AFFECTIONS DU SYSTÈME OSSEUX
Le rapport étroit qui existe entre la moelle des osetles autres éléments lymphatiques a eonduit JuUien h proposer d'expliquer par une elfection de ce tissu médullaire les douleurs ] ostéocopes (âoTiov, os, xomu, frapper, ou bien i«TM«, OS, et xcffow, lasser) qu'on observe à cotte [ période de la syphilis. La fréquence de ce symptôme, ses caractères et les exacerbations nocturnes toutes spéciales auxquelles il est su j et, en font ' on des signes les plus caractéristiques de la ma- ' kdie. Dans quelques cas on ne note pas de symp- ^ tomes objectifs, mais plus fréquemment on ^ observe ceux de la périostite. Ces douleurs se .' montrent ordinairement de bonne heure, quel- ' qaefois avant Tapparition de toute éruption cutanée. Les malades se plaignent de douleurs de difTérents sièges. Les os du crâne, particulièrement le frontal, les côtes, le sternum et le tibia deviennent le siège de petites tumeurs aplaties, d'un à deux centimètres de diamètre, tendues, fermes au toucher, et ordinairement très sensibles et douloureuses à la pression, bien que spontanément indolentes. L'os frontal est^ comme nous l'avons dit, le siège le plus habituel de ces douleurs ; et la sensibilité des tissus est dans quelques cas si vive, que les malades ne peuvent supporter le poids de leur chapeau. C'est généralement la portion moyenne des
MiUivmors bei frischer Syphilis, Deutsch. Arch. f. klin. Med., mai 1874, et Centralàl. f. die med. Wisnntch., 1874, n* 12).
(1) Voir Tantarri, Lymphadenomes syphilitiques de rUihme du gosier (Rmsta di med,, etc. Milan, avril
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côtes et le tiers inférieur de sternum qui est le siège de la plus grande sensibilité; la douleur du tiers in rérieur du sternum est d'un puissant secours pour le diagnostic à cause de sa constance. On a dit que cette sensibilité des côtes expliquait, jusqu'à un certain point la production de cette forme de dyspnée, connue sous lo nom ' d^asthme sypMlitiquef qu'on observe de temps en temps à cette période de la syphilis. Cette forme précoce de périostite guérit ordinairement spontanément au bout d'un mois h six semaines; mais de temps en temps, dans les cas de syphilis maligne précoce, elle se termine par nécrose.
Une autre forme d'affection osseuse précoce, connue sous le nom de périostite, consiste essentiellement dans le développement de lésions osseuses avec inflammation. C'est ordinairement un symptôme très précoce ; l'origine peut en être un traumatisme, qui détermine d'abord une périostite limitée, laquelle peut ensuite produire la lésion syphilitique.
Popescu (i) indique les sièges habituels de ces lésions dans le tableau suivant :
EUes sont sitaéet sur
le frontal dans
le tibia dans
les côtes dans
les pariétaux dans
les cnbitos, radius, clavicule, maxillaire inférieur^
sternum dans
le temporal, le premier métatarsien, le péroné, l'occiput dans
27,9 0/0 des cas 16,3 0/0 13,9 0/0 9,3 0/0
Ces tumeurs sont sensibles à la pression, et spontanément pendant la nuit ; cette douleur est contusive. Fréquemment elles siègent sur les os du crftne, et empêchent alors l'usage du peigne, et sur la crête du tibia, où elles ne dépassent pas les dimensions d'un pois ; ces petites tumeurs osseuses ^sont d'un grand secours pour le diagnostic de la syphilis latente. Sous l'influence du traitement ces lésions disparaissent ; mais, quand elles ne sont pas traitées, elles persistent indéfiniment