‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 208 sur 343 · SI · texte numérisé non relu

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s au contact de la sécrélion puriforme, les syphilides. Cette vulvite est décrite *nil dans les termes suirants :

surface interne de la petite lèvre est générarouge, ainsi que les débris de la membrane byi sont presque toujours tuméfiés et d'un rouge [ est de mùme de Toriflce urétbral et de Teniragin. Le9 replis de la muqueuse qui forme is de la membrane bymen et la partie supéle Torifice uréthral sont souvent le siège do rrcguliùres ayant la forme de végétations, scit soit pâles et comme cornées ; dans ce cas le 3nt des végétations est formé par des coucbes lisses d'épiderme. Les glandes sébacées des èvres sont gi'osses, opaques, et à leur orifice une petite concrétion blanche, opaque, qu'on rc sortir par la pression, dans la longueur nl-raillimètre par exemple, et qui est formée cellules épitbéliales. Les glandes vulvo-vagi- »nt souvent tuméfiées, do telle sorte qu*on facilement leur volume qui atteint la grosn noyau do cerise on plus par la palpation. iant sur elles on fait sourdre de leur conduit ie trouble, muqueux, qui contient beaucoup les do pus et quelques filaments de mucus. leux ou trois gouttos de ce liquide lorsque latioii est intense, sans qu'il y ait abcès de la ulvo-vaginale, c'est-à-dire une suppuration de ISSU conjonctif qui entoure la glande (1). »

lite. — La vulvite qui accompagne la t chez les malades non syphilitiques occasouvent de petites érosions rouges, de onde ou ovale, et à la surface desquelles lit une desquamation de la partie la perficielle de répithélium. Ces érosions quemment d*un rouge brillant et mesu- 2 à 8 millimètres de diamètre, sont dou- 3s, au nombre de deux à six, et sont situées as des grandes lèvres entre leur base et . Elles ne déterminent pas un épaisnt du chorion, et le tissu connectif de la isc reste souple et normal, ce qui les e des plaques muqueuses. Ces érosions icriicielles se rencontrent spécialement » plis entre l'hymen et les petites lèvres, ue les plaques muqueuses se trouvent grandes lèvres, k A l'hôpital de Lourcine uvent l'occasion d'étudier la vulvite à ; de simplicité la plus grande chez les de la salie Sainte-Thérèse, où elle existe il y ail de vaginite : la rougeur, l'écoulés Inflammations des glandes sébacées leuses, les érosions sont les mômes que filles pubères. Chez les enfants, l'hymen

nr la sffphUit, p. 142.

est généralement intact, cette membrane est très rouge et tuméfiée, tant que dure la vulvite (1). »

Phlegmon. — Chez les prostituées de la basse classe, la vulvite, négligée et abandonnée à ellemême, ou aggravée par le coït continuel, la malpropreté, la rétention et la décomposition de l'écoulement dans les plis des grandes lèvres, etc., peut donner naissance à une inflatnmation phlegmoneitse du tissu cellulaire sous-cutané et sous-muqueux, de caractère érysipélateuz, accompagnée de troubles sérieux de la santé générale, et se terminant habituellement par de la suppuration difi*use ou la formation d'abcès multiples. On ne voit jamais ces cas que dans les hôpitaux, ordinairement chez les vieilles ivrognes, que leur somnolence et leur demi-conscience habituelle rendent insensibles aux approches de l'homme, qui sans cela seraient très douloureuses.

Dans un de ces cas, qui se présenta à mon observation, on apprit ultérieurement que huit hommes et garçons s'étaient servi, dans l'espace d'une heure ou deux, de la malade déjà souffrante, mais avec son consentement, pour satisfaire leurs désirs sexuels.

Nymphomanie, — Dans les premiers stades et les formes moins graves de la vulvite, môme chez les malades d'une classe plus élevée, on observe souvent une exaspération des impulsions sexuelles, devenant môme quelquefois de la nymphomanie^ et portant la malade, si c'est une femme dissolue, à ne tenir aucun compte des avis qu'on lui donne de s'abstenir du coït, jusqu'à ce que le progrès de la maladie rende cet acte si douloureux qu'il en devient impos&ible.

Vulvite chronique. — Quand la maladie devient chronique, les symptômes les plus fréquents et les plus remarquables sont l'hypertrophie des petites lèvres, une augmentation dans les sécrétions muqueuse et sébacée, souvent fétides, et une tendance au prurit, qui, lorsqu'il est très marqué, est extrêmement pénible.

Traitement.

La rapidité de la guérison dépend de Tobservalion des points suivants :

La malade doit être condamnée au repos absolu, le pelvis élevé ; ce précepte est plus important ici que dans toute autre variété de blennorrhagie féminine ; la pesanteur et le frottement produits par les mouvements sont

(1) Cornil, op. et*/., p. 144.

WILLIAM WHITE. — BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME

extrêmement nuisibles. La propreté la plus parfaite est essentielle; il faut tenir les parties absolument sèches. On lavera doucement les grandes lèvres toutes les deux heures avec une solution forte de bicarbonate de soude, laquelle dissoudra et enlèvera tout le sébum et le mucus qui s'accumulent, et est en même temps très adoucissante. On écartera doucement les grandes lèvres avec le pouce et les doigts d'une main, tandis que de l'autre on exprimera la solution alcaline de l'éponge tenue un peu au-dessus. Ensuite on épongera la vulve avec une compresse de vieux linge, on saupoudrera les parties avec de la poudre d'amidon et d'oxyde de zinc, ou d'opium et de lycopode, on laissera entre les lèvres de la charpie, et la malade gardera un repos absolu jusqu'au prochain pansement. En certains cas, l'inflammation est si vive, le gonflement, la douleur etTécoulement sont si excessifs, que ces mesures ne suffisent pas. 11 faut alors purger la malade, lui faire prendre des grands buins — pas de bains de siège — chauds, prolongés, qu'on fait suivre de lotions d'opium et d'eau blanche tenues continuellement en contact avec les parties enflammées, ou faire des badigeonnages de la vulve entière avec une solution de nitrate d'argent. Ce remède peut être employé plus tôt; il manque rarement de produire un bon effet. Quand la sensation de brûlure et d'élancements est très prononcée, et surtout s'il y a quelque trouble de la santé générale, des sangsues au niveau des aines et au périnée sont absolument indiquées. Le régime pendant cette période doit être restreint, il consistera principalement en lait et en fari-

I^jUX.

Quand la glande vulvo-vaginaîe se prend, une saignée locale peut arrêter l'inflammation, mais si aie échoue, la suppuration peut être avancée au moyen de fomentations chaudes ; des compresses trempées dans l'eau chaude, puis tordues et placées sur la lèvre atteinte, sont pré-

férables aux cataplasmes. Les opinions vartent sur la question de savoir en quel point il faut ouvrir l'abcès, s'il ne s'ouvre pas de lui-même par le canal glandulaire ; mais je n'ai jamais vu de mauvais résultats en faisant l'incision à la partie interne et inférieure de la tumeur, et je crois que c'est l'endroit qui permet le niieux un drainage convenable. On a dit que le contact de l'urine et d'autres écoulements avec la plaie est mauvais, mais je n'ai observé rien de sembltble, et je n'ai jamais pris la précaution de faire une incision en forme de valvule ou de la protéger autrement. Dans les abcès chroniques à répétition de cette région, au lieu de disséquer et d'enlever la capsule de la glande, comme on Ta recommandé, ou d'y passer un séton, il m'a toiijours semblé suffisant d'ouvrir la cavité et de garnir l'ouverture faite par le bistouri de cha^ pie imbibée d'huile pbéniquée. Dans huit ou neuf cas à peu près traités de cette manière, la plaie a commencé à se remplir de granulations à partir de sa partie profonde, et il ne s'est plus formé d'abcès (1).

Quand la vulvite a déterminé des ulcératioDs superficielles de la vulve, et surtout quand ces ulcérations sont irritables et douloureuses, l'iodoforme produit souvent les effets les plus hearoux en modérant la douleur et en stimulant en môme temps les ulcères de façon à hâter leur réparation . Dans la pratique de la ville, et chez les femmes délicates, l'odeur de riodoformele fait souvent rejeter par les malades. Cet inconvénient ne peut être complètement supprimé, mais la formule suivante m'a rendue de grands services sous ce rapport, en modifiant d'une manière agréable l'odeur pénétrante de riodoforme.

lodofornie

Essence d*ylang-ylang

4 grammes.

— de roses ( sk goattei.

— d'anis )

Eaa de roses is grammes.

VAGINITE.

Causes.

La vaginite est le plus souvent causée par un écoulement purulent provenant de l'urèthre de l'homme. En d'autres termes, la blennorrhagie chez la femme est due ordinairement à une affection semblable chez l'homme. L'explication de ce fait a déjà été donnée. Elle peut pourtant

provenir de coïts violents ou excessifs, de la masturbation, de contusions, de l'inflamnialion

(1) Le D' Matthews Duncan traite les abcès Talrovaginauz en dilatant le conduit do la glande iQ moyen d*une sonde, et en injectant dans la carité une solution de nitrate d'argent avec une seringat lacrymale {Med, Times, and Gaz,, 21 fÔTrier 1880/. Dans la Lancet du 8 mars 1877, il publie on cas d'inflammation persistante guérie de cette manière*

VAGINITE. — CAUSES.

dliémorrhoïdes ou se produire de toute autre manière.

Thomas publie deux obserrations de vaginite, ayant loiu les caractères qa'il attribue à la variété spccifl- ^tte, développée par le contact accidentel de l'acide chromique avec les parois du vagin.

Les femmes déjà leucorrhéiques contractent {aelquefois une vaginite après des fatigues, et eela paraît vrai surtout des filles qui travaillent I la machine à coudre plusieurs heures par jour. La vaginite peut être le résultat de Texten- •ion d'une vulvite, bien que Tinverse s'observe tout aussi souvent. Les enfants et les petites filles ■ont spécialement sujettes à l'inflammation du vmgini qui complique quelquefois le travail de \m dentition ou les fièvres éruptives, et est quelquefois la suite des premiers rapports sexuels. Dans les pays où les mariages précoces sont habituels, il est assez commun d'entendre dire qoe le mari a été à tort soupçonné d'être malade» parce que la femme avait contracté une Uennorrhagie dans les premières semaines de son mariage. Aussitôt après la puberté, les parties étant étroites, l'entrée du vagin contractée, la muqueuse sensible, l'orgasme et la congestion qui raccompagne très intense, toutes ces conditions sont favorables au développement de rinflammation. C'est pour ces raisons, autant ([u'à cause delà négligence des précautions hygiéniques, que les jeunes prostituées sont notoirement les plus dangereuses.

Le D* Matthews Duncan (1) décrit une forme diph- Ibéritiqne, une érysipélatcuse, une ulcéreuse, une pustuleuse de vaginite. En dehors de ces variétés, il divise les vaginites en deux classes : {a) les vaginites ^6 cause locale, parmi lesquelles celles dues à la blon- Horrhagie, à des coïts violents, conmie dans les ma- Hages précoces^ h rintroduclion ou à Tusage de pestaires, etc. ; et (b) les vaginites constitutionnelles, dans lesquelles 11 existe quelque prédisposition générale, comme l'âge avancé, l'alcoolisme, le lupus, le diabète, etc. Le môme auteur, après avoir examiné les Tariétés habituelles de la blennorrhagie chez la femme, fait les très judicieuses remarques suivantes sur la possibilité du diagnostic étiologique dans un cas donné de vaginite :

« La vaginite est-elle d'origine vénérienne ou non? Od nous pose souvent cette question, et je vous conseille de n*y jamais répondre d'une façon explicite. Il est impossible de décider absolument si un cas est d'ordre vénérien ou non. A une certaine époque on supposait que la découverte de trichomonades, d*un

(1) MaUhewi Doncan, Med. Times and Gaz. 26 juin

tsso.

eptothrix ou d*un vibrion pouvait décider la question. Mais cette opinion est abandonnée. J*ai vu des blennorrhagies, qui certainement n'étaient pas vénériennes, présenter tous les caractères de la blennorrhagie vénérienne ordinaire. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de différence, mais seulement que la distinction ne peut pas être faite par le praticien assez sûrement pour qu'il lui soit permis dans un cas donné d'affirmer son opinion. La gravité seule distingue les cas vénériens. On a dit que la blennorrhagie vénérienne est contagieuse, tandis que la blennorrhagie simple no Test pas ; mais j*ai vu tous les caractères attribués à l'une se montrer dans l'autre, la contagiosité inclusivement.

A quels signes pouvons-nous soupçonner qu'une vaginite est d'origine vénérienne? Elle débute quelques ours — généralement deux ou trois — après Tinfecion ; elle est très intense et a une marche aiguë ; la sécrétion purulente est abondante, commençant vers lo troisième jour du début de l'inflammation et restant abondante pendant environ une semaine ou neuf jours. La vulve est généralement prise, les glandes inguinales sont facilement atteintes et il peut se développer un bubon. L'urèthre est malade ainsi que la vessie ; il se produit facilement de l'ovarite et de la périoophorite ; la contagion est presque certaine, non seulement dans les rapports sexuels, mais pour toutes les muqueuses, pour les yeux par exemple. »

La vaginite leucorrhéique se présente quelquefois au début de la syphilis, comme résultat de l'extension de l'inflammation produite par les plaques muqueuses situées sur la vulve ou des affections du col utérin. Le col utérin présente souvent certaines lésions à la période secondaire de la syphilis, lesquelles peuvent propager rinûammation au vagin, selon Gornil (1).

Assez fréquenunent, des plaques muqueuses, opalines d'abord, puis érosives, viennent à la surface du museau de tanche, au nombre d'une ou de deux, ou forment des groupes sur tout le museau de tanche. La partie de ces plaques qui avoisine l'orifice du col perd son épithélium superficiel, et se transforme eo une ulcération. Très souvent même, lorsqu'on n'a pat observé de plaques muqueuses, il y a une légère érosion de l'orifice du col, un catarrhe muco-purulent du col et une hypertrophie de cet organe. Le col est gros et dur. 11 est certain que cette métrite du col, que cette hypertrophie fibro-musculeuse du col, ne reconnaissent pas toujours pour cause la syphilis. Mais si l'on compare le col chez les jeunes filles n'ayant pas eu d'enfants ni de fausses couches et du même âge, atteintes les unes de syphilis, les autres de vaginite simple, on est frappé de ce fait que le coi des syphilitiques est généralement gros et atteint de metrlte catarrhale, tandis qu'il est petit et normal dans U vaginite ; la seule lésion que l'on observe dans ce dernier cas, c'est la rougeur de la muqueuse vaginale qui se continue sur le museau de tanche. On peut donc

(1) Cornil, Leçons sur la si^hiliSf p. 145.

WILLIAM WHITE. — BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME

conclure rationnellcmont que la métrite do col est parfoin sous rinflucDce directe de la ayphilis, comme la Tulvite, comme la yaginito et sans qu*il y ait en nécessairement de plaques moqueuses du col. »

Symptômes et oomplioations.

La vaginite, conséquence de la contagion, commence ordinairement à la partie inférieure et postérieure du canal. Elle se révèle d*abord par une sensation de poids et de plénitude que la malade rapporte quelquefois au rectum, et par la sécheresse de la membrane muqueuse congestionnée qui prend un aspect brillant. Ricord et d'autres auteurs ont décrit des cas dans lesquels, pendant un temps très long, cet état, qui intéresse la plus grande partie du vagin» persiste obstinément, et finit par disparaître sans avoir produit une goutte d'écoulement. Je n*ai jamais rencontré cette variété de la blennorrhagie, et n'était l'autorité de celui qui en fait mention, je croirais qu'il a pris pour une vaginite une congestion passive, comme on en observe souvent pendant la grossesse ou chez les malades qui portent des tumeurs utérines ou d'autres tumeurs abdominales.

Ordinairement au bout de quelques heures apparaît un écoulement muqueux, qui devient rapidement purulent, et qui, lorsque la maladie, ce qui est habituel, s'étend à une grande surface, est très abondant, souillant le linge de la malade et s'écoulant sur les cuisses et le périnée, à moins qu'il ne soit arrêté par un pansement. Les symptômes subjeclifs, bien que moins marqués ordinairement que dans la vulvite, sont parfois très caractéristiques et dus, en premier lieu, au voisinage de la vessie et du rectum, et en second lieu aux connexions nerveuses de la région qui donne naissance à certains phénomènes réflexes.

Parmi les premiers de ces phénomènes, nous trouvons de l'irritabilité vésicale et du ténesme, de la douleur pelvienne ou hypogastrique, quelquefois lancinante, des hémorrhoïdes, des symptômesdysentériformes, du prolapsus utérin, etc. ; parmi les seconds, des douleurs sciatiques, crurales, lombaires et abdominales ; ce dernier symptôme, quand on l'observe chez les femmes hystériques et qu'il s'associe, comme il peut arriver, à du tympanisme et à de la sensibilité abdominale, peut faire porter le diagnostic erroné do féntonitc, complication extrêmement rare. On ^ut se guider pour l'exclure sur le pouls, et surtout la température du malade, et par la pression exercée sur les parois abdominales

pendant qu*on attire son attention ailleurs.

La môme exaspération des désirs sexuels s'observe chez ces malades, comme dans les cas de Tulvite, mais à un moindre degré. D'autre part, cependant, le coït n'est pas aussi doulooreni que lorsque la vulve est malade, et il est plos facile aux femmes de cacher leur mal ; par conséquent, la tentation de satisfaire leurs désirs et celle d'éviter une perte pécuniaire en continuant leur métier, est au moins également forte, et il est tout aussi difficile de leur faire garder le repos et observer la continence.

Quelquefois, quand l'inflammation a été très intense et que l'écoulement a été retenu, il se produit une ulcération extensive, bien que superficielle du vagin ; le pus devient sanguinolent, la douleur augmente considérablement, et la maladie prend une forme très opiniâtre et très rebelle.

Vaginite chronique, — Dans la vaginite chronique, l'écoulement, l'épaississement de la muqueuse vaginale, l'hypertrophie des papilles sont presque les seuls symptômes. De temps à autre, on rencontre un cas dans lequel l'inflammation a été strictement localisée ; on trouve un foyer de granulations rouges, de la dimension d'une fraise, analogues à celles de l'urèthre dans la blennorrhagie chronique et sur d'autres muqueuses, comme la conjonctive, quand rinflammation prend cette forme.

On observe chez les jeunes femmes des vaginites chroniques, dans lesquelles le vagin, quoique dur et petit, avec ses replis bien marqués, est pourtant évidemment gonflé, œdémateux, sans sécrétion ou tapissé par un détritus épîthélial grisâtre accumulé depuis longtemps.

Traitement.

La vaginite réclame le môme traitement général que la vulvite, repos au lit les fesses élevées, régime sévère, propreté minutieuse. Le confinement au lit n'est pas aussi indispensable que dans la vulvite, et les mouvements ne sont pas aussi nuisibles. La malade ne doit pas se fatiguer ; elle doit s'abstenir de tout rapport sexuel. Quand linflammation est très aiguë, la douleur causée par l'intromission du pénis est un préservatif suffisant. Dans la vaginite aiguë, avec écoulement purulent abondant, tuméfaction de la muqueuse, le traitement classique est le suivant:

La malade couchée, les fesses reposant sur un oreiller de crin ou un drap plie, le ventre tenu libre par des laxatifs salins, doit faire, toutes

VAGINITE. — TRAITEMEiNT.

les deux heures, des injections d'eau de savon, — ou si ces injections sont trop irritantes, se servir d'une solution alcaline, — les faire suivre d'une injection d'eau simple, et finir avec une solution médicamenteuse, de préférence à cette période une solution d'acétate de plomb. Ce traitement semble d*abord un peu ennuyeux et bien compliqué, mais il est en réalité très facile et n'exige que quelques instants. Avant de faire ces injections, la malade peut, si elle veut, se mettre sur une chaise longue, ou de préférence sur une vieille couverture étendue par terre. Elle se servira de la seringue « de famille » Davidson ou Mattson ; elle emploiera la longue canule. Cette canule sera enduite d'un peu de cosmoline, et introduite doucement dans le vagin tout entière, la malade étant couchée sur le dos, les talons aux fesses. Le tube de gomme, à l'extrémité duquel le plongeur en plomb est attaché, doit être placé dans une cuvette d'eau, dans laquelle on a fait dissoudre un morceau de savon blanc de Castille, ou deux ou trois cuillerées à café de bicarbonate de soude. On place sous les fesses pour recueillir ou absorber ce qui s'écoule, une bassinoire, un morceau de taffetas gommé, une grosse éponge, ou mieux encore un vieux morceau de mousseline ou de flanelle, puis on fait l'injection de la manière habituelle, en comprimant régulièrement la boule de caoutchouc ; après quoi, en transportant simplement le plongeur dans une cuvette d'eau simple, on peut enlever le savon, et le vagin est alors tout préparé à recevoir l'injection astringente ou sédative. Cette injection, préparée à l'avance dans une bouteille à goulot large, peut être faite delà même manière. Avec un peu d'exercice, la malade pourra faire tout cela en cinq à dix minutes, tout à son aise.

Les médicaments employés en injections sont variés, mais appartiennent principalement à la classe des astringents et des antiseptiques. Je n'ai aucune confiance en la valeur thérapeutique des antiseptiques dans le traitement de la vaginite, le permanganate de potasse, l'acide phénique, la liqueur de Labarraquo et autres agents ne m'ayant pas semblé avoir plus de valeur que de l'eau froide, sauf peut-être qu'ils corrigent les mauvaises odeurs. Je m'en suis servi à l'hôpital dans un nombre do cas suffisant pour pouvoir me prononcer d'une façon positive sur ce point. Dans la grande majorité des cas le mieux est de se servir d'abord d'acétate de plomb, puis, quand la douleur disparait et que Tioûammation perd de son acuité, d'alun ou d'ieètate, ou de sulfate de zinc, et quand, sous

l'influence de ce traitement, la douleur a complèlement disparu, et que l'écoulement est devenu aqueux, de remplir le vagin avec du tannin, ou d'employer des suppositoires, selon les circonstances. En prescrivant aux femmes des injections vaginales, on fera toujours bien d'ordonner les médicaments en poudre, en disant à la malade quelle quantité il en faut dissoudre dans une quantité donnée d'eau. Pour un demilitre d'eau, par exemple, elle emploiera :

Une caillerée à café...

Deux — — Une — — Une — — Quatre — —

10 gr. d'acétate de plomb.

10 — d'acétate de zinc.

7 — de sulfate de xinc

7 — d'alun.

7 — de tannin.

Ces solutions seront étendues si elles causent de la douleur.

La douche vaginale chaude si fort recommandée par le D' Emmet de New- York, rendra quelquefois de grands services dïins le traitement de la vaginite. L^usage en doit cependant être strictement limité aux cas où la malade elle-même en reconnaît le bénéfice; on ne doit jamais y persister si cette douche cause de la douleur, ou si elle est suivie d*une exaspération dans la sensation de plénitude et de battements dont les parties malades sont le niège ou d*une congestion active intense, comme dans les cas rapportés par le D' Reeves Jackson (1). La température de Teau doit être de 100» à 110* ou môme 120*. Dans certains cas, surtout dans les cas de vaginite chronique, Duncan (2) recommande également l'usage de la douche chaude, projetant dans le vagin, sous une pression considérable, de grandes quantités d*eau à la température du sang.

Si la malade est à son aise, on emploiera à la période de résolution des suppositoires vaginaux qu'on pourra renouveler trois fois par jour, la position couchée étant gardée au moins une heure après l'introduction de chaque suppositoire. Voici quelques formules utiles:

Extrait d'opium 15 centigr.

Tannin 4 grammes.

Beurre de cacao q . s.

pour 12 suppositoires :

Sulfate de morphine IS centigr.

Sous-sulfate de fer liq S grammes.

Beurre de cacao q. v.

pour 12 suppositoires :

Poudre d*alun i ^ -«

aa 12 Cr

Sous-acétate de plomb ^

Beurre de cacao q. s.

pour 12 suppositoires :

(1) Reeves Jackson , Saint-Louis clinical record,^ juin 1879.

(2) Duncan, Med, Times and Gaz., 20 juin 1880.

(kK>

WILLIAM WHITE. — BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME

En les ordonnant, on préviendra les malades qu'elles tacheront leur linge.

Chez certaines femmes, auxquelles les applications huileuses ne conviennent pas, ou qui sont trop pauvres pour faire usage de suppositoires, on fera hien de tamponner le vagin avec de la charpie mêlée de tannin ou de poudre d'alun. 11 faut se servir d'un spéculum, qu'on retire graduellement à mesure qu'on remplît le vagin. On applique alors un bandage en T ou une serviette ordinaire» et on laisse le pansement pendant 24 heures ou même plus longtemps si il ne commence pas à avoir de l'odeur au bout de ce temps. C'est un traitement très efficace, mais il n'est pas aussi propre que l'emploi des suppositoires et est plus désagréable pour le malade et demande plus de peine au médecin.

Parfois, quand le vagin reste irritable, qu'il est à vif, qu'il saigne aisément et que le spéculum, appliqué le plus doucement possible, cause de la douleur, on fera bien de le badigeonner avec une solution forte de nitrate d'argent, 2 grammes SO à 4 grammes pour 30 grammes d'eau. On introduit dans le vagin un spéculum cylindrique, on élève son extrémité externe, on

y verse huit à douze grammes de la solution a^ gentique, puis on retire le spéculum. A mesure qu'on le retire, le vagin est baigné par le liquide.

Le soir, dans tous les cas de vaginite, on se trouvera bien de se servir de petits boordonnets de coton absorbant, contenant une poudre médicamenteuse. La malade gardera sur une chaise ou une table près du lit deux ou trois de ces petits bourdonnets, et la nuit, quand elle se réveillera, elle en introduira un aussi profondément que possible, après avoir, bien entendu, retiré celui qui y était. On peut employer de cette manière le plomb, le zinc et le tannin ; le premier de ces corps est préférable.

11 y a très peu de cas de vaginite qui résistent à ce traitement ; je n'en ai jamais vu, sauf les catarrhes vaginaux chroniques des vieilles prostituées, qui sont incurables du fait deshabitudes des malades.

Les toniques, un régime sévère, les bains de mer et l'abstinence de tout rapport sexuel sont nécessaires quelquefois pour efifacer les dernières traces de l'affection, qui rarement a des suites fâcheuses.

URÉTHRITE.

Causes.

L'uréthrile,chez la femme, est classée ordinairement parmi les affections vénériennes, et est certainement due, dans la majorité des cas, à l'extension de rinflammation de la vulve ou du vagin. Comme, dans ces cas, l'affection originelle peut, comme je l'ai montré, n'être en rien vénérienne à son origine, et comme il y a certaines formes d'inflammations uréthrales dépendantes d'affections vésicales, de la grossesse, des déplacements utérins, etc., on n'est certainement pas autorisé à admettre qu'une femme ayant une uréthritc, l'a nécessairement contractée par contagion d'un homme présentant une inflammation semblable.

Le D' Carpenter (I) rapporte ua cas de cystourétliritc datant do trois anncos chez uoe femme atteinte en môme temps d'hémorrholdos et de vers. Le traitement dirigé contre ces dernières aflTections fut suivi de la guérison complète au bout de deux mois de la cysto-uréthrite, qui jusqu'alors avait résisté à beaucoup d'autres traitements.

(1) Carpenter, Kamas med. tnc/ex, Juillet 188L

On peut admettre cependant que l'existence d'une urélhrite chez une femme, est une présomption en faveur de rapports sexuels impurs, particulièrement dans les cas où elle existe indépendamment de toute affection vulvaire ou vaginale. Quand ces régions sont malades, il faut voir si l'inflammation n'y a pas son point de départ, car ces inflammations précèdent presque invariablement l'affection uréthrale.

Quant à la fréquence des formes de la blennorrfatgie ci-dessus décrites, les opinions des autorités les plus distinguées diffèrent considérablement. Belhomm* et Martin ont trouvé Turéthrite 112 fois sur 1601 malades ; Wcibert, 29 fois sur 175 malades ; Cullerier chei le cinquième de ses malades ; Langlebert et Swediiof se rencontrent pour trouver Turéthrite très rare; d'autre part, Bell, Ricord, Guérin, Rollet, Berkeley Hill et Bumstead la considèrent comme une complice' tion rare. Sigraund a trouvé Turéthrite et la vaginite combinées dans 476 cas ; la vaginite sans Turéthrite dans 282 cas, Turéthrite seule sans inflammation concomitante dans 5 cas seulement. Jullien (1) donne le tableau suivant, que lui a fourni M. Alf. Foumier, et

(1) Jullien, Traité pratique des maladies r^^ viennes, Paris, 1870.

6{] URÉTHRITE.

qui a été pris dans le service de ce médeda à Lourcioe.

Taginite 176

Uréthrite 150

Ttthile 22

Uréthro-vaginite 81

Uréthro-Tulvite 5

n explique les dissidences des auteurs en admettant qu'ils confondent les uréthrites chroniques avec les aiguds ; mais, comme Turéthrite chronique est très rare ches la femme, cette explication ne me paraît pas satisfaisante. Elle est valable pourtant si on rapplique à ce que j'ai dit de la fréquence relative de la vaginite, de la vulvite, etc. J'ai fait allusion seulement aux variétés aiguGs de ces complications, et j'ai trouvé qu'elles se présentaient avec une fréquence égale ; la vulvite est peut-être un peu pkis fréquente. L'inflammation du vagin a bien plos de tendance à devenir chronique que l'inflammation de la vulve, qui le devient rarement ; aussi un tableau comme le tableau ci-dessus ne donne pas une idée juste de la fréquence relative de ces variétés de gonorrhée à l'état sigu.

Symptômes.

La brièveté de l'urèthre de la femme, sa situation inclinée du col vésical au méat, et le peu d*étendue relative de la muqueuse, empêchent en même temps la formation d*un écoulement un peu abondant et Tapporition de symptômes exlrémement douloureux.

La douleur de la miction existe dans presque tous les cas, et est quelquefois bien marquée ; mais elle n'est jamais comparable, d'après mes observations, à Tintensité des mômes symptômes chez l'homme. Le voisinage de l'aire enflammée et du col vésical rend très fréquente la propagation de Tinflammalion à ce viscère, mais bien que la miction puisse être beaucoup trop fréquente, le ténesme et le spasme, et la douleur qui y sont associés, sont moins intenses que lorsque la cystite se présente comme complication de l'uréthrite de l'homme.

Dans beaucoup de cas, l'évacuation spontanée de l'urèthre par le fait de la pesanteur, ou son lavage par l'urine est si complet que, pour constater l'existence d'un écoulement, il est nécessaire d'introduire un doigt dans l'orifice vaginal et de presser doucement l'urèthre d'arrière en avant contre la face inférieure de l'arcade pubienne. 11 faut faire cette petite manœuvre quelque temps après la miction.

Quelquefois le méat est rouge, béant ou renversé, et parfois est entouré d'un anneau de végétations.

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