‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 118 sur 343 · WILLIAM HUNT. — OELIRIUM TREMENS · texte numérisé non relu

WILLIAM HUNT. — OELIRIUM TREMENS

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mença le travail morbide qui aboutit à la mort L'élévation de la température fut constante, lattaque furieuse et l'issue promptement fatale.

Symptômes da deliriam tremens.

Tout le monde connaît trop ce tremblement, cette insomnie, cette agitation, cette méfiance et celte couardise de Tindividu atteint de delirium tremens, pour qu'il soit nécessaire d*eQ (aire le tableau. Les hallucinations sont continuelles. L'individu voit des rats, des béliers, des serpents, des singes, des chats, des chauvessouris, des punaises, des araignées, des souris, des poux, des lutins, des démons, des furies, qui se livrent à des danses diaboliques, mais rarement des anges de môme qu'il est rare, que les illusions présentent un caractère gai. Cependant il y a quelquefois un côté comique, souvent obscène, généralement triste et presque toujours horrible. Le patient est exposé aux attaques naissant sous des influences externes qu'il cherche & fuir, car il n'a pas le courage de leur résister. 11 va lui arriver quelqu'un ou quelque chose pour le tuer, l'esprit malin fait tous ses efforts pour le détourner de ses affaires les plus importantes qui constituent ses occupations de tous les jours. Quelquefois ces prétendues affaires ont du rapport avec ses occupations réelles, mais d'autres fois elles sont tout à fait imaginaires. J'ai connu un cocher, atteint d'une fracture grave, qui, de son lit, conduisait touie la journée ses mulets et ses chevaux vociférant contre eux et leur donnant des coups de fouet imaginaires. Un brocanteur parlera, dans son délire, de sa boutique, un commerçant, de ses marchandises, mais la plupart du temps si l'on pousse plus loin les investigations, on verra que ses affaires les plus importantes lui paraissent un sujet insignifiant et ridicule. Souvent, surtout au début, les illusions portent sur un seul sujet ou sur une idée fixe, ainsi, un officier, qui avait pris part à la dernière guerre, se rendait parfaitement compte de tout ce qui l'entourait, excepté cependant d'une longue boule à eau chaude en étain qui était placée à ses pieds et tenait toute la largeur du lit. La forme de cet objet lui faisait concevoir l'idée d'une bière renfermant un cadavre et il arrivait vite à en faire les restes inorlels d'un de ses compagnons d'armes, alors il se dressait sur son séant et prononçait les discours les plus pathétiques en môme temps que les plus insensés. Le malade peut encore éprouver de grands remords, et mélanger ce

qui est touchant, triste, plaisant Je me souviens d'un individu qui, au milieu de ses divagations, s'arrêtait pour adresser des remerciements à des sangsues, qu'on lui avait appUquées sur le cou-de-pied pour une entorse grave, de ce qu'elles lui tiraient du corps toutes sortes de liqueurs ; un autre, gai compagnon, vidait de pleines coupes de Champagne et trempait ensuite ses lèvres brûlantes dans le pale aie, tandis qu'un franc ivrogne était à côté gisant ivre-mort. Si l'attaque ne trouve pas un terme dans le sommeil, les divagations cessent d'ôtre transitoires pour devenir continues et revotent tantôt un caractère de souffrance, tantôt une forme violente. La mort arrive par épuisement quand il n'y a pas de complication de maladie organique ou de traumatisme.

Un homme du monde peut soupçonner combien cet intrus, le delirium tremens, doit exercer sa funeste influence sur les résultats de la pratique chirurgicale, mais il n'y a que le chirurgien pour être à même de les apprécier. Il se joue de tous les calculs. Les fractures bien réduites, il les déplace ; les luxations, il les reproduit; les plaies ouvertes, il les agrandit; les pansements de toute sorte, il les dérange; les ligatures et les sutures, il les enlève; des traumatismes simples deviennent par lui compliqués ; il fait naître des abcès et des épanchements, et ouvre ainsi la porte à Térysipèle et à la pyohémie ; enfin c'est comme un être malfaisant qui déjoue tous les efforts du chirurgien et qui rend inutiles toutes les tentatives de traitement possibles. On pourrait croire que la douleur, produite par les mouvements incessants des surfaces lésées, viendrait rappeler le patient à la réalité, et, comme cela arrive quelquefois dans le délire traumatique, remettre de l'ordre dans l'imagination troublée. Mais c'est un des caractères bien tranchés du delirium tremens que le patient n'a pas la moindre conscience des blessures qu'il se fait à lui-même. Souvent on l'entendra hurler de peur ou de douleur quand le chirurgien le touche, mais au bout de peu de temps on pourra le voir frotter l'un contre l'autre les fragments d'un os fracturé, comme si c'était deux pierres à meules, tandis qu'en même temps son cerveau agité lui fait commettre des actes insensés. J*ai connu deux individus qui, ayant les jambes fracturées, se sont levés et se sont battus, il n*est pas rare de voir un homme, dont on n'avait pas soupçonné les habitudes, donner les premiers signes d'une attaque de delirium tremens, quand on le voit, ayant une fracture de jambe, se lever

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