IV. — SEPTICÉMIE CHRONIQUE
Chanvel (S) rejette cette forme de la septicémie, • lestaits pour étayer cette opinion faisant absolument défaut •. Je ne conçois pas cette eidusion. Je désigne sous le nom de septicémie chronique une fièvre lente souvent peu élevée, h type rémittent, que l'on observe à la suite des rétentions de liquides putrides, sans étranglement, soit dans des cavités naturelles, soit dans des cavités pathologiques (poches d'abcès.) C'est ea réalité la fièvre hectique proprement dite, elle résulte de la pénétration dans Torganisme par absorption de liquides altérés plus ou moins potrideSy et il suffit pour y couper court, d'évacoer ces liquides ou de les modifier, si toutefois des lésions viscérales profondes n'ont pas été la ODOséquence de l'ancienneté de l'intoxication. Le type de la septicémie chronique, c'est la fièvre qui accompagne les tumeurs blanches
(1) Pti vu le professeur Verneuil faire ainsi une ampatation de Lisfranc pour une gangrène des orteils do came inoonnae. Tom marchait à souhait, mais malbeveuiement Topéré (ut enlevé par une bcmatémèso, dont Torigiine fat reconnue être un ulcère rond do restomac.
^2) Ghauvel, art. Septicémie du Dictionnaire ency^ d^fédifue du sciences médicales^ 3* série, t. IX, 1" partie» p. 165.
suppurées, c'est la forme lente de la fièvre mineuse, c'est surtout la fièvre que l'on observe chez les femmes atteintes de volumineux polypes de l'utérus.
Videz la vessie d'un protastique atteint de la forme lente de la fièvre urineuse à la suite de rétention incomplète sans distension; enlevez les gros polypes utérins; vous faites écouler les liquides altérés retenus dans la vessie ou dans la matrice et vous supprimez la fièvre de la septicémie chronique. L'une et l'autre pratique semblent simples, et le manuel opératoire n'est dans aucun cas particulièrement difficile. Et cependant ce sont souvent là des opérations graves, non pas en soi, mais en raison des conditions même dans lesquelles se trouvent les malades au moment de l'opération, en raison de Tétat constitutionnel qu'ils ont acquis par le fait de la septicémie chronique.
En effet, je prends pour exemple les gros polypes utérins ; ils obturent le col , remplissent le vagin et même la cavité pelvienne, et bouchent l'orifice vulvaire: il en résulte une rétention des sécrétions utérines et vaginales, sang et mucosités, purulentes ou non, accumulées dans la cavité utérine et dans les culs-dcsac vaginaux qu'elles distendent. Ces sécrétions
MAURICE JEANNEL. ~ DE LÀ PYOHÉMIE
se putréfient, car elles ne sont pourtant pas à Tabri de Taccës de l'air et de ses germes. Elles iiTitent et enflamment les muqueuses, qui s'excorient et absorbent le poison septique. Dès lors, les malades sont en proie à la septicémie chronique. Cette septicémie, témoignée par la fièvre, stéatose le foie. La stéatose du foie supprime Tappétit, engendre des vomissements et augmente les hémorrhagîes utérines, lesquelles, tout en épuisant les malades, fournissent de nouveaux aliments à la putréfaction intra-vaginale. Vienne le jour de Topération, non seulement le traumatisme porta sur un foyer septique au plus haut degré et expose par conséquent à une septicémie aiguë, mais encore, pour peu que les opérées perdent une certaine quantité de sang, ce à quoi elles sont prédisposées par Tétat graisseux de leur foie, elles succombent à une anémie aiguë; anémie aiguë relative du reste, car ici la perte de 300 grammes de sang prend les proportions d'une hémorrhagie presque foudroyante, vu l'état de débilitation antérieure des opérées.
En résumé, la seplicémie chronique e premier anneau de la chaîne des accideoi conduisent les malades à la mort: c'est le cipal ennemi à vaincre. Victoire bien difB remporter d'ailleurs, car comment aller vk purifier des cloaques dont on ignore va situation exacte derrière une prostate hjjM phiée, ou dans le fond du vagin et dioi rus lui-même, surtout alors que la masse bide ferme Torifice de sortie. Or, c'est d'opérer qu'il faudrait cependant obten désinfection, non seulement afin de dioi les chances de septicémie aiguë, mais eoeoii de supprimer la septicémie chronique, si pouvoir reconstituer les malades et leur m par une médication appropriée, la force sang nécessaires pour supporter l'éivew l'opération.
Telle est en quelques mots la septicémie nique, intéressante en soi eomme maladii ciale, mais surtout par les ladlotiODsc toires qu'elle fournit.