Accès généralement assez prolongés
7. Presque inTtriablement augmentation do volume appréciable de la rat c.
8. Accès cédant à la quinine, mais non influencés par le mercure.
2* La forme continue de la fièvre syphilitique avec exacerbations s'accompagne ordinairement d'une asthénie générale, qui lui donne une apparence très semblable à celle de la fièvre typhoïde. Dans d'autres cas, la température (104<> F. et plus), la fréquence du pouls, la rougeur extrême du visage, la céphalalgie, la rachialgie et la prostration générale, tous ces symptômes font ressembler Taccès à la fièvre prodromiqne de la variole, au point que, même après la découverte d'un chancre, le diagnostic peut rester en suspens jusqu'au quatrième jour. Quand, comme il arrive quelquefois, l'éruption d'une sypbilide à petites pustules se produit au milieu de la fièvre, le diagnostic devient extrêmement difficile ; et j'ai vu dans plusieurs cas des praticiens d'expérience et de valeur entièrement déroutés pendant quelque temps. Les rapports de nos hôpitaux de varioleux contiennent des faits semblables; des individus ont été admis à l'hôpital pendant une épidémie comme atteints de variole, lesquels quelques jours plus tard présentaient des signes indubitables de syphilis.
Il existe pourtant un fait important à signaler au point de vue du diagnostic, nous voulons parler de Uaccomplissement normal des fonctions les plus importantes de l'économie en dépit de l'intensité du processus morbide. Souvent, par exemple, l'appétit est conservé, la langue garde sa coloration normale, et les selles sont régulières chez des malades dont le pouls bat avec une fréquence fébrile. Gamberini a noté l'absence de la soif, et Vadja a observé que les dépôts urinaires n'indiquent aucunement le degré du trouble de l'assimilation, auquel on doit s'attendre avec une température élevée. De plus on ne trouve pas de râles dans la poitrine, comme dans la fièvre typhoïde ; pas de sécrétion exagérée des larmes, pas de conjonctivite, pas de corysa, comme dans la rougeole ; pas d'angine,
comme dans la scarlatine ; pas de sueurs pro« fuses, comme dans la fièvre rhumatismale.
3<> La forme ambiguë de la fièvre syphilitique est beaucoup moins fréquente que les deux premières variétés. Elle ne se prête guère à la description, passant et repassant d'une forme à une autre, de la continuité à l'intermittence, une intermittence capricieuse, d'un caractère Indéterminé, et grandement prolongée.
Diagnostic de la fièvre syphilitique.
Nous nous sommes déjà étendus sur le diagnostic difi'ércntiel de la forme intermittente de la fièvre syphilitique et delà fièvre intermittente proprement dite. La fièvre syphilitique à type continu peut être prise pour une variole, comme nous l'avons dit, ainsi que pour une fièvre typhoïde et un rhumatisme. Nous nous occuperons plus tard du diagnostic avec la variole à propos de syphilides papuleuses et pustuleuses, car c'est seulement quand ces syphilides existent que l'erreur peut être commise. La fièvre syphilitique se distingue de la fièvre typhoïde par l'ab- ' sence d'épistaxis au début, de la stupeur, des troubles intestinaux (diarrhée, gargouillement dans la fosse iliaque, météorisme etc.), d'enduit buccal, des râles bronchiques, de gonflement de la rate, de taches rosées lenticulaires, etc.
Dans un certain nombre de cas, quand la fièvre syphilitique s'accompagne de ce que Fournicr désigne sous le nom de pseudo^humatisme secondaire j elle simule à s'y méprendre une fièvre rhumatismale subaiguë, et le diagnostic ne peut être fait qu'après un examen des plus attentifs, portant surtout sur la corrélation ou l'indépendance des symptômes fébriles et articulaires ; on verra si ces symptômes articulaires ne se sont pas développés chez un rhumatisant et BOUS l'influence d'un rhumatisme existant; s'ils ont les caractères des afi'ections articulaires syphiUtiques (i) plutôt que ceux du rhumatisme
(1) Air. Fournier assigne aux affections articulaires syphilitiques les caractères suivants : Tépanchement est moins aigu et moins inflammatoire, touTont même il est insignifiant (beaucoup de cas de syphilis articolaire ne sont que des cas d'arthralgie simple, sans tuméfaction, sans rougeur, sans épanchement, sans lésion appréciable); les arthropathies sont plus fixes; elles ne sont ni aussi mobiles ni aussi multiples que dans le rhumatisme ; elles présentent très fréquemment des eiacerbations nocturnes; la réaction générale est moins marquée, les symptômes sympathiques moins nombreiu, les sueurs manquent, ainsi que les complications cardiaques^ etc.
ARTHUR VAN HABLINGEN. — SYPHILIS
PS
Yulgaire ; s'ils coïncident avec des symptômes du même ordre mais plus nettement syphilitiques (comme, par exemple, la périostile, la ténosynovite, etc.). En ayant tous ces points présents à Tcsprit, le diagnostic peut dans bien des cas être fait avec quelque degré de certitude. Néanmoins, il se présentera des cas dans lesquels il est simplement impossible de distinguer entre la fièvre syphilitique accompagnée de manifestations rhumatismales et le rhumatisme ordinaire, du moins jusqu'à ce qu'il se présente des symptômes qui fassent disparaître tous les doutes.
Pronostic de la fièvre syphilitique.
La forme intermittente de la fièvre syphilitique a comparativement peu d'importance, mais le type continu, surtout quand il se prolonge pendant un temps considérable, peut déterminer des troubles nutritifs plus ou moios sérieux. Les malades tombent quelquefois dans un état d'anémie, de langueur, d'atonie générale, dont il est difficile de les tirer. Chez les femmes, chez lesquelles ou observe plus souvent que chez ' les hommes les formes graves de la fièvre syphilitique, cet état général se rencontre quelquefois à un degré très marqué : on peut ajouter que les formes graves de la fièvre syphilitique continue sont susceptibles d'ôlre suivies, à une période plus avancée, de lésions syphilitiques viscérales graves.
Traitement de la fièvre syphilitique.
Le mercure, seul ou combiné avec l'iodure de potassium, est le seul médicament qui puisse être administré avec profit dans la fièvre syphilitique. La quinine, l'arsenic, etc., sont entièrement dépourvus de valeur. L'influence du mercure n'est pourtant pas uniforme dans toutes les variétés; tandis qu'il a une action rapide et certaine dans la forme intermittente, il est beaucoup moins énergique et plus lent dans le type continu. Aussi doit-on en donner une dose double ou triple de celle qu'on donne dans la forme intermittente. Le mercure est ordinairement bien supporté dans la fièvre syphilitique, et dans les cas rares où il n'est pas supporté par l'estomac, il peut être administré tous forme de frictions.