‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 44 sur 452 · LÈPRE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

LÈPRE TUBERCULEUSE

La première, lèpre tuberculeuse, débute par l'apparition de taches rouges ou brunes, dont les dimensions varient de celles d'un petit pois jusqu'à un diamètre de plusieurs pouces, de forme irrégulière, et occupant le visage, les bras, les jambes, la paume des mains, la plante des pieds, isolées ou en très grand nombre.

La peau de ces plaques est lisse et un peu épaissie. Elles peuvent demeurer en cet état pendant des semaines et des mois, en changeant cependant un peu de forme et de dimension, et peuvent disparaître en partie. Au bout d'un

(1) Voy. Alf. Hardy et Labarraquc, article Lâphe ^^ Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie frtiligues, Paris, 1875, t. XX, p. 040.

certain temps, qui peut être de quelques années, quelques-unes des taches deviennent plus saillantes ; puis, sur d'autres points, apparaissent de véritables tubercules, d'un volume qui varie de celui d'un grain de petit plomb à celui d une aveline, d'une teinte indécise ou d'un rouge brunâtre, polis ou squameux, élastiques et assez souples au toucher, en éruption discrète ou confluente au point de se réunir et de former de larges plaques saillantes de forme irrégulière. C'est sur la face qu'elles sont en plus grand nombre, principalement au front et au nez, elles forment au-dessus des yeux des plaques dont la peau épaissie surplombe et donne à la région un relief si prononcé que la face ressemble à celle du lion (léontiasis). Le nez lui-même devient inégal, s'élargit, les lèvres s'épaississent démesurément ; le visage se trouve par suite complètement déformé. Les tubercules se montrent également sur les muqueuses du nez, de la bouche et de la trachée ; ils affectent aussi la conjonctive et la cornée. Sur le tronc et les membres, on les trouve disséminés on réunis en groupes, à l'état de tumeurs saillantes ou de masses noduleuses noyées dans la peau. Partout leur marche est lente. Quelques-uns sont résorbés au bout de quelques mois , laissant après eux des taches sombres; d'autres dégénèrent et se ramollissent, en formant des ulcères superficiels, indolents, qui persistent indéfiniment. Autour des articulations des membres inférieurs surtout, le processus destructeur pénètre à une plus grande profondeur et s'ac* compagne de lymphangite, de suppuration des articulations, de perte des membres, des doigts et des orteils, par exemple (lepra mutilans). Au bout d'un certain temps, et bien avant que ces graves altérations organiques se soient produites, l'état général du malade révèle la propagation du mal aux organes internes. De fréquents paroxysmes fébriles surviennent, de la diarrhée, de l'inflammation pulmonaire, des symptômes

JAMES C. WHITE. - MALADIES CHIRURGICALES DE LA PEAU

cérébraux se développent, et les uns ou les autres de ces accidents amènent la mort ou cèdent un moment pour se renouveler en exacerbations successives. Ainsi marche la maladie, quelquefois avec une rapidité exceptionnelle, amenantla mort en deux ou trois ans; mais elle se prolonge, en général, pendant une période de neuf à dix ans, avec des alternatives d'activité et d'inactivité.

LEPRE MAGULECSE.

La variété maculeuse se montre d'abord sous la forme des taches précédemment décrites, d'une teinte rouge brunâtre ou d'un blanc jaunfttre, de forme circulaire, ou en bandes allongées, avec ou sans infiltration. Les taches rouges ou brunes {morphœa rubra et morphœa nigra des auteurs) peuvent pftlir peu à peu vers le centre et finir par devenir complètement blanches (morphœa alba) ; ou le tégument peut s'atrophier (morphœa atrophica), ou bien encore les taches peuvent subir une infiltration, qui les rend dures et lardacées (morphœa lardacea)^ pour s'atrophier ensuite. Les taches apparaissent le plus souvent sur les parties protégées par les vêtements. La lèpre maculeuse peut se transformer en la forme ci-dessus décrite, la lèpre tuberculeuse, ou encore en la forme suivante, la lèpre anesthésique (lepra anesthetica) , en donnant lieu aux phénomènes nerveux qui sont particuliers à cette dernière.

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