‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 3)Chapitre 45 sur 452 · LEPRE ANESTHÉSIQUE · texte numérisé non relu

LEPRE ANESTHÉSIQUE

Celle-ci est caractérisée par l'apparition sur la peau de plaques anesthésiques, qui peuvent se manifester soit sur l'efflorescence tuberculeuse ou maculeuse des deux formes précédentes, soit sur les points où siègent les bulles qui constituent, pendant des mois ou même des années, un des signes prodromiques les plus frappants de cette forme de lèpre ; ces plaques peuvent se montrer également sur des portions du tégument restées jusqu'alors parfaitement normales à tous égards. L'anesthésie est parfois si complète qu'on peut faire pénétrer une aiguille à une grande profondeur sans que le malade en ait connaissance. Cette perte de sensibilité est souvent précédée longtemps à l'avance par de la congestion et de l'hyperesthésie des parties, et ces variations en plus ou en moins de la susceptibilité nerveuse peuvent même changer de place très fréquemmenL Quand l'anesthésie est devenue permanente, ces plaques prennent une pigmentation de teinte sombre et s'atrophient. Cette atrophie se propage aux tissus musculaires et donne lieu à

des altérations de la physionomie, à rimpossibilité de fermer les yeux ou la bouche. Les troncs nerveux des bras, gonflés et douloureux, peuvent être sentis à travers la peau comme autant de cordes tendues, et les doigts restent dans la demi-flexion. Les cheveux et la barbe tombent, la peau et les ongles se dessèchent; l'épidenne s'exfolie, laissant des ulcères indolents; les phalanges se nécrosent et tombent, la gangrène, sèche ou humide, des pieds et des mains peut amener la perte de membres entiers {lepra nutilans). Dans ces périodes avancées, Tétat général est lui-même sérieusement alTecté; U faiblesse, la diarrhée, la diminution de l'action du cœur, la démence surviennent, et le malade finit par mourir de marasme, de tétanos, de pyohémie ou de pneumonie, ou avec des symptômes typhoïdes, etc. Telle est la période terminale de la forme anesthésique ; mais c'est aussi de cette façon que se terminent eo général les deux autres variétés.

Anatomie de la lèpre.

Les caractères microscopiques d'un tubercule delèpreressemblent beaucoup à ceux d'un tube^ cule de lupus : — c'est un tissu de granulations à petites cellules, — sauf que ce nouveau tissa n'est point limité à des masses isolées, comme il arrive dans les périodes de début, mais qa'il est répandu dans tout le chorion, principalement sur le trajet des vaisseaux et aux environs des systèmes glandulaires. Plus tard, ce tissa dégénère, comme dans le lupus, et il se forme des corpuscules colloïdes volumineux. Ues organes nerveux sont le siège d'altérations très marquées, résultant d'un processus inflammatoire; il y a épaississement des nerfs, dépôts de petites cellules dans le névrilème et dans les interstices des faisceaux, et, finalement, dégénérescence graisseuse de ces cellules et atrophie des faisceaux nerveux. Une grande partie du système nerveux peut être ainsi affectée. Les organes internes n'échappent pas davantage aux atteintes du mal, et l'on trouve des altérations analogues dans les testicules, le foie, la rate, les reins, les poumons, etc.

Ëtiologie.

On peut dire qu'on ne sait rien des causes directes de la lèpre, si l'on n'en admet pas la transmission par contagion.

Elle s'observe dans toutes les parties du monde, sans qu'on puisse constater de rapport avec la température, l'état hygrométrique, l'altitude, le régime ou toute autre condition phy-

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