SYPHILIS DES PAUPIÈRES ET DE L*APPAREIL LACRYMAL (I
Les diflférents tissus qui constituent les pau pières peuvent être le siège de diferses lésions syphilitiques. On a rapporté des cas de chancres des paupières ; les syphilides peuvent siéger sur la peau des paupières ; des papules ou des plaques muqueuses peuvent se montrer au niyeau de la commissure ; les glandes peuvent être intéressées et déterminer de la blépharite ; les gommes de Tangle de Tœil ne sont pas très rares. La plupart de ces lésions se distinguent facilement des affections non syphilitiques auxquelles elles ressemblent. Il existe une forme d'ulcération tardive qui se montre près du bord libre des paupières, qu'on peut facilement prendre pour de Vophthalmie tarsienne ou du cancer épUhélial, mais les commémbratifs, et en dernier ressort le traitement, serviront à établir le diagnostic. Bumslead dit que des nodules gommeux ulcéreux du volume d'un petit pois à celui d'une aveline se rencontrent sur les paupières ; la peau qui les recouvre reste sans changement de coloration ou d'aspect. Ils peuvent quelquefois rester sans modifications pendant une période considérable, et on peut les prendre pour des tumeurs tarsiennes ou meibO' miennes. Elles disparaissent ordinairement sous l'influence des antisyphilitiques, surtout des mercuriaux.
L'inflammation syphilitique àes eariiiagei tÊr» ses est caractérisée par un épaississement dû à l'infiltration inflammatoire du cartHage* qd garde ordinairement sa forme, et au gooflement de la paupière, dont la peau peut être ou ne pas être atteinte. Le cartilage perd quelquefois soo élasticité normale. L'affection est tenace, eDe dure des semaines et des mois, et peut être suivie de la chute des cils.
Les affections des canaux lacrymaux ont été décrites avec soin par divers auteurs, parmi lesquels Gustave Lagneau(l) ; selon cet auteur, dles sont généralement dues à des lésions osseuses : périostite, exostose, carie ou nécrose : plus rarement elles sont dues à quelque lésion des parties molles. Le principal signe diagnostique est la présence d'un gonflement résistant, d'une inda« ration osseuse sentie par le toucher au niveau de la partie inférieure et interne de l'orbite, oa par la sonde dans le canal nasaL L'aspect sy^ litique de l'orifice cutané de la fistule» quand Q en existe une ; la coïncidence de lésions syphilitiques tardives dans le voisinage ou aiUeurs ; les commémoratifs jettent également delà lumière sur la nature de l'affection. La marche estleote, quelquefois traversée par des inflammations érysipélatoïdes. Le traitement interne, empbyé de bonne heure, est très efficace.