‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 249 sur 452 · LIGATURE DE L'ARTÈRE LINGUALE · texte numérisé non relu

LIGATURE DE L'ARTÈRE LINGUALE

Anatomie chirurgicale.

C'estla seconde branche de la carotide externe. Elle prend naissance à un quart de pouce environ au-dessus de la thyroïdienne supérieure, presque en face de la grande corne de l'os hyoïde. Elle monte d'abord obliquement, puis se recourbe brusquement en bas et en dedans; passant ensuite au-dessous du bord externe de l'hypoglosse, elle court parallèlement à la grande corne de l'os hyoïde; finalement, montant jusqu'au plancher de la langue, elle le parcourt en serpentant jusqu'à la pointe sous le nom d'artère ranine et se termine par inosculation avec sa congénère du côté opposé.

Le muscle hyoglosse, au-dessous duquel passe l'artère linguale, la divise, au point de vue chirurgical, en trois parties, une première postérieure, une seconde sous-jacente et une troisième antérieure à ce muscle, s'étendant depuis le bord antérieur de l'hypoglosse à la pointe de la langue. Toutes ses branches, le rameau sushyoïdien, l'artère dorsale de la langue et la sublinguale, naissent de sa seconde partie. C'est celte portion sous-musculaire qui a été choisie pour faire la ligature.

Elle est recouverte par la peau, le fascia superficialis, le peaucier, le fascia profond, le bord inférieur do la glande sous-maxillaire, un second repli du fascia profond qui s'étend au-dessous de la glande et en complète la capsule, les veihes faciale, linguale superficielle et pharyngienne, les muscles stylo-hyoïdien et digastrique, le nerf hypoglosse et le muscle hyoglosse. Elle repose sur le constricteur moyen du pharynx et court parallèlement à la grande corne de l'os hyoïde à une ligne environ au-dessus. Pour découvrir cette partie de la linguale, on a trois points de repère importants, la poulie du tendon du digastrique, la grande corne de l'os hyoïde et le nerf hypoglosse ; les deux premiers de ces guides se trouvent immédiatement au-dessous et en avant de l'artère, le dernier immédiatement au-dessus et en avant du vaisseau, et tous trois en sont séparés par le muscle hyoglosse.

Opération.

On place le sujet sur le dos, la tête tournée un peu du côté opposé, et bien étendue, de façon à agrandir l'espace situé entre l'os hyoïde

JÛBN A. LIDELL. — FLAIES DES VAISSEAUX SANGUINS.

et la base du maiillaire. Après s'être assuré de la situation de la grande corne de l'os hjolde, un commence l'incision de la peau au niveau du bord antérieur du sterne -mastoïdien, & un demipouce su- dessus d'un point faisant Taceàl'extrémité de la grande corne de l'h^oîde, ou la continuant en avant et un peu en bas, de façon à lui donner une légère courbure à convexité in-

férieure, et on la termine à trois quarts ^epouee de la ligne médiane, et à un demi-pouce audessous de la base du maxillaire (fig. 943). U tête doit être maintenue dans U même podtioD pendant toute l'opération, car tout cbangement de position, surtout la ileiioQ, modiflenil l'opéraUan. Toutes les incisions doivent étrefiites en avant des gros vaisseaux du coa. La pwn,

Fig. 913. — Ligalure de l'artère linguale (Sédillot)n. {') a, irlère linguale; 6, vcino superflciellei c, muscle itilo-liyoldien.

le peaucier et le lissu conjonctifet adipeux étant divisés, on tombe sur le premier feuillet du fascia profond, c'esl-à-dire sur la partie antérieure de la capsule de la glande sous-maxillaire. On divise ce feuillet sur la sonde cannelée et on met à nu la glande. Au moyen du doigt ou du manche d'un scalpel on détache la glande de ses attaches profondes et on l'attire en haut audessus du maxillaire avec un crochet mousse, en prenant bien soin de ne pas blesser l'artère et la veine faciale, qui la traversent. On divise alors la portion du fascia profond qui constitue la partie postérieure de la capsule de la glande, et on met ainsi à nu l'aponévrose nacrée sur laquelle glisse le tendon du digastrique ainsi que l'insertion du muscle stïlo-hjoïdien. Immédiatement au-dessous on aperçoit le nerf hypoglosse accompagné de la veine linguale, à trois lignes au-dessus de la corne de l'hyoïde, et croisant l'hypoglosse en se portant en haut et en avant. On détache le nerf du muscle hyoglosse et on l'écarté un peu. On fixe l'os hyoïde en introduisant un ténaculum dans l'apanèvrose du

digastrique, puis on insinue avec soin la point« d'une sonde cannelée au-dessous du bord postérieur du muscle hyoglosse, qu'on pousse doucement le long du bord supérieur de la grande corne de l'os hyoïde, de façon à séparer l'hyoglosse du constricteur moyen du pharynx. On divise alors les fibres de l'hyoglosse sur la sondei l'artpre linguale accompagnée d'une veine apparaît alors. On passe l'aiguille de haut en bas de fiiçon à éviter le nerf hypoglosse. Quelques fibres du stylo-hyoïdien peuvent être divisées eu même temps. Quelques chirurgiens découvrent graduellement cette artère d'avant en arrière eu soulevant les fibres de l'hyoglosse avec une pince et en incisant avec le bistouri. Hais à chaque pas qu'il fait, l'opérateur devra meUre an doigt dans la plaie pour reconnaître la grande corne de l'os hyoïde.

OPÉBATION o'RSUAaCB.

1° On fait une incision cutanée de quatre centimètres le long du bord supirtear de la grende

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