ULCÈRE VÉNÉRIEN SIMPLE OU GHÂNGROIDE
Synonymie.
çais : Chancrotde; Allemand : Scfianker.
sptation de la loi de Basscreau sur la ce de nature de Tulcère vénérien local et ion initiale de la syphilis, et la formation tive des deux écoles, celle des dualistes
des unicisles, faisaient supposer que >s discussions touchant les caractères de X maladies étaient terminées, mais il i^u'il en soit loin d'être ainsi. De noupériences faites avec du pus puisé à difféiources, ont remis en question des faits iblaient le mieux établis au sujet du tic de l'ulcère vénérien simple, nous
parler de la propriété qu'il possède de loculer ; et si aujourd'hui on ne nie pas nent, du moins on n'admet pas sans
Texistence d*un virus propre à cet Citons les paroles d'un des derniers auli font autorité sur ce sujet, un des pren Amérique qui ait enseigné la doctrine ]ue et la différence des virus chancrolphililique.
hancroide.... n'est pas le prodoit d'un viras e, incapable de se reproduire de novo,,.. Si
duit par M. le D' Cb. Scbwartx.
cette ophiion est exacte, elle suggère l'idée d'une analogie hitéressante avec Thistoire de nos idées concernant la valeur de la blennorrhagie, affection qui, au siècle dernier, était regardée comme produit par le virus syphilitique. On supposa ensuite qu'elle était produite par un virus spécial, le virus blennorrhagique. On sait aujourd'hui qu'elle peut être causée par un simple irritant quelconque, mais plus spécialement par le pus de l'urèthre ou d'autres muqueuses, que leur inflammation soit due ou non à la contagion. L'histoire du chancrolde, nous le prédisons, sera celle de la blennorrhagie (1). »
Ces changements d'opinion me déterminent à indiquer les raisons qui les ont amenés, et de donner, autant que possible, les opinions des syphilographes actuels.
Histoire et nomendatare .
Jusqu'à l'année 1852, tous les ulcères vénériens étaient rapportés à une cause unique, au même virus, et étaient désignés d'un même nom, celui de syphilis primitive. Il est yrai que Hunter, Ricordet d'autres syphilographes moins connus reconnaissaient qu'une certaine proportion seulement des ulcères des parties génitales était indurée et suivie de manifestations
(1) Bumstead and Taylor, Pathohgy and treat» ment of venereal diseases, 4* éd. Philadelphie, 1819.
F. R. STURGIS. — ULCÈRE VÉNÉRIEN SIMPLE OU CHANGROIDE.
sur d'autres points du corps ; mais on n'avait pas reconnu entre ces divers ulcères une différence de nature, et tous, mous ou durs, étaient groi^pés sous un seul chef, la syphilis. En 1852, Bassereau, élève de Ricord, publia un livre (1) dans lequel il proclamait une différence de nature entre ces deux variétés d'ulcères vénériens, et grâce à un système de con. Cronlation, c'est-à-dire en recherchant l'origine de l'ulcère présenté par un malade sur celui qui l'avait transmis, il fut en mesure de formuler les propositions suivantes :
Voici, résumés en quelques propositions générales, les réâuluts auxquels Je suis arrivé en confrontant non seulement les sujets atteints d*érythème, mais encore les malades atteints de chancre et d'éruptions syphilitiques de diverses formes avec ceux qui leur avaient communiqué le mal.
Si l'on confronte tous les sujets qui ont été atteints de chancres suivis d'accidents constitutionnels avec les sujets qui leur ont communiqué la contagion, on avec ceux auxquels ils font transmise, on trouve que tons ces sujets, sans exception, ont été atteints de chancre, et ensuite d'accidents constitutionnels. Jamais cbex eux le chancre ne B*est borné à une action purement locale.
D'autre part, si Ton confronte les sujets atteints de chancre, qui n'ont déterminé aucun symptôme de syphilis générale, avec les sujets qui les ont infectés ou avec ceux qu'ils ont infectés, on volt ceux-d, sans exception, être également atteints de chancres qui bornent leur action au point primitivement contaminé.
Ainsi, Jamais un chancre suivi d'accidents constitutionnels ne donne naissance à un chancre purement local, ni un chancre local ne peut communiquer par contagion un chancre qui sera suivi des symptômes généraux de la syphilis.
La distinction entre les deux formes d'ulcères est donc clairement établie ici ; ces ulcères sont de nature différente, ils ne se remplacent jamais, chacun d'eux reproduit son semblable ; l'un d'eux est suivi de symptômes constitutionnels, tandis que l'autre n'en est jamais suivi, mais est toujours purement local.
Jusqu'ici on ne propose aucun changement de nom. Cela était réservé à un autre élève de Ricord, M. Clerc (2), qui en 1854 (3), arriva aux trois conclusions suivantes :
(1) Bassereau, Traité des affections de la peau symptomatiques de la syphilis^ pp. 197 et suiv.
(2) Je crois que cet honneur est réclamé par Langlebert pour M. Maratray^ qui, dans un ouvrage intitulé De la syphilis primitive ou locale et de Cunicité du virus syphilitique {Vuis, 1854), précéda Clerc de six mois.
(3) Clerc, Du chancroïde syphilitique.
!• Il y a deux variétés bien marquées de dkaocrs syphilitique : Tun induré, infectant l'organisme estier ; le second non induré, n'infectant pas le synèsu, mais étant de sa nature local et simple.
2* Chacune de ces variétés d'ulcère sypblUtîqM primitif se transmet comme une entité pathologiqQe distincte.
8* Le chancre simple est le résultat de l'inoculation de la sécrétion d'un chancre induré snr un individu qui a ou a eu la syphiUs constliuttonneBs. Pensant qu'il présente la môme analogie avec la syphilis que la varioloide avec ta variole, il loi doon le nom de chancroïde.
C'est donc ici que pour la première lois nous voyons apparaître le mot chaneroidet sons lequel la lésion est connue aussi bien en Amérique qu'en France.
En 1857, trois années après la publication de l'article de Clerc, M. Alfred Fournier fit paraître, pour Ricord, un livre (i) dans lequel les différences entre Talcère vénérien simple (chucroide) et la lésion initiale de la syphilis (chascre) sont reconnues, et leurs caractères diagnostiques clairement établis. Ricord, en d'autres termes, admettait qu'il y avait deux espèces d'ulcères vénériens : l'un local, non constitutionnel ; l'autre général, infectant la constilation, jamais local, mais marquant le début de la syphilis. Citons ses paroles : «< Le chancre induré, Messieurs, est donc le prélude d'une dlalhèse, et cette dialhèse, grosse de malheurs et d'orages, c'est la vérole, la syphilis, lues vent rca, » 11 reconnaissait les deux espèces et adoptait le nom de chancvoide.
En 1858, Diday et Rollet, de Lyon (2), ootéUbli les points suivants :
l^Il y a deux variétés d'ulcères qui sont triosmiisibles par le contact comme par l'inoculation aitiBcielle.
2« Une d'elles est toujours locale ; l'autre infecte le système entier.
3* La variété locale, qui n'a qu'une ressembUnes superficielle avec la constitutionnelle, s'appelle du» c/'oicte ; l'ulcère constitutionnel, c/mitov.
4* Les deux ulcères, quand ils sont inoculés sur des individus non-syphilitiques, produisent chacun nn ulcère de son espèce : le chancroïde, un chancroïde; le chancre, un chancre.
5* Mais si un sujet, une femme par exemple, qvi était antérieurement vérolée, a eu des rapport» vnc un homme porteur de chancre, Tuicère que celle-ci
(1) Ricord, Leçons sur le chana^t professées P^ le D' Ricord.
(2) Diday, a Y a-t'il une ou deux espèces de cAo^ cre ? » Annuaire de la syphilis et des maladieidf^ peau, Lyon, 1868.