‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 236 sur 343 · CHANCRES GÉNITAUX · texte numérisé non relu

CHANCRES GÉNITAUX

Parmi les chancres génitaux, ceux derurëlhre cbezrhomme et ceux du col utérin et du vagin chez la femme méritent une mention spéciale.

Chancres de Vurèthre,

Les chancres dU méat sont loin d'être aussi rares que ceux des parties plus profondes de l'urèlhre. JuUien (i), sur un total de 1773 l^hancres qu'il a réunis lui-même, donne 89 ehancres du méat et 17 seulement plus profonds. Bamsteadet Taylor(2) ont vu plusieurs exemples le chancres situés à 2 cent. 4/2, 5 centimètres Bt même 7 cent. 1/2 de Torifice. Keyes (3) en a Dbservé deux dont Tun était situé à 3 centimètres du méat. Hyde(4) en a également observé Icox cas. Quand le chancre siège au méat, il est incessamment irrité par le courant urinaire, et présente quelquefois l'apparence irrégulière du chancroïde; il est irritable et possède, dit-on, ane tendance à devenir phngédénique. La diiïbrmité à laquelle il donne lieu est caractéristique ; induration, quelquefois tardive, donne au gland tine apparence ligneuse. L'orifice est quelquefois Uargi et prend une forme carrée. Pour percevoir l'induration du chancre du méat ou de la Tpariie Pffifonde de Vurèthre^ il faut saisir le pénis entre le ^nce et l'index d'avant en arrière. Ce qui attire l*abord l'attention, c'est ordinairement une lélère difficulté de la miction, et un écoulement brûlent, dû à Turéthrite de voisinage, qui simule Une gonorrhée anormale (5). Avec l'endoscope

<1) Jullien, op. cit.^ p. 582.

(2)Bumstead et Taylor, op. cit„ p. 571.

(3) Keyes, Theveneral diseases. New York, 18dO, p. 89.

(4) Hyde, Chancre du méat et de Vurèthre chez ^'^*omme, Chicago med.journ, ancfexam., août 1880.

(5) On a pensé que c'est à un chancro de Turèthre qa*est due Terreur de Hunter, qui soutonait <|Yie U gonorrhée était une manifestation de la sy-

on peut apercevoir un chancre profond ayant l'aspect d'une érosion des parois uréthrales d'une coloration rouge grisâtre.

Le chancre uréthral n'est pas habituellement douloureux. Un signe caractéristique, donné par Bumstead et Taylor, c'est l'épaississement inflammatoire du prépuce d'un des côtés du pénis. Ce signe est si fréquent qu'il a une valeur diagnostique considérable. D'autres signes diagnostiques différentiels entre le chancre uréthral et la blennorrhagie sont l'écoulement peu abondant, gluant, quelquefois sanguinolent, l'obstacle local à la miction, la marche subaiguë de la lésion et l'adénopathie inguinale.

Le chancre de l'urèthre, surtout quand il est situé profondément, détermine quelquefois un rétrécissement plus ou moins marqué qu'il faut diviser avec l'iiïstrument tranchant. Quelquefois il faut mettre en usage une médication locale concurremment avec le traitement général. Bumstead et Taylor recommandent l'usage de bougies composées de deux parties d'onguent mercuriel et de six parties de cire blanche. On peut à l'occasion employer l'iodoforme dans la proportion de 4 grammes pour 30 grammes.

Chancres du coL

Le chancre du col utérin était autrefois regardé comme une lésion extrêmement rare. Fournier, pourtant, sur un total de 249 chancres génitaux chez la femme, a trouvé 13 chancres du col, et un certain nombre de cas ont été également publiés par d'autres observateurs. Ces chancres sont certainement plus communs que la statistique ne semble l'indiquer ; ils passent souvent inaperçus.

Dans la majorité des cas, ces chancres occupent la partie centrale du col ; ils semblent se perdre dans l'orifice. Ils sont ordinairement uniques, mais peuvent être multiples, et varient de la dimension d'un pois à celle d'une petite pièce de monnaie; ils atteignent quelquefois un diamètre de trois centimètres. Quand ils sont très petits ils échappent probablement

philis. John Hunter s'inocula lui-même avec du pua blennorrhagique ; il en résulta rapparition d'ulcères primitifs suivis de rinfection générale de Téconomle, Ricord pensa que Hunter s'était inoculé accidentellement le pus d'un chancre uréthral, mais Lane (op. Cl/., p. 6) croit qu*il est plus probable que c'est le sang ou quelque sécrétion morbide de Tindividn qui fournit le pus blennorrhagique, qui a transmis la syphilis à Hunter*

ARTHUR VAN HARLINGEN. — SYPHILIS

souvent à robsenration. Comme ces chancres sont constamment baignés par les différents liquides que sécrètent ces parties, leur coloration est moins vive que celle des chancres de la peau, leur surface est souvent blanchâtre, grise, gris-jaunfttre ou verdàtre. Quelquefois ils sont taillés à pic et excavés, particulièrement quand ils sont excentriques ; leur fond est lisse et vernissé et leurs bords nullement limités par une collerette pourpre ou grisâtre. D'autres fois, ils sont moins nettement délimités, leur surface est proéminente, mamelonnée et végétante ou parfois pultacée. La sécrétion de ces chancres est ordinairement peu abondante ou manque totalement.

Vinduration^ malgré son existence, est ordinairement difficile à percevoir par la palpation. Chez une femme atteinte d*un prolapsus utérin, qui avait un chancre du col, Ricord put constater par la palpation une dureté ligneuse, facile à distinguer de la consistance des parties voisines.

Le chancre du col utérin est indolent. Il ne révèle sa présence par aucun signe subjectif, et n'est par conséquent découvert en général que par hasard.

Vadénopathie est, dans quelques cas, difficile à reconnaître ; dans d'autres elle est due à la coexistence d'autres chancres concomitants ; cette coexistence d'autres chancres est fréquente. Dans trente-quatre cas de chancres du col observés par Fournier (1), quinze seulement étaient uniques. Dans les dix-neuf autres cas on constatait d'autres chancres, treize fois sur les lèvres, trois fois au niveau de la fourchette, une fois au niveau du méat et deux fois autour de l'anus. Cette multiplicité des chancres peut s'expliquer peut-être par ce fait que les chancres du col s'accompagnent presque constamment d'herpès génital.

Le diagnostic des chancres du col ne peut souvent se faire qu'après un examen attentif. Ils sont très facilement confondus avec les chancroïdes de même siège, mais ces derniers sont ordinairement plus profondément excavés, déterminent une perte de substance plus considérable, présentent des bords décollés et érodés entourés d'une auréole inflammatoire. La surface du chancre, d'autre part, est ordinairement unie et quelquefois surélevée et n'a pas de bords très nettement délimités. Le fond du

(1) Communication verbale faite à M. JuUien postérieurement à la publication delà statistique donnée plus haut. Voir Jullien, op. cit.^ p. 588.

chancroîde est inégal, érodé et couvert d'ane sécrétion jaunâtre, tandis que celui du chancre est uni, comme vernissé, grisâtre ou couleur chair musculaire, et laisse exsuder un liquide peu abondant séro*punilent ou sanguinolent U base du chancroîde est molle, celle du chaocre dure.

Diagnostic différentiel entre le ekanert et k chancroîde du eol utérin (I).

Chancre du col. Chtmorùide du eol.

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