TUMEURS DES NERFS. — SECTION DU NERF CUBITAL
doigts ae fléchissent régulièrement, le fléchisseur sublime élanl lout entier animé par le médian.
La flexion des premières phalanges ne se Tait plus par suite de la paralysie des inlerosseux et des troisième et quatrième lombricaui ; mais.
par la conservation des premier et deuxième lombricaux (Derrmédîan). la flexion des premières phalanges de l'index el du médius peut âtre encore possible.
L'extension des doigts est également atteinte, ceUe des troisième et deuxième phalanges est
Fig. 1003
abolie par la paralysie des interosseux et des troisième et quatrième lombricaux; mais, de même que la flexion des premières phalanges, elle est encore possible sur l'index et le médius parl'actiondes premier et deuxième lombricaux. Les désordres sont donc surtout marqués sur
l'auriculaire et l'annulaire: la flexion des premières phalanges et l'extension des deux der* nières sont impossibles.
Quant aux mouvements de latéralité des doigls ils sont nuls; leur abduction est abolie par la paralysie des interosseux dorsaux (nous
NICAISC. — MALADIES CHIRURGICALES DES NERFS
avons déjà vu que Tadductear du petit doigt, abducteur par rapport à Taxe de la main, était paralysé), leur adduction est abolie également par la paralysie des interosseux palmaires; rappelons que Tadducteur du pouce est aussi paralysé.
Le trouble apporté aux mouvements délicats des doigts est donc considérable et légitime l'étude minulieuse que nous venons d'en faire.
Mais les troubles musculaires ne se bornent pas là, non seulement le muscle est atleint dans ses fonctions, mais il Test aussi dans sa structure, et à la déformation primitive due à la paralysie, s'ajoute celle qui est due à l'atrophie; la main se déforme et devient ce que l'on a appelé la griffe cubitale.
Deux figures de Létiévant (fig. {093 et 1094) rendent bien compte de cette déformation, telle qu'elle existe dans la plupart des cas.
Le petit doigt et l'annulaire ont la première phalange (BR; en extension, les deux autres (CC ) en flexion, les secondes surtout. Les deux derniers lombricaux paralysés ne suppléent pas les deux derniers interosseux.
Le médius et l'index (EE E'E) ont une tendance à toujours incomplètement modifier leur attitude, cependant ils restent presque droits par suite de l'action des deux lombricaux ; le pouce subit une légère rotation sur son axe.
Dans certains cas, d'après Létiévant, les métacarpiens sont renversés en arrière, les quatre tOles métacarpiennes (DUDD D D D D ) font saillie du cùlé (lu creux de la main ; ce que cet auteur attribue à renlraîneincnt des premières phalanges en arrière par l'extenseur commun.
La niônie ligure montre la déformation due à ratro|»hic nuisculaire, c'est-à-dire : une dépression 1 1111 } au niveau de la région hypothénar, résultant de l'atrophie des muscles de cette région ; une autre à la région thénar (il ), causée par l'atrophie de l'adducteur du pouce, ces deux dépressions sont séparées par un relief (KK) dû au passage des tendons fléchisseurs et des lombricaux intacts.
Le bord de la région hypothénar offre un méplat au lieu de la saillie arrondie de l'adducteur du petit doigt.
La région du cubital antérieur à l'avant-bras est légèrement aplatie (M).
La dépression du creux de la main résultant de l'atrophie des interosseux est très caractéristique.
Quelles sont les causes de la grilTe cubitale?
Ou a fait intervenir l'atrophie et la rétraction des tissus fibreux au coté interne de la main et
au niveau des doigts; les gaines tendineuses deviennent trop étroites pour les tendons fléchisseurs qu'elles appliquent contre les phalanges, d'où la tendance des deux derniers doigts à se fléchir de plus en plus dans la paume de la main (Charcot, Ledoux).
D'après Létiévant le petit doigt et rannulaire sont livrés à l'influence de la tonicité muscalalre de l'extenseur commun et du fléchisseur superficiel, de là viendrait la griffe.
Nous pensons que les deux causes doivent se réunir pour amener la formation de la griffe cubitale et son apparition quelquefois tardive ferait penser que l'atrophie et la rétraction des tissus fibreux doivent jouer un rôle considérable dans son développement.
2* Sarcomes des nerfs, — Les sarcomes des nerfs sont assez rares ; leur existence a été niée par Virchow, mais elle est aujourd'hui étabUe sans conteste.
Le volume de ces tumeurs varie, il peut atteindre de grandes proportions ; dans une observation de Marchand la tumeur avait 16 centimètres de diamètre, le plus souvent la tumeur est unique ; sur un malade de Winiwarter il y avait plusieurs tumeurs semblables sur les branches du plexus brachial, du reste U a succombé à une généralisation du sarcome dans les poumons. Le sarcome peut présenter des altérations diverses, qui sont, du reste, cellesdu sarcome en général, la dégénérescence granulegraisseuse, des foyers hémorrhagiques, de l'infiltration muqueuse (Muron).
La variété la plus commune est le sarcome I fascicule (Marchand), puis le tibro-sarcome ; (Soilas, Foucault, Lanelongue) ; la tumeur peut I présenter un ou plusieurs kystes (Marchand;. I On a rencontré le sarcome sur les branchesdu plexus brachial (Winixvarter), sur le médian (^Grohe, Volkmann, Lanelougue), sur le cubital (Verneuil, Demarquay, Foucault), sur le sciatique (Verneuil, Marchand, Bouilly et Mathieu), sur le tibial postérieur (Droca).
Au sarcome nous devons rattacher le gliome de Virchow ou sarcome névrogligue de Cornil et Ranvier. L'auteur allemand l'a signalé dans les nerfs crâniens et en particulier dans le nerf auditif, mais non dans les nerfs périphériques ; cependant il considère son existence dans ceuxci comme probable.
3*> Myxomes des nerfs. — Ils sont relativement assez fréquents, d'après Cornil et Ranvier, et se présentent sous la forme de tumeurs transparentes, gélatiniformes, ordinairement lobées. On a pu les confondre avec des kystes (Wilms).