‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 335 sur 452 · ANÉVRYSME ABDOMINAL · texte numérisé non relu

ANÉVRYSME ABDOMINAL

En décrivant la ligature de l'artère iliaque interne, j'ai légèrement anticipé sur ce que j'ai à dire de Tanévrysme abdominal, mais, en la séparant de la ligature des autres iliaques, je me serais condamné à de fatigantes redites, tandis qu'un simple renvoi suffira. La ligature de l'iliaque interne peut être indiquée par un anévrysme de la région fessière ; celle de l'iliaque externe, à sa partie inférieure, par un anévry^me fémoral ; celle du même vaisseau, à sa partie supérieure, par un anévrysme de la fosse iliaque; quand le sac de l'anévrysme re-, monte à une certaine hauteur, il peut même être nécessaire d'agir sur l'iliaque commune immédiatement au-dessus de sa bifurcation.

Mais ce dernier vaisseau peut encore être lié, ou tout uu moins sa ligature peut être mise en question, dans les cas d'anévrysme siégeant il lu partie inférieure de l'abdomen. La division de l'aorte en iliaques communes se fait audessous de la partie moyenne de la quatrième vertèbre lombaire, et, sur bî vivant, en clinique, on peut la placer à 2 centimètres au-dessous de l'ombilic ; nous pouvons donc admettre, à moins de preuve du contraire, que les anévrysmes qui battent au-dessous de ce point appartiennent à l'artère iliaque commune, et ceux qui battent au-dessus, à l'aorte ou à l'une de ses branches ; les branches le plus souvent affectées sont le tronc cœliaque et ensuite la mésentérique supérieure.

11 me faut dire ici quelques mots sur les tumeurs pulsatiles de Vabdomcn et sur leur dia-

(!; Cet instrument a été imaginé pour lier l'artère Miui^-clavièrc chez un sujet dont la clavicule était for- Iciiiont soulevée.

gnostic. 11 est bien connu que, chez certains sujets, on peut sentir les pulsations de l'aorte abdominale à la surface de l'abdomen avec une saisissante netteté ; il en est surtout ainsi chez les femmes hystériques et aussi dans les cas d'albuminurie. La direction suivant laquelle on peut sentir ces pulsations et qui est celle de l'aorte, la conservation des battements normaux dans les artères fémorales, empêcheraient toute erreur de diagnostic. Mais le fait qu'une exagération des pulsations aortiquespeut s'observer dans certaines circonstances, montre quelles précautions il faut prendre avant de se prononcer sur la nature d'une tumeur placée en avant de l'aorte, alors même qu'elle bat très fortement. Le bruit de souffle fait souvent défaut dans l'anévrysme abdominal; tandis que, chez un sujet hystérique, avec les battements exagérés de l'aorte peut se faire entendre u n murmure vasculaire, distinct sans être bruyant. 11 ne faut jamais se former d'opinion, sauf dans des cas absolument évidents et simples, avant d'avoir débarrassé l'intestin à l'aide d'une purgation et d'un lavement. 11 faut examiner le malade non pas seulement dans le décubitus dorsal, mais aussi en le faisant coucher sur le côté; de façon que le chirurgien, après avoir refoulé doucement les intestins, puisse porter plus directement la main sur le vaisseau et que tout amas de matières dans l'intestin, toute tumeur mésentérique ou épiploïque, pouvant se trouver en avant de l'aorte, se déplace et cesse de la recouvrir. Pour la facilité du diagnostic, il est souvent avantageux d'anesthésier le malade avec l'éther ou le chloroforme, pour supprimer la gène que peuvent apporter les contractions des muscles abdominaux. Si, dans ces

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