‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 318 sur 452 · BELLADONE, ACIDE CYANHYDRIC»UE, DIGITALE, ACONIT, VÉRATRINE · texte numérisé non relu

BELLADONE, ACIDE CYANHYDRIC»UE, DIGITALE, ACONIT, VÉRATRINE

Les médicaments, qui agissent simplement en diminuant la force et la rapidité des battements du cœur, ne peuvent favoriser la guérison de l'anévrysme aussi directement que la saignée, qui a sur le moteur cardiaque une influence égale; mais, d'un autre côté, ils peuvent faire moins de mal, et à coup sûr le malade se remet de leurs effets avec moins de difficulté. C'est ainsi qu'on peut employer avec un certain avantage la belladone^ ou son alcaloïde (i), et Y acide cyanhydrique. Le premier de

(1) Le sel d'atropino le plus sûr^ et même le seul stable, est le salicylatc. La formule est la suivante:

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DES ÂiNÉVRYSMES EN GÉNÉRAL. — TRAITEMENT MÉDICAL.

ces médicaments a pour effet, dans les anévryames thoraciques, non seulement d*amoindrir la rapidité des mouvements du cœur, mais encore de calmer la douleur, et surtout, quand il y a de la dyspnée, de diminuer les laborieux efforts résultant de la gène respiratoire. J*ai tiré un bénéfice moindre de la digitale. De grandes précautions sont nécessaires dans l'emploi de ce médicament, car son action s'accumule ; et, après ravoir employé longtemps, sans grand effet apparent, on le voit quelquefois ralentir brusquement les pulsations cardiaques, de façon à inspirer des inquiétudes. La teinture (Taconit, à la dose de deux à cinq gouttes toutes tes trois ou quatre heures, ramène ordinairement fort vite le pouls à soixante pulsations par minute et diminue sa force expansive. Son action doit être soigneusement surveillée. Un malade du D' Pancoast, affecté d'anévrysme de la soos-clavière, vit son état s'améliorer sensiblement pendant les symptômes d'un empoisonnement par une dose d'aconit prise par mégarde. La vératrinef quand on y a recours, peut être employée avec le plus de sécurité sous forme de pommade, en frictions sur la poitiinet tant que la peau est intacte (i). Son action doit toutefois être surveillée avec la plus grande attention. Dans un cas où je mis en usage ce médicament, le malade fut très soulagé, et il y eut, je crois, un certain retard dans l'augmentation de la tumeur.

BROMUnE ET lODURE DE POTASSIUM.

Le bromure de potassium est d'une utilité fort nette, quand la douleur ou l'irritation résulte de la compression directe des nerfs. J'ai vu la toux irritante et pénible, que produit la compression du nerf laryngé récurrent, dans certains cas d'anévrysme thoracique, diminuer beaucoup, et même cesser presque absolument dans un ou deux cas, sous linfluence de i gramme 50 centigrammes de ce médicament;

Atropine O8'",:i0

Acide salicyliquc 0'»',45

Eau chaude 2G-2«',50

L'atropine doil ôtre réduite en une poudre très fine, pais mttangée peu à peu avec Tacide salicylique ; ajoutes lentement Teau chaude. Le tout doit être dissous et la solution avoir le poids ou être portée «u poids de 262 i<r,50. La dose est de 10 gouttes, soit un demi-milligramme d'atropine.

(1) La pharmacopée des États-Unis donne, pour îonnule, 1 pour 25; la pharmacopée anglaise, 1 sur 60.

I j'ai vu aussi disparaître presque complètement une douleur très vive« résultant de la compression du nerf sciatique poplité.

Viodure de potassium a été beaucoup prôné par quelques auteurs. Il a été pour la première fois mis en usage dans le traitement de l'anévrysme par le D' Chuckerbutty, de Calcutta, qui vit un anévrysme devenir éolide pendant que le malade prenait, pour une autre maladie, des doses élevées de ce médicament. Depuis cette époque, l'iodure de potassium a été largement employé par un certain nombre de chirurgiens. Mon expérience personnelle, comme celle de sir William Gull et celle de M. Holmes (i), ne lui est pas favorable, bien que, dans certaines conditions que je vais indiquer, il puisse procurer du soulagement. L'expérience directe sur l'homme n'étant pas admissible, il est très difûcile d'établir la valeur exacte d'un médicament dans le traitement d'une affection comme l'anévrysme. Nous ne pouvons considérer isolément son action ; nous ne pouvons le donner seul, à l'exclusion de tout autre traitement. Aussi, en consultant les observations, on voit toujours que les malades ont été mis au repos absolu, privés de tout stimulant, condamnés à une diète sévère ; puis, si l'iodure de potassium est adnûnislré, c'est ù lui qu'on rapporte la totalité ou la plus grande partie du bénétice obtenu. Je n'ai pu trouver un seul cas, où ce médicament, administré sans ces éléments plus importants de succès, ait amené la guérison de l'anévrysme. D'autre part, il existe un grand nombre d'observations (2), où le sujet, après avoir vu son état s'améliorer sous l'influence du repos, du régime, combinés avec l'iodure de potassium, s'est fatigué de ces privations et a repris son ancien mode d'existence : à ce moment, bien qu'il prit encore l'iodure de potassium à hautes doses, la rechute ne s'est pas fait attendre, et, en général, la mort a été prompte.

La théorie d'après laquelle l'alhérome et l'anévrysme seraient d'origine syphilitique peut être invoquée à l'appui du traitement par l'iodure de potassium ; on peut aussi rappeler en sa faveur que, dans certaines circonstances, il calme incontestablement la douleur qui accompagne le développement de certains anévrysmes. La douleur sourde et particulièrement pénible que produit la pression de la tumeur sur les os et

(1) HolmeSySystemof surgery, seconde éd. , vol. III, p. 437.

(2) Ces observations sont si nombreuses, si con- I nues, qu'il est inutile de les rappeler.

BlCllAUD BARWELL. — ANÉVRYSME.

le périoste est incontestablement soulagée — et môme peut être absolument supprimée pour quelque temps — par Tusage de l'iodure de potassium, à la dose variable de deux grammes cinquante à cinq grammes cinquante dans les vingt-quatre heures. Il en résulte un apaisement des symptômes qui n'implique nullement une amélioration réelle.

L'efficacité de Tiodure de potassium, donné à l'intérieur, est surtout marquée dans la périostite, les indurations chroniques, les engorgements inflammatoires à marche lente, qu'ils soient d'origine strumeuse, syphilitique ou rhumatismale ; en somme, dans les états morbides qui aboutissent à des dépôts fibreux ou fibrineux. Mais tous les modes de guérison de Tanévrysme, sauf ceux par suppuration et par gangrène, sont basés sur la coagulation — sur la richesse du sang en fibrine — à laquelle s'oppose l'iodure de potassium. Je ne puis m'empecher de croire que la récidive rapide, la marche promptement fatale de l'anévrysme, dans des cas où le malade avait paru tout d'abord se trouver fort bien du repos et de l'iodure, tiennent souvent au défaut de coagulabililé du sang, résultant de l'emploi de l'iodure à doses élevées.

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