‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 252 sur 343 · AFFECTIONS DU FOIE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DU FOIE

L'ictère, qui accompagne quelquefois les éruptions précoces de la syphilis, a été décrit par

(1) Popescu, Thèse de Pari% 1873.

ARTHUR VAN HARLINGEN. -- SYPHILIS

Gabier, Foville, Lacombe et Delararenne (1). Il semble cependant, d*aprës ce dernier auteur, que cette entité morbide est en réalité une affection du foie, accompagnée ou non d'un ictère, qui se trouve ainsi réduit à n'avoir que la valeur d'un symptôme. Cette affection hépatique précoce se présente, soit sous la formed'une hypertrophie simple, soit sous la forme d'une hypertrophie accompagnée d'ictère ou de douleur, ou de ces deux symptômes à la fois . Elle s'observe dans les deux sexes et à tous les Ages, et se montre habituellement de six semaines à deux mois après l'infection. Le foie prend un volume très considérable, l'organe étant en entier atteint ; sa surface reste lisse et dure. La durée moyenne de cette hypertrophie est de deux mois et demi à trois mois et demi. Dans tous les cas publiés qui ont été suivis, le foie est complètement revenu à son volume normal.

L'ictère est mentionné dans la plupart des cas d'affection hépatique syphilitique, mais la cause de ce symptôme n'a pas été expliquée d'une manière satisfaisante. JuUien (2) croit qu'il est dû à un catarrhe des conduits biliaires, propagé du canal gastro- intestinal, tandis que Delavarenne ratlril\ue à une infiltration d'éléments embryonnaires, due à l'influence directe du virus syphitique*, et donnant naissance à une occlusion plus ou moins complète de ces conduits. On observe, en môme temps que le dépôt de matière colorante dans la peau, la conjonctive et l'urine, d'autres symptômes connexes, tels que des troubles gastriques, de la diminution de l'appétit, quelquefois une légère réaction fébrile et presque toujours un certain degré de malaise et de céphalalgie.

La douleur, qui accompagne habituellement l'hypertrophie du foie et l'ictère, révèle un élément inflammatoire dans le processus morbide. Quelquefois on observe d'abord de la gène seulement, comme une sensation de poids à l'bypogastre, qui se transforme rapidement en douleur; d'autres fois, on observe dès le début une douleur, soit spontanée, et alors sourde et intermittente, soit provoquée par la percussion ou le palper par exemple, et alors aiguë.

Les symptômes concomitants de l'hypertrophie syphilitique précoce du foie sont importants au point de vue du diagnostic. On trouve invariablement avec cette affection hépatique des plaques muqueuses delà gorge et des syphilides

(1) Delavarenne, Essai sur la syphilis du foie chez r adulte. Paris, 1870.

(2) JuUien, op. «7., p. 052.

érythémateuses ou papuleoses. L'ictère traité dure six semaines environ, mais l'hypertrophie ne met pas moins de trois mois ordinairement à disparaître. L'affection en elle-même n'est pas grave, mais on prétend qu*eUe présage une syphilis grave, et elle est susceptible de réapparaître plus tard sous une forme plus sérieiise. Le traitement est celui de la syphilis en général.

TROUBLES DES FONCTIOIfS UBINAIEBS.

Valhuminurie a été notée plusieurs fois comme un symptôme de la syphilis précoce (1), mais, sauf peut-être dans des cas exceptionnels, la connexion entre l'affection rénale et la maladie générale n'a pas été démontrée.

La glycosurie cependant a été mise au rang des symptômes de début de la syphilis : on a publié un certain nombre de cas (2) dans lesquels ce symptôme s'est montré concurremment avec des syphilides précoces, et a disparu en même temps que les lésions cutanées, sous l'influence d'un traitement antisyphilitique.

TROUBLES DES FONCTIOlfS UTÉRUIBS.

Ces troubles sont, sous beaucoup de rapports, analogues à ceux auxquels Fanémie commune donne naissance chez les femmes, ainsi qu'à ceux que détermine l'influence lente de certaines substances toxiques, telles que le plomb (Jullien). La leucorrhée et la névralgi» utérine, ainsi que les troubles menstruels sont au nombre des troubles les plus communs des fonctions utérines. Il existe presque toujours de la dysménorrhée dans les formes graves de la syphilis. Il est bon de s'en souvenir, pour éviter des erreurs de diagnostic dans les cas d'aménorrhée prolongée due à la syphilis.

Mais c'est l'utérus gravide qui ressent le plus violemment l'influence du virus syphilitique. Malheureusement, la stérilité syphUi^qite de ce^ tains auteurs n'a pas d'existence réelle, et il n'arrive que trop souvent que des femmes syphilitiques deviennent enceintes pendant que

(1) Guiol, Essai sur talbuminurie syphliiique (th. do Paris, 1861); Gailleton, Albuminurie syphilUiçw coïncidant avec des accidents secondaires {GiomaU italiano délie malattie veneree, t. I, p. 95, 1869).

(2) Principalement par Dub, de Prague, Prâger Vierteljahrs. f. d. prakt. Heilk., 1863; Seegen, ^ Diabètes mellitus auf Grundloge zahtreicher Beobaektungen. Beriin, 1875; et Senrantie, Des rapports du diabète et de la syphilis. Thèse de Paris, 1876.

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