‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 317 sur 452 · Traitement médical de ranévrysme · texte numérisé non relu

Traitement médical de ranévrysme

TRAITEMENT DE VALSALVA.

Le traitement médical de l'anévrvsme est basé sur la méthode de Valsalva, qui se proposait de diminuer la masse du sang et d'affaiblir l'action du cœur (2), en « tenant le malade au lit pendant quarante Jours environ, et, dans cet intervalle, en pratiquant une ou plusieurs saignées, en administrant des lavements, en défendant le vin^ et en ne permettant que la quantité de nourriture ou de boisson nécessaire à l'entretien de l'existence : même cette quantité ne doit pas être donnée en deux fois dans toute la journée, mais bien en trois ou quatre fois, de

(1) Syme a rerois en honneur, il y a quelques années^ la méthode d'Aotyllus basée sur la rupture du sac.

(2) Valsalva n'a rien laissé d'écrit sur ce sujet ; mais son ami Hippoly tus Franciscus Albertinus, dans son ouvrage intitulé Animadversiones supet' quibusdam difficilis resph^tionisvitiisy a iœsacordiset prxcordiorum structura pendentibus (1748), a donné une description complète de la méthode qu'ils avaient imaginée ensemble.

RICHAHD BARWELL. — ANÉYRYSME.

Taçon que la petite .quantité administrée dans chacune de ces occasions ne puisse jamais amener la réplélion des vaisseaux sanguins. »

TRAITEMENT DE TIFFNEL.

Le môme régime, ou un régime fort analogue, mais sans saignées, est aujourd'hui misencore en usage, et récemment M. JolifTe TufTnel en a plus particulièrement préconisé remploi (1). Tel qu'il est adopté actuellement, ce régime consiste dans le repos absolu, avec une diète sévère ou une diète sèche. Le repos doit être pris au lit, et le malade s'abstenir de mouvements fréquents des membres. — Si Vanévrysme estthoracique, les bras doivent être employés aussi peu que possible.— Des appareils variés servent à supporter les livres de lecture ou tous autres objets. Le passage du décubitus absolu à la position demiassise est tout ce que Ton peut permettre; encore le malade doit-il alors être aidé (2}. 11 ne doit pour aucun motif quitter le lit.

La diète sévère dont il vient d'être question peut être réglée de la façon suivante : Pain, 300 grammes; beurre, 30 grammes; pudding au riz ou au tapioca, 180 grammes; lait, un demi-litre; cette quantité de nourriture, divisée en trois ou quatre repas, suffit généralement; mais quelques malades, surtout dans la basse classe, où les privations physiques sont difficilement supportées, refusent de se soumettre h cette sévérité, et il peut convenir de laisser introduire dans le régime, une ou deux fois par semaine, un peu de poisson ou de viande bouillie. Voici comment peut être formulée la diète sèche : pour le déjeuner et le souper, pain, 120 grammes; beurre, 15 grammes; lait, 120 grammes. Pour le dîner, viande, 00 grammes ; pain, 90 grammes ; eau ou lait, 90 grammes. Si la quantité de liquide peut encore Ctre réduite, cette diminution est avantageuse : la soif est calmée par l'introduction dans la bouche de petits morceaux de glace que le malade suce, ou par Tusage de gargarismes glacés, acidulés. Si, après l'observation de l'un ou l'autre de ces régimes pendant six semaines, l'anévrysme s'est oblitéré, ou si, au contraire, aucun résultat heureux n'a été obtenu, le retour à un régime plus complet et plus naturel doit se

(1) Tuffnell, T/ic sumessful trealment of internai aneurism, etc., Loiulon, 1804 ; 2' éd., 1870.

(3) Quelque! in(iU(loM,atteintsd'anévry8meaortique, ne peuvent le coucIict; ili doivent, nuit ctjour, ôtre soutenus dans une puiiition demi-assise.

faire avec les plus grandes précautions; Taugmentation de nourriture doit être lente et graduée, et ses effets doivent être surveillés avec soin.

Je ne puis m'empêcher de croire que la réaction actuelle contre les saignées trop copieuses et trop fréquentes de nos pères est un peu excessive. Aujourd'hui, si on faisait à un malade une saignée de 500 grammes, son entourage ne manquerait pas d'attribuer toutes les suites fâcheuses, inséparables de la maladie — peutêtre même la terminaison fatale — à l'ouTerture de la veine. Néanmoins je n'ai aucune hésitation à déclarer que, d^ns certains cas, une saignée convenable et peut-être des saignées répétées, pratiquées au début du traitement, épargneraient beaucoup de temps et ajouteraient à l'efficacité du traitement diététique. 11 en serait surtout ainsi, lorsque la compression de veines volumineuses donne lieu à une congestion très marquée, les canaux bronchiques rétrécis et les poumons poorant à peine aérer la quantité de sang qui leur est envoyée. Dans tous les cas de ce genre, la diminulion de la masse du sang est suivie d'un soulagement rapide ; toutefois il faut agir avec précautions, de peur de la syncope. Mais ce n'est pas seulement l'influence de la saignée sur l'action du cœur qu'il faut considérer : son effet sur le sang lui-même est bien connu et môme plus important, j'entends son effet sur la rapidité de la coagulation. 11 a été nettement établi par Thackrah, Gulliver, etc., et constitue un des plus puissants moyens dont la nature se serve pour . arrêter les hémorrhagies. La facilité avec laquelle le sang se coagule alors est en raisou directe de la quantité qui a été enlevée.

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