Nombre total des lésions initiales mentionnées
Nombre total des lésions initiales géniules 4^*.»
Nombre total des lésions extra-génitales 37
Proportion des chancroîdes génitaux au nombre total. . ... 93,95 p. 100
oxtragénitanx — 6,05 —
céphaliques aux extragénitaux. . 0,00 — lésions initiales génitales au
nombre toUl 02,20 --
lésions initiales eitragénitales
au nombre total 7,80 -«
lésions initiales céphaliques
aux extragénitalcs 54 —
Bien que la proporlion des chaDcres syphilitiques extragénitaux soit légèrement plus forle que celle des chancroîdes extragénitaux (7, 8 p. 100 au lieu de 6, 05 p. 100), la proportion des chancres céphaliques par rapport aux extragénitaux dans leur ensemble est très forte, 54 p. 100. Quoique dans mes statistiques je n*aie pas rencontré un seul cas dé chancroîde céphali-
(1) Sturgis, Records of ihird venereal division, Chariiy hosp, BlackwelCs Uland, N. Y., 1879-80. (3) Sirus Pirondi, cité par Debauge, op, c»/., p. 60.
F. R. STURGIS. — ULCÈRE VÉNÉRIEN SIMPLE OU CHANCROIDE.
fl6
que, il serait imprudent de conclure que cette variété n'existe pas, puisqu'on en a observé des cas. Je ne parle pas ici des inoculations artificielles faites avec succès dans la région céphali* que ; les seuls exemples dont je vais m'occuper sont ceux qui ont été observés cliniquement.
Le premier cas positif de celte espèce que je connais est celui qui a été publié parRicord (1)| avec une planche; l'histoire de ce chancroïde forme un curieux commentaire du passage que nous avons cité de ses Leçons. Elle est courte ; je la rapporte ici in extenso.
« Ulcération primilive et non indurée de la gencive supérieure. Voici un ulcère virulent primitif de la gencive, contracté par le fait de Tapplication de la bouche sur les organes génitaux d'une femme affectée de chancre.
C'est le seul exemple que nous ayons rencontré ; ce qui prouve que les chancres des gencives sont beaucoup plus rares que les ulcérations virulentes des lèvres et de la langue, que nous avons eu occasion d'observer plusieurs fois.
Cette ulcération, dont la durée n*a pas été très longue, suivit la marche ordinaire du chancre non induré. Elle guérit, sous l'influence de cautérisations souvent répétées avec le nitrate d'argent, et quelques lotions avec le vin aromatique.
Notre but, en signalant cet exemple, est de prouver que le pus virulent syphilitique inoculable n'a pas pour siège d'élection tel ou tel organe en particulier, et qu'il agit toujours, d'abord localement, partout où il rencontre les conditions voulues pour son développement. Do plus, ce qui prouve que la gravité de la syphilis ne dépend pas, comme on Ta dit, du siègo de l'accident primitif, c'est que, chez ce malade, il n'y a pas eu d'infection constitutionnelle, ainsi qu'on a pu le constater longtemps après l'époque où ils auraient dû se développer. »
Il faut nous souvenir qu'à cette époque Ricord n'avait pgs encore distingué le chancroïde et la lésion initiale de la syphilis, et qu'il commettait une erreur en considérant cette lésion comme syphilitique, comme ill'a reconnu plus tard. Bien qu'aucune auto-inoculation ne fût tentée, l'histoire de la lésion et son apparence ne laissent aucun doute raisonnable sur sa nature chancroïdale. Pourtant Ricord ne veut pas admettre qu'il s'agissait de chancroïdes, car il dit (2) :
« Tous les chancres (céphaliques) appartenaient toujours, et comme fatalement^ à une seule et môme espèce de chancre, à l'espèce indurée. Ils s'accompagnèrent tous des symptômes propres à la vérole
(1) Ricord, Clinique iconographique , etc., pi. 21 .
(2) Ricord, Leçons sttr le chancre, Paris, 1860, page 15.
constitutionnelle. Pas on ne resta exempt dlodoration, pas un ne se borna aux limites d'mie léiiaa locale, sans retentissement sur réconomde, lant phé* nomène d'infection générale. Je ne parle pes d'oi fait que J*ai publié autrefois. Cette obeervatiOB nb* tive à on chancre non induré de U gencive, paraîtrait devoir constituer one exception des plas ooncloântsi, si Je n*étai8 devenu, depuis Tépoqne, déjà très éloignée, où Je l'ai recueillie, beaucoup pins exigeoMt. h dis bien, dans cette observation, qu'il s'agit d'us chancre non induré de la gencive* contracté avec om femme ayant des chancres, et non soivi, après ie temps voulu, d'accidents eonstitationnels ; maisj'anrais dû ajouter que je n'aveds peu vu la femme qn avait communiqué cette ukérationf et qne les ehaacres dont il était question pour elle, n'avaient éni constatés que par le malade loi-même (1). H est égale* ment important de faire observer que Je n*avais pûi eu recow's à l'inoculation artificiellef comme dénier critérium, et que par conséquent il est permis de douter de la précision du diagnostic et de U valeor absolue de l'observation. »
Alfred Fournier (ti) emprunte à Pache Tobser* vation suivante :
tt Un Jeune homme alla trouver Puche, le 17 dot. 1861 ; il portait une ulcération sur la lèvre inférieore près de la ligne médiane, d'apparence chancreose et durant depuis trois ou quatre Jours. Cette ulcératioQ était apparue huit Jours après des rapports, doot le malade ne cherchait pas, dit Puche, à dissimuler h nature. Il y avait une adénite légère de la glande sous-maxillaire. CuUerier diagnostiqua un chancre induré. Puche peu satisfait apparemment de ce ditgnostic, inocula la lésion sur l'abdomen du malade. Pendant qu'il faisait cette petite opération, le malade en cherchant à écarter la main du chirurgien, se pi qua le doigt avec l'instrument inoculateur. Le résultat fut positif au bout de quelques jours tant lar l'abdomen qu'au doigt; on institua un traitement local, et les trois ulcérations guérirent sans iodoration ; le malade cessa d'être observé le 31 décembre 18G1 ; il ne présentait aucun symptôme constitutionnel de syphilis. »
La controverse de ce cas serait difficile, et à moins d'abandonner complètement la valeur diagnostique de l'autoinoculation, il faut bleu
(1) Ricord [Traité pratique des maladies vénériennes. Paris, 1838) a donné dans ses tableaux d'inoculation sept cas de syphilis primitive des lèvres, et trois de la gorge ; dans tous ces cas, l'inoculatioa produisit la pustule caractéristique, comme dans les cas observés dans son service en 1831 et en 1837. Comme il ne donne aucun détail, ces observations n'ont pas de valeur scientifique.
(2) Alfred Fournier, Nouveau Dict, de méd. et d* chir. pral ique i\ Krt, Chancre. Paris, 1867, tome VU-