ANÉVRYSME ABDOMINAL. — TRAITEMENT
conditions, une tumeur pulsatile, de forme ovoïde on globuleuse, demeure fixe, ou à peu près fixe, dans sa situation, les soupçons qu'on peut avoir de sa nature anévrysmale reçoivent une confirmation sérieuse; mais il faut se rappeler que les tnmears malignes de la colonne lombaire, des ganglions voisins ou du rein, et même une pyonèpbrose ou une hydro-néphrose, peuvent présenter des battements (i) ; et chacune des hypothèses se rapporlant à ces diflférents états doit être écartée k l'aide d'examens minutieux et répétés (2).
Symptômes.
Les symptômes de voisinage de l'anévrysme abdominal, résultant de la compression de certains organes ou de leurs conduits, ne s'éloignent pas beaucoup de ceux produits par les aiTections de ces organes mêmes. Ainsi, nous pouvons observer une douleur dans le dos, avec carie da rachis et môme abcès de la fosse iliaque; de l'amaigrissement, de l'inappétence, du tympanisme, par suite de la compression de l'intestin ; ces mêmes symplômes, avec un ictère très marqué, dans le cas d'obstruction des canaux hépatiques ; ou des troubles graves du côté dea reins, si l'uretère est intéressé. Tous ces signes, pris isolément, n'ont rien de caractéristique ; mais, si en même temps on constate la présence d'une tumeur pulsatile, ils peavent fournir au diagnostic une aide sé-
L'anévrysme siégeant sur une branche collatérale, à peu de dislance du tronc aortique, se distingue par la mobilité de l'ensemble de la tumeur; il en est surtout ainsi quand c'est Fartère mésentérique qui est intéressée, mais ii l'anévrysme se forme sur la collatérale, en un point voisin du tronc, ou s'il comprend l'origine même de cette branche, il est impossible d'établir aucune distinction.
Traitement.
Le traitement de l'anévrysme abdominal ne donne pas des résultats très satisfaisants. 11 faut d'abord essayer la méthode de Valsalva,
(1) Quelquefois, mais fort rarement, un anévrysme abdominal peut être dépourvu de battements; dans ces conditions il peut 6tre presque impossible de faire le diagnostic^ à moins de suivre longtemps le malade.
(2) Il faut apporter certaines précautions dans le Biuiementdeces tumeurs. En y mettant trop de force, on pourrait et on a pu en amener la rupture.
Encycl. de chirurgie.
sans les saignées, ou tout au moins sans les saignées copieuses et répétées que recommandait ce chirurgien. L'espoir est ici légitime, puisqu'un certain nombre de ces anévrysmes, dont quelques-uns demeurés inaperçus pendant la vie, ont guéri spontanément. Le repos a besoin d'être absolu : le malade ne doit ni se soulever ni se tourner dans le lit sans être aidé ; les cuisses et les jambes ne doivent même faire aucun mouvement. On peut se trouver bien — et dans des cas de ce genre, il ne faut négliger aucun secours, même le plus léger — en élevant le pied du lit de façon que le bassin et les membres inférieurs soient plus haut que les épaules et que la force du courant sanguin soit diminuée par la pesanteur. L'atropine, l'aconit ou la digitale peuvent être donnés alternativement suivant les circonstances, et j'ai quelque raison de leur accorder une certaine efficacité. Tous ces médicameulâ doivent être administrés avec précaution, car, si on peut aller jusqu'à la nausée légère, il faut éviter l'efi'et émétique; un seul vomissement peut, surtout si l'anévrysme est situé à la partie supérieure de l'abdomen, défaire le travail de plusieurs mois, ou même donner un coup de fouet à la maladie (1).
Après que ce traitement a été continué pendant plusieurs jours, ou même pendant plusieurs semaines, si les progrès sont lents, trois partis s'offrent au chirurgien : i'* abandonner le malade au sort fatal qui le menace ; 2^ essayer les effets de la compression; Z^ lier l'aorte. Le choix entre ces moyens dépend en grande partie du point où la tumeur prend son origine et de la hauteur à laquelle elle s'élève dans l'abdomen.