BLENNORRHAGIE INFLAMMATOIRE AIGUË DE L'URÈTHRE CHEZ L'HOMME
Commençons par la description de la variété inflammatoire aiguë, qui est la plus fréquente, particulièrement chez les individus atteints pour la première fois.
(1) A des intervalles de quelques innées la doctrine qui fait dépendre la blennorrhagie de la présence et do développement dans l'urùthro d'organismes v(^gé- Ua\ — bactéries et micrococcus — renaît et donne lieu à. de nouvelles discussions. Neisser, Salisbury, Bokai et dernièrement M. Cbeyne, assistant de King's Collège Hospital, ont voulu baser leur diagnostic et , leur traitement sur l'existence, de ces organismes. Comme leurs observations n'ont jamais été confirmées, Muf en ce qui concerne la présence de micrococcus semblables à ceux qu'on trouve toujours dans le pas quelle que soit son origine, comme de plus le traitement antiseptique ne réussit généralement pas, il est inutile do faire plus amplo allusion à ces théories.
Encycl. de chirurgie.
L'intervalle qui s'écoule entre le moment où le malade s*est exposé à Tirritation et Tappari-
(1) Lebert classe ces deux dernières formes sous le nom de gonorrhéo* catarrhe séro-^urulent et muqueux^ léger et superficiel.
(2) J. GrQnfeld [Cbl. f. Chir., 1878, n« 21, extrait du Wiener med. Jahrb.), en se fondant sur ses recherches endoscopiques, décrit les Termes suivantes de l'uréthrite, qui ressemblent beaucoup aux nôtres : !• uréthrite blennorrhayique^ inflammation aiguë de l'urèthre sans complication. Le champ de vision de Tendoecope est rempli d'un pus verdàtre, la muqueuse est très rouge, fortement gonflée, et présente çà et là des érosions. Les lacunes du canal ont disparu, ou sont presque effacées. 2* Uréthrite membraneuse caractérisée par des couches de membranes grisitres striées, qui donnent lieu à un écoulement de sang, quand on les enlève. Cette forme est ordinairement compliquée de l'inflammation des lymphatiques dorsaux du pénis. 3« Uréthrite simple^ variété affaiblie de la première
WILLIAM WHITE. — BLENNORRHAGIE CHEZ L'HOMME
tion de symptômes uréthraux appréciables est Tariable, s'étendant de quelques heures à 42 ou 45 jours. Dans la grande majorité des cas pourtant, la maladie apparaît daos la première semaine, et les malades intelligents ou observateurs en découvrent les premières traces au bout de deux à trois jours. Quelques personnes prétendent que leur pensée a été involontairement attirée du côté du pénis comme par une obsession, bien qu'elles ne sentissent aucune douleur et qu'il ne se fit aucun écoulement. Mais, au bout de peu de temps, quelque symptôme apparaît seul ou avec d'autres. Le malade remarque l'apparition d'une goutte ayant l'aspect du lait étendu d'eau au méat urinaire, lequel est légèrement rouge, gonflé ou renversé; il est souvent le siège d'une sensation de chatouillement et la miction détermine une sensation de chaleur ou de brûlure à l'extrémité du canal. Puis les symptômes augmentent rapidement en nombre et en importance, si bien qu'au bout de vingt-huit heures ou môme plus tôt, la maladie a atteint la première période, période d'aecroûsementy dont les phénomènes caractéristiques, ainsi que leurs causes, sont les suivants :
Symptômes de la première période, période ascensionnelle de la blennorrhagie.
ASPKCT DU MtAT.
Les bords du méat sont rouges , renversés et souvent érorfés; quelquefois, mais rarement, le gonflement est assez considérable pour faire
forme ; la membrane muqueuse est un peu rouge et gonflée, les vaisseaux injectés ; les lacunes se voient très biea. i* Vréthrile granuleuse. La muqueuse est également colorée ; on n'aperçoit pas de vaisseaux isolés ; les rides de la muqueuse sont pour la plupart effacées, mais on peut apercevoir de nombreuses éle- ▼ures ponctiformes. 5* Uréthrite avec formation d'abcès qui proviennent quelquefois de vésicules d'herpès, quelquefois sont des chancres, et d'autres fois sont dus à des rétrécissements mal soignés.
Quelques auteurs parlent d'une blennorrtiagie dite sèrhf, sans écoulement. Je n'ai jamais rien vu de pareil, et je suis disposé à accepter l'opinion de Van Buren et de Keyes, qui attribuent les symptômes — douleur, ardeur dans la miction, etc. — à une névralgie urc'tliralo n'ayant rien à faire avec la blennorrhagie. Jullien pense pourtant qu'il n'est pas illogique d'admettre que dans ces cas la muqueuse puisse être atteinte d'une inflammation analogue à l'érysipèle, dont les produits peuvent être assez peu importants pour ne pouvoir être découverts que par un examen tMentifde l'urine (Ifai. t;^, p. 35).
obstacle au passage de l'urine, laquelle s'échappe goutte à goutte.
MICTION DOULOUREUSE.
C'est à la sensation de brûlure pendant la miction qu'est dû le nom populaire de cluiudepiêse. Cette sensation est due en partie à la distension des replis mu queux de l'urèlhre enflammés et tuméfiés pendant le passage de l'urine, mais surtout au contact de la surface enflammée avec les sels de l'urine. La preuve que c'est là la cause principale de la douleur, c'est l'influence favorable, que les diurétiques alcalins qui diluent l'urine, ont sur ce symptôme, bien que le courant de l'urine augmente de s> lume et exagère encore la distension.
iSCCTIONS.
Dans tou<« les cas il y a des érections plus on moins douloureuses. Elles peuvent se produire à un moment quelconque, mais la chaleur du lit les rend plus firéquentes. Le malade est réveillé ou tenu éveillé par un priapisme persistant, opiniâtre, accompagné de douleurs ils partie inférieure ou souvent sur les côtés du pénis. Dans les cas intenses l'organe est recourbé en arc, ordinairement en bas, plus rarement en haut ou latéralement. Le corps spongieux est plus directement intéressé dans 1<? processus inflammatoire que les autres parties du pénis. L'uréthrite n'est pas confinée à la couche muqueuse du canal, mais elle s'étend par conliguité au tissu connectif sous-muqueux et de là aux trabécules du tissu érectile du corps spongieux. La lymphe exsudée bouche ou remplit les espaces ou les mailles intertrabéculaircs contenant les plexus veineux si riches, qui par leur réplétion el leur distension fournisseat Télé ment mécanique essentiel de rérection normale. Quand, sous Tinfluence d'un désir sexuel, de l'irritation locale de l'uréthrite, du contact de l'urine avec le col de la vessie, ou du spasme des muscles qui règlent le retour du sang du pénis, la verge entre en érection, les corps caverneux se dilatent normalement et complètement, mais le sang ne peut se frayer une route à travers le tissu érectile en partie oblitéré du corps spongieux, qui reste rigide et inflexible. La douleur le long des parties latérales de la verge est due à la compression des nerfs, et celle qui se fait sentir à la face inférieure est due à la pression du sang essayant de distendre le corps spongieux enflammé. Une inflammation