‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 375 sur 452 · SYMPTÔMES APPARTENANT A LA TUMEUR · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES APPARTENANT A LA TUMEUR

La tumeur, les battements, la matité, les bruits anormaux dépendent du développement d'un sac anévrysmal sur Tartère, des progrès de ce sac vers Textérieur, de la substitution d'une masse de sang (liquide ou coagulé) à une portion de poumon sonore. Quand l'anévrysme arrive à une certaine distance de la surface cutanée, la paroi thoracique devient saillante : c^estd'ubord un simple bombement, mais ensuite on trouve une tumeur conique, animée de battements très appréciables à la vue et au toucher. Autour du point où se montrent les battements les plus forts^ on peut tracer une zone où l'impulsion va en diminuant graduellement; de môme, la matité est absolue au milieu de la zone, plus en dehors elle n'est que relative, et va ainsi

.; diminuant de plus en plus jusqu'à ce que la sonorité reparaisse complète; l'aire de matité est

'-? d'ordinaire continue par un de ses bords avec la matité cardiaque. Au niveau de la tumeur pulsatile, les l!ruits du cœur s'entendent avec un retentissement anormal, mais le second bruit est

. beaucoup plus accentué que le premier; c'est

:- quelquefois un coup sourd et profond, d'autres fois un bruit aigu, métallique, mais toujours il est retentissant par rapport au premier bruit, et même plus retentissant qu'au niveau môme du cœur. Les bruits de souffle n'ont guère été mentionnés jusqu'ici, tant ils sont inconstants ; ils offrent des tonalités et des degrés fort différents, depuis le simple murmure jusqu'au souffle rude et rftpeux ou au bruit de scie. Bien souvent, l'affection suit son cours sans aucun bruit anormal de ce genre; d'autres fois, le bruit de souffle existe tout le temps; tandis que, dans une troi-

sième catégorie de faits, il s'entend seulement soit au début, soit à la fin, mais fait défaut pendant la période intermédiaire. Ces bruits^ quand on les constate, ont donc une sérieuse valeur, mais leur absence n'a rien d'incompatible avec l'existence d'un anévrysme. On peut grouper cette série de phénomènes sous la dénomination de « symptômes appartenant à la tumeur ».

MODIFICATIONS DU POUI.S.

Elles sont importantes et peuvent se présenter sous différents aspects. Une artère peut avoir son calibre effacé en partie par un anévrysme développé sur un autre vaisseau, si cet anévrysme recouvre et comprime son tronc; même une tumeur non anévrysmale peut avoir les mêmes effets. L'incertitude qu'un état de ce genre pourrait entraîner dans Tesprit du chirurgien disparaîtrait grâce à l'étude attentive des autres symptômes. L'influence directe de Fanévrysme sur les pulsations du vaisseau qui le porte consiste dans une diminution des battements au-dessous de la tumeur ; il ne s'ensuit pas nécessairement, bien que le fait soit habituel, qu'une moins grande quantité de sang passe dans le tube, mais ce sang circule d'une manière plus égale. Une comparaison familière, sans être parfaitement exacte, peut être tirée du mécanisme de la pompe à incendie (le cœurj, qui chasse l'eau dans un tuyau (l'artère) sous forme d'un courant égal et continu, bien que la force impulsive soit donnée par l'action intermittente du piston. Ce résultat s'obtient en laissant l'eau passer d'abord dans une cavité — réservoir — d'où partie tuyau de dégagement. Ce corps de pompe contient, il est vrai, à la partie supérieure, un peu d*air, dont l'élasticité, agissant comme un ressort, diminue, si elle ne la supprime pas entièrement, l'intermittence, c'està-dire les pulsations du courant. L'anévrysme ne contient pas d'air, mais l'élargissement du conduit artériel entre le cœur et l'artère examinée (joint à l'élasticité de la paroi du sac) suffit pour modérer, sinon pour supprimer entièrement les pulsations de la veine sanguine.

Le tracé sphygmographique montre alors une ligne d'ascension couchée et assez basse, une absence de plateau, si bien que, dans un cas d'anévrysme de l'innominée ou de la sousclavière,on peut n'observer qu'une série d'ondulations continues et peu marquées (voir fig. 1059, p. 513). Cet état est représenté au doigt par un pouls faible, concentré, mou; ce qui indique une artère qui bat faiblement, ne se vide jamais.

RICHARD RARW£LL. — ANËVRYSMB.

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et, à défaut de Tincitation que détermine le mouvement d*expansion, ne se contracte pas complètement. Un anévrysme situé moins directement sur le trajet de Tartère examinée entraîne des modifications moins faciles à décrire, parce qu'elles sont plus variées — une ligne d'ascension moins couchée et la ligne de descente représentée par une ligne en zigzag s'abaissant jusqu'au début de la prochaine ascension, — le vaisseau donne alors au doigt la sensation d'un pouls faible, avec vibration ou thrilL

DYSPiNÉE ET AUTRES TROUBLES RESPIRATOIRES.

Ils comptent au nombre des symptômes les plus pénibles des tumeurs anévrysmales situées à la partie supérieure de la poitrine et à la base du cou ; même, dans bien des cas, la terminaison fatale a été due à l'obstruction du conduit aérien. Ces troubles sont de deux sortes: ils sont en efTet produits tantôt par la compression de la trachée, des bronches ou de ces deux ordres de conduits à la fois, tantôt par l'action de la tumeur sur les nerfs laryngés récurrents. Il n'est pas difficile de distinguer ces deux catégories d'accidents. Dans la première, où la dyspnée est d'origine mécanique, on entend, en appliquant un stéthoscope sur la poitrine, un bruit particulier, rude, retentissant comme celui d'un soufflet ou d'un tuyau d'orgue; ce bruit ne se rencoiktre au début qu'à l'inspiration ; plus lard, quand robslruction est plus marquée, rexpiratioii prend le môme caractère. Si la compression s'exerce sur Ja trachée, ce bruit est égal des deux côtés; si c'est une bronche qui est comprimée, il est beaucoup plus marqué d'un i'A)ié que de l'autre. On l'entend toujours dans les deux poumons, à moins que Tobstruction partielle ne siège fort bas, car les irrégularités de la circulation aérienne font sentir leur efl'et fort au-dessus du siège véritable de l'obstruction, bien qu'à un plus faible degré. Plus tard, si la bronche s'oblitère complètement, on n'entend plus aucun bruit, pas môme le murmure respiratoire. Ces symptômes sont continus, mais, de temps en temps, se déclarent de véritables crises d'anxiété respiratoire, la poitrine se soulève convulsivement, les veines de la tète et du cou se gonflent, la face devient livide, un peu d'air traverse la gorge en sifflant, dans les mouvements d'inspiration et d'expiration ; une toux pénible, éclatante, ajoute aux fatigues du malade, jusqu'à ce qu'il ait expectoré un peu de mucus épais. Un calme relatif s'établit alors, jusqu'à ce qu'un autre amas de mucosités obstrue le conduit déjà

trop étroit. Cependant la voix, sauf dans les crises, n'est pas sensiblement afifaiblie ; quelquefois, au contraire, elle est éclatante et offre une résonnance métallique.

Les troubles de la deuxième espèce s'annoncent par des modifications de la voix, qui tout d'abord change de tonalité : elle devient ûgnê, criarde, fausse ou très éteinte, une sorts de fausset sombré. Quand il survient de U dyspnée, elle apparaît très promptement, et les symptômes ressemblent k ceux de la laryngite sUiduleuse (1). Cette dyspnée se présente encore sous forme de crises, mais moins fréquentes et moins périodiques que dans la variété précédente. Au bout d'un certain temps, une aphonie, quelquefois complète, se déclare, et le malade peut être sujet pendant le repds à des menaces de suffocation, résultant du passage de la nourriture dans le conduit aérien. L'examen avec le laryngoscope fait voir que le premier symptôme dépend de la tension (par spasme) d*nne corde vocale, rarement des deux, le second étant dû à un état paralytique (2). Dans quelques cas, la dyspnée et la toux violente (symptômes d'origine trachéale ou bronchique) coïncident avec les troubles laryngiens.

DYSPHAGIB.

La dysphagic par compression de l'œsophage apparaît presque toujours à une époque plus tardive que la dyspnée trachéale ou bronchi-

(I) La trachéotomie a été pratiquée plus d'une fois. [Voir un article : Aîieut^ism of the innominate artery and trncheotomy, Charity Hospital, New-York Médical Joujfiai, 1878, nov.].

{'}) Le D' Baûmler et le D' George Jolioson ont montré, en 1H71 ot 1872, des exemplet de paralysie dos doux cordes vocales consécutive à la compression exercée par un anévrysme {Pathological Transactions y vol. XXIU, p. OG, et vol. XXIV, p. 42). Mais, dans ces deux cas, il doit y avoir eu une compression considérable de la trachée (celle-ci n'est mentionnée que dans le premier fait), et c'est à cette compression que j'attribuerais la paralysie incomplète dos muscles laryngés droits, dont les nerfs n'étaient pas directement comprimés par le sac^. La possibilité d'une semblable obstruction do la trachée doit nous rendre très prudents dans l'interprétation de ce symptôme.

* I/e\plication dunnée par Geo Johnson diffère de celle que présente M. Barweli : pour le premier, U paralysie simuluiiée des deux cordes Tocales peut très bien se montrer alors que U tumeur ne s'étend que d'un côté, mais il faut alors que l« pneumo<;astrique et le récurreat soient comprimés à la fin; la compression d'un seul récurrent ne produit son effet que sorla corde Tocale du même c6té. {Xote du traductettr.)

ANÉVRYSMES DE LA CROSSE DE L'AORTE. — TRAITEMENT

que. Le malade éprouve de la difficulté pour aTaler d'abord les solides, et ensuite les liquides. En écoutant un peu à gauche de la dernière Tertèbre cervicale ou des premières dorsales, pendant que le malade avale une petite cuillerée d'eau, on perçoit un effort de déglutition prolongé et en plusieurs temps, qui révèle, avant même que le malade ne s'en soit luimême aperçu, le rétrécissement du conduit alimentaire.

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