‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 260 sur 343 · SYPHILIS DES APPENDICES DE LA PEAU. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

SYPHILIS DES APPENDICES DE LA PEAU. — TRAITEMENT

le devient séc, friable, se fissure ;la portion présente des sillons transversaux, et Fone brise et se fendille à la moindre pression Xa moindre violence extérieure. C'est une LCeslation précoce, et elle peut durer très temps {onyxis craquelée).

le autre forme, qu'on rencontre quelque- ^t ïonyxis hypertrophique. L'ongle peut pré- ^T trois ou quatre fois son épaisseur nor- ^, il prend une teinte grisâtre ou jaunâtre, ^iivre de sillons transversaux ou longitudic , son bord libre peut se courber et prendre carence d'une corne, ou s'épaissir et se terer par un bord raboteux et lamelleux. Un ou fteurs ongles peuvent être atteints. Commulent cette affection se développe en même ^ que d'autres symptômes généraux préco- ;. Tongle malade est graduellement remplacé un ongle sain, quand l'économie recouvre état normal sous l'influence du traitement Btitulionnel. De temps en temps Uonyxis a I marche plus lente, résiste au traitement, et liste pendant des mois après la disparition autres symptômes.

be troisième forme d'onyxis est celle dans lelle, la matrice de l'ongle étant atteinte, partie de l'ongle se détache, se sépare grallement et tombe. Assez souvent c'est à sa ne que l'ongle se détache d'abord ; il est alors à peu poussé en avant, laissant la matrice leuse et indurée, incomplètement recouverte unière par une production cornée. L'ongle se ^nëre peu à peu, et au bout d'un certain temps, esure que la santé générale fait dès progrès, 3Dgle sain prend la place de l'ongle malade, ncune des affections des ongles ci-dessus rites n'est douloureuse ; elles n'ont d'imporce qu'au point de vue de la difformité qu'elles duisent, et comme témoignage de l'état géal de l'économie.

PERIONTXIS.

luand une papule syphilitique se développe is le repli cutané qui borde l'ongle, Tépiderhyperlrophié se fissure, devient plus ou :ns corné, et s'exfolie, formant une sorte de ionyxis sec, squameux, non douloureux, qui, 1 qu'extrêmement persistant, ne cause aue gêne, à moins qu'il ne soit piqué ou irrité le malade ; auquel cas il peut s'ulcérer. Une :e forme de périonyxis débute par un gonlent périunguéal, semblable à une tourniolc inaîre ; l'extrémité du doigt se gonfle plus ou ins, et prend une couleur groseille ou cui-

vrée. Le processus subinflammatoire marche lentement et sans causer de douleur, différant sous ce rapport de celui de la tourniole, qui a une marche aiguë et est douloureuse. Ce périonyxis ne se termine jamais par un abcès ; il finit par se résoudre, mais quelquefois s'ulcère superficiellement, formant un périonyxis ulcératif.

Le périonyxis ulcératif est caractérisé par une perle de substance d'une étendue variable, affectant les bords, les côtés ou l'extrémité libre de l'ongle, ou la pulpe du doigt. Cette ulcération a mauvaise mine, elle est couverte d'un pus sanieux, et les tissus voisins gonflés sont d'une couleur sombre et plus ou moins livides. Cette forme de périonyxis, quand elle se montre sur les orteils, est facilement confondue avec l'ongle incarné, mais l'étendue du gonflement, son caractère d'indolence et l'extension de l'ulcération donnent à la lésion son caractère. Le périonyxis peut se compliquer d'onyxis ; l'ongle se sépare entièrement du en partie, le doigt augmente beaucoup de volume, et se couvre de granulations ulcéreuses et fongueuses. Après une très longue période, la réparation se produit ; l'ongle se renouvelle entièrement ou en partie, mais son apparence est rarement normale ; ou bien, quand la matrice a été presque entièrement détruite, il reste à la place de l'ongle normal, une surface dure, raboteuse, noueuse.

Traitement.

Le traitement de la forme sèche de l'onyxis et du périonyxis est le traitement général des premières périodes de la syphilis. Le meilleur traitement de la forme inflammatoire est l'occlusion au moyen de l'emplâtre de Vigo (i), et

(1) L*emplàtre de Vigo, autrefois très employé, est composé de : empl&tre simple 2000, cire jaune 100, poix résine purifiée 100, gomme résine ammoniaque 30, bdellium 30, oliban 30, myrrhe 20, poudre de safran 20, mercure 600, térébenthine 100, styrax liquide purifié 300, huile volatile de lavande 10. La gomme, la résine et le safran mis en poudre sont incorporés au styrax et il la térébenthine dans un mortier de fer. L'empl&tre est alors mêlé à la cire et à la résine, puis les poudres et Thuile volatile sont ajoutés au mélange. Quand Templ&tre est refroidi^ mais est encore liquide, le mélange mercuriel doit y être Incorporé. On remplace maintenant cet emplâtre généralement par Templàtre ammoniacal mercuriel de la pharmacopée américaine. L'adjonction de la pommade mercurielle au diachylon, constitue, d'après Bumstead et Taylor, un topique plus adoucissant et plus efficace que Templàire mercuriel ordinaire ou Templitre de Vigo.

ARTHUR VAN HARLINGEN. - SYPHILIS

po

remploi des antiphlogistiques ordinaires. Une fois que rulcération est produite, la guérison est extrêmement difficile. Jullien dit que c'est u un des problèmes thérapeutiques les plus embarrassants », et mon expérience personnelle confirme entièrement cette opinion. Parmi les médicaments les plus recommandables, on peut citer la solution au cinquième de nitrate d'argent. On bourre les cavités ulcéreuses avec de la charpie trempée dans cette solution (Diday). Fournier recommande la poudre d'iodoformc, et Vanzetti de Padoue, la poudre de nitrate de plomb. On a aussi conseillé le camphre et Falun. Bumstead et Taylor conseillent les solutions fortes de potasse caustique, pour réprimer les granulations exubérantes de la matrice. Ils conseillent également l'immersion prolongée de la main dans de l'eau chaude contenant du borax, pour diminuer le gonflement et la suppuration. Une compression graduelle, faite avec soin, peut être avantageuse ; quand il y a de l'inflammation on peut avoir recours aux adoucissants, à la pommade belladonée par exemple, ou à la pommade de Goulard. La propreté la plus minutieuse est indispensable, et les différents topiques sus-mentionnés, ainsi que d'autres, doivent être essayés à tour de rôle dans les cas rebelles (1).

ALOPÉCIE.

La chute des cheveux, sans lésion spéciale du tégument, peut être la suite du trouble nutritif déterminé par la syphilis. Les cheveux deviennent ternes, secs, et le malade, comme dit Diday, a l'air de porter perruque. A la moindre traction les cheveux s'en vont par poignée. Le sourcil est très communément le siège de cette alopécie; souvent un segment tout entier de sourcil est

(1) Voir Victor de Méric, Syphilitic affectvns of Ihe nails {Brit. med. journ.f I8C5, p. 4S) ; Betz, Treatment of syphiiitic perionyxis by occlusion {Giorn. ital. délie mal. ven., 1868, t. III, p. 180); Deîattrc, Treatment of ojii/xis {Giojm. ital. délie mal. ven., 18G8, t. II, p. a:o) ; Era. Kohn, Zur Pathologie und Thérapie der syphilitischer Nagelerh'ankungen {Wieu. mcd. Presse^ 1870, XI, 24, 37, 28); Diday, Traitement du perionyxis ulcéreux {Annales de Dermatologie et de Syph.^ 1871, t. III, p. 18*'); Fournier, De l'alopécie, de lonyxis et du perionyxis comme accidents de la pénode secondaire de la syphilis {Annales de Dermatologie et deSyph., 1871, t. m. p. 12); Bcrgh. Si/philitic affections of the nails {Hosp. Tidenrf., 1880, VII, n*» 46, 47. Extrait in Archiv of Dermafology, vol. VII, 1881. p. 33U) ; llutcliinson, Discases of the 7iails {Med. Times and Gaz,, 20 avril 1878).

complètement dépouillé de cheFeux. Celle alc« pécie du sourcil est regardée par Fouroier comme pathognomonique de la syphilis, mèoM quand elle existe seule. Quelquefois on conitale une alopécie générale, non seulement du coir chevelu, mais des sourcils, des cils, de la barbe, du pubis, etc. Mais même dans les cas où k cuir chevelu est devenu presque chauve sou l'influence de la syphilis (I), on peut espénr que la chevelure repoussera complëtemeDt,i Fétat général s'améliore sous rinflnence il traitement spécifique ; U en est de même éi Talopécie de tout autre siège. Malgré Ft^iniM courante, qui régne pourtant pins en Eurof^ où les notions populaires sur la syphilis soot plus générales sinon plus exactes qa*en Aoiéri* que, que la calvitie précoce est due à la syphifii, il n'en est aucunement ainsi. L'alopécie 9f* phililique, sous la forme que nons TenoDS et décrire, est la variété la plus cnrable de edte affection.

Une autre forme d'alopécie syphilitique ait celle qui est due aux éruptions syphilitiques da cuir chevelu. Les syphilides acnéiforme et pas» tuleuse de cette région ne sont pas rares, roèina au début de la maladie ; une des questions tel plus communes qu'on pose à un malade soupçonné de syphilis est celle-ci : « Aves-voos eu des croûtes dans les cheveux, ou avez-vous per du vos cheveux ? » Les éruptions papuleuses et pustuleuses peuvent déterminer de l'alopécie, mais cette variété, connue la première, n'est que temporaire ; les cheveux repoussent, quaod les syphilides guérissent^ sauf dans les cas d'éruptions pustuleuses qui peuvent détruire les follicules pileux.

Une troisième variété d'alopécie syphilitique est l'alopécie tardive, due à des ulcérations do cuir chevelu ayant détruit les follicules. Cette variété est naturellement irrémédiable.

L'alopécie syphilitique ne réclame pas d'autre traitement que le traitement général pour guérir complètement; néanmoins, pour rassurer le malade, et aussi pent être pour hâter le retour de l'état normal, on peut employer avec avantage quelques topiques (2).

(1) Alfred Fournier cite an malade, qui, à un eertiio moment de son alopécie, n'avait plas sar U tète qi* dix-sept cbeveai.

(2) Voir Dulaurier, Alopécie; guérison par Ut pré' parations mercurielles {Gaz. des hôp.^ 1864, p. 310); Donet, Syphilis constitutionnelle; Alopécie {Gaz. det hôp., 186i, p. 2;»9); Alf. Fournier, de Vahpécieji tonyxis et du p 'rionyxis comme accidents de la fi riode secondaire de la syphilis [Annalei de Derwet»'

SYPHILIS DES MUQUEUSES, 'ant esi un bon tonique du cuir chc-

intore de cantharidc 20 grammes.

Inture de capsicum 8 —

ftle de ricin 20 —

m de Cologne jusqu'à 125 —

Dans quelques cas la pommade suivante vaut mieux :

Moelle de bœuf 15 grammes.

Teinture de cantharide XX gouttes.

Sublimé 0 gr. 03.

Essence de roses II gouttes.

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