfureux et l'acide phénique, ea solotions, peuvent également être employés avec succès, ils sont pourtant moins sûrs dans leur mode d'action. Ges moyens doivent être continués beaucoup plus longtemps que les manifestations ne paraissent l'exiger. On peut taire usage, sur les parties cachées par les vêtements, d*une pommade à Tacide chrysophanique ou à la poudre de Goa.

Devergie a recommandé pour l'application de l'emplâtre de couper de petits morceaux de toile en forme de demi-cétes de melon, de vé-. ritables triangles isocèles, par conséquent, et

Fig. 815. — Calotte pour les teigneux.

d'une grandeur telle que leur pointe étant placée au sommet de leur base arrive au pourtour de la tête (fig. 815).

Lorsque la maladie affecte la barbe ou le cuir chevelu et que les poils sont envahis, il faut > persévérer longtemps dans Tapplication des re- ■ mèdes. En même temps que Ton pratique Té-) pilation, on peut, par exemple, prescrire letraitement suivant : le soir, on frictionne énergiquement les parties malades et leur pourtour même, avec une pommade de proportions va- ' riables, mais formulée à peu près de la manière suivante :

Hereare ammoniacal (1)... 4 grammes.

Créosote XV gouttes.

Soufre sublimé..... 15 grammes.

Axonge ou vaseline 30 —

Le matin, on lave au savon, au savon mou s'il est bien supporté, puis l'on pratique Fépilation. Aussitôt après, on lotionne largement les parties au moyen de la solution officinale d'acide sulfureux et on les abandonne ensuite à elles-mêmes pour la journée.

La face ne supporterait pas un traitement aussi énergique que le cuir chevelu et il faut souvent faire appel aux pommades adoucissantes, pendant le jour, par exemple, pour combattre l'excès d'action des remèdes employés la nuit. Les guérisons rapides sont impossibles ; il ne faut attendre ce résultat que de l'emploi méthodique et longtemps continué des substances les plus actives. Mais, même après les avoir mis à contribution, et longtemps après que la

(1) Hydrargyrum ammoniatum, — Poudre blanche inusitée en France et résultant de Taction d'une solution d*ammoniaque sur lo perchlorure de mercure.

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