‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 246 sur 343 · ÉTAT DU SANG DANS LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

ÉTAT DU SANG DANS LA SYPHILIS

On a longtemps admis que le sang devait subir quelque altération pendant l'évolution du virus syphilitique dans l'économie, mais le

(1) Naturellement il ne s'agit ici que des cas iicn traités. Le mercure donné pendant les premières po> rioiles de la maladie retarde l'évolution des symptùiu* >. Dans des cas rares, la socondo incubation peut et c plus longue; d'après Keyes^ de quatre ou cinq nuis {Op. cit., p. lOlV

premières observations scientifiques à ce sujet ont été faites par Grassi, sous la direction de Ricord (1}. Grassi entreprit un certain nombre d'analyses chimiques du sang pris sur des individus porteurs d'ulcères vénériens, et trouva que, lorsque ces ulcères n'étaient pas suivis de manifestations syphilitiques subséquentes (chancroïdes),le sang restait normal ; tandis que dan ■« les cas où des symptômes généralisés succédaient à l'ulcère (chancre), le sang présentait une diminution de la masse des globules d une augmentation proportionnelle des éléments albumineux. Les résultats de Grassi furent confirmés par Wilbouchewitck, de Moscou (2), qui, voulant étudier l'influence du mercure sur lu composition du sang, commença par étudier sa constitution avant l'administration du médicament et pendant l'existence du chancre.

Dans dix cas étudiés par Wilbouchewitck, la diminution moyenne des globules rouges élait de 638,870 (le chiffre normal étant de 4,200,000 à 6,477,000), l'accroissement des corpuscules blancs était de 550, la proportion étant d'un globule blanc pour 448 rouges, au lieu d*uii blanc pour 530 rouges, la proportion normale moyenne.

Naturellement cet appauvrissement du sang doit déterminer différents symptômes caractéristiques; aussi voyons-nous dans quelques cas des troubles circulatoires, de l'irrégularité dans l'action du cœur, des bruits dans les grands vaisseaux, de la p&leur^ des épistaxis, et quelque-

(I) Ricorti, Leçjfis sur le chancre, T éd., p. 184.

[^1) De Vinfluencc des préparations mercuridles siif* il ric^icsse du sang en globules rouges c' en globn es blancs 'Ardi. de Ihysloluj., pages 009 LOT; IS7i}.

ARTHUR VAN HARLINGEN. — SYPHILIS

fois de l'œdème des extrémités inférieures. De plus, un malaise général, une diminution de l*énergie, un sentiment constant de fatigue ; des symptômes nerveux, tels que vertige, insomnie et céphalalgie, surtout dans la région temporofrontale; des douleurs vagues et diffuses de différentes espèces, quelquefois musculaires, donnant naissance à un faux torticolis, à de la pleurodynie ou à du lombago, d'autres fois concentrées dans les jointures ou dans la continuité des 08 longs; en un mot quelques-uns des symptômes, ou tous les symptômes de l'anémie. Ces signes d'anémie ne sont pas bien marqués dans tous les cas de syphilis précoce; dans les cas de gravité moyenne pourtant on constate presque toujours l'un quelconque de ces symptômes.

FIÈVRE SYPDILITIQVE.

n y a peu de cas de syphilis qui, soumis à une observation attentive, ne présentent quelque mouvement fébrile, et parfois la fièvre joue un rôle prédominant C'est quelquefois le symptôme principal que le malade rappelle plus tard, quand on l'interroge sur les débuts de sa maladie. La fièvre syphilitique apparaît habituellement du cinquantième au soixante-cinquième jour après la contagion, peut-être en moyenne de la troisième à la cinquième semaine après l'apparition du chancre. L*explosion de cette fièvre est ordinairement précédée par un ou deux jours de céphalalgie et de prostration, suivie d'un frisson plus ou moins violent. La température oscille communément entre 100»,4 et 102»,2 F. ; dans quelques cas rares, elle peut atteindre 104% 104» ,9 et môme 105®,4. (Fournier cite même un cas où la température atteignit iOl^.)

Courteaux (i) décrit trois variétés distinctes de fièvre syphilitique.

i^ La /lèvreintermt^fente, comprenant une série d'accès isolés avec des intervalles d'apyreeix complète, est la plus commune. Ces accès ressemblent extrêmement à ceux de la fièvre intermittente paludéenne. Ils débutent ordinairement

(1) Courteaux, Thèse de Paris, 1871, écrite sous Pinspiration d'Alfred Fournier {Annales de Dermatologie et deSyphiligraphie^ t. III, p. 213). — De plus, voir Guntz, Dassyphiliiische Fv'ber, Leipzig, 1873; Bremer, Nordiskt med, JrA., 1874, ci Gaz, hebd.^ mars 1875; Vadja, Veber das syphililische Fieber und den Stoffioechsel Suphilitischer {Vierteljahrsschrift /". Dernu u. Syph.^ 3« année, 1875, p. 147), et avec des notes de M. Taylor (AtHihiv of Dermatology, vol. III, 1877, p. 162): enfin, Alf. Fournier, op. cit. y 2» éd., p. r43.

le soir, et durent environ douze heures, revêtant quelquefois le type quotidien, mais plus fréquemment suivant une marche irrégulière. Ken qu'ils présentent les stades habituels de frisson, chaleur et sueurs, ces stades sont moins complets et moins réguliers que dans la Traie fièvre intermittente, les stades de frisson et de snear étant à peine perceptibles, et étant rarement remarqués par les malades, qui se plaignent de la fièvre seulement Ce qu'on observe communément, c'est une fièvre continue, interrompue transitoirement par des frissons intermittents, les sueurs se montrant aussi de temps en temps pendant les accès. La rate n'est pas augmentée de volume. Cette forme de fiéwesyphUUiqtte cède facUemenl à Vinftuenee du nurctire, fnais e$t entièrement insensible à la quinine m

Comme il est très facile de confondre la fièvre intermittente paludéenne et la fièvre syphilitique intermittente, et comme le diagnostic, quand il est possible, est très important à foire, j'adjoins ici le tableau suivant des signes comparatifs des deux fièvres, emprunté à Alf. Fournier (i):

Fiètfre ûiermittente syphilitique.

1. Presque toujours quotidienne, et ne prenant pa> le type tierce ou autre.

2« Presque toujours nocturne.

3. Accès généralement incomplets,ne comprenant pas les trois stades classiques, le stade de frisson et de sueur manquant habituellement, le stade de chaleur étant le plus marqué.

4. Accès presque toujours irréguliers, les stades étant confondus on intervertis, et les symptômes des différents stades associés.

5. Accès très variables de forme et de caractère général, diffèrent d*un cas à Tautre, on dans le même cas aux différents moments.

Fiètfre intermiOade paludéenne.

1. Quelquefois quotidienne, mais plus sonvent tierce, spécialement dans les formes bien marquées et au début.

Page 1