SYPHILIS DU FOIE
SYPHILIS HEPATIQUE PRECOCE.
Les manifestations précoces de la syphilis sur le foie ont déjà été décrites, mais celles qui se déTeloppent plus tardivement ont une plus grande importance et méritent une discussion plus complète. A la période, qu'on peut appeler le stade moyen des premiers temps de la syphilis, le foie est quelquefois atteint de la même mamère qu'au début, mais à un degré un peu plus marqué. On rencontre celte forme de syphilis hépatique deux mois et demi à trois mois après la première explosion des symptômes générasses ; elle s'accompagne de l'hypertrophie du foie, de douleur et quelquefois d'ictère, en même temps que d'autres symptômes concomitants : le foie commence à se développer de bonne heure, et continue à augmenter de folnme jusqu'au moment où l'on commence le traitement, n reste stationnaire pendant quelque temps sous son influence, puis commence à diminuer, mais avec des interruptions dues à des retours de congestions, des alternatives d'amélioration et d'aggravation se produisant sans cause ostensible. Le volume du foie est variable, mais dans quelques cas l'organe pent descendre de deux travers de doigts audessous des fausses côtes jusqu'au niveau de Pombilic, en formant une tumeur plus ou moins proéminente au niveau de la ligne du sternum.
La douleur est constante; une sensation de poids dans l'hypochondre, de la difficulté dans k locomotion qui aggrave la douleur, des exaeerbations douloureuses avec élancements à la percussion on à la palpation, tels sont les symptômes caractéristiques. La douleur cesse avant qoe l'hypertrophie ait été entièrement réduite par le traitement.
L'ictère n'est pas un symptôme constant. Qoand il existe, il se montre après l'hypertropUe Qt la douleur, et disparait avec ces manifestations, n est très prononcé, l'urine est rare,
(OYolrdans A. Fonmier (op. cit.) une observation Bootimnt d*une manière frappante la earabilité de cette •iMtieB.
colorée par la bile, les garde-robes ressemblent à de la glaise, mais aucun de ces symptômes ne persiste plus de quelques jours après que ie traitement a été commencé.
Gomme nous l'avons déjà fait observer, en traitant des formes précoces de la syphilis hépatique, on n'observe aucun catarrhe gastrique et intestinal. Les troubles digestifs observés sont postérieurs à l'apparition du désordre hépatique, et sont dus à l'état du foie. On observe de la perte de l'appétit, mais la langue reste humide et garde son aspect normaL La digestion est lente et difflcile ; elle s'accompagne d'une sensation de poids et de gène à l'épigastre, et de tendance à la constipation. Les autres symptômes de la syphilis, les éruptions, la céphalalgie, etc., réapparaissent ou se déclarent en même temps que le désordre hépatique, et on a observé que, dans quelques cas, la rate et les reins sont atteints en même temps.
Diagnostic.
Le diagnostic de cette forme de la syphilis du foie, laquelle n'est pas une affection commune, si on en juge par les rares observations qu'on en a publiées, doit être fait surtoutparexclusion.il n'y a guère de maladie, sauf la syphilis, qui puisse produire cette affection subchroniquo du foie ; naturellement la coïncidence d'autres accidents syphilitiques sera d'un grand secours.
Pronostic.
Le pronostic est plus sérieux que dans la forme précoce ; les attaques congestives répétées et les rechutes qui marquent le cours de cette affection, montrent que chez le malade le foie est un locus minoris resistentiœ, et est susceptible de devenir le siège de nouvelles manifestations syphilitiques plus sérieuses. La coïncidence d'autres manifestations viscérales, et le fait que, lorsque des syphilides existent en môme temps, elles appartiennent souvent au type dit précoce et moûn, indiquent également que l'afTection en question est sérieuse
ARTnun VAN HABLINGEN. — SYPHILIS.
Traitement.
Le traitement doit ôtrc prompt et énergique : il faut s'efTorcer de tonifier le malade , en même temps qu'on lui administrera les spécifiques à haute dose. C'est au traitement mixte qu'il faut avoir recours, et, pour épargner l'estomac autant que possible, il faut continuer les frictions mercurielles avec l'administration de riodurc de potassium à l'intérieur ; on commencera par 30 centigrammes trois fois par Jour, donnés immédiatement après le repas, et on augmentera rapidement les doses jusqu'à 60 centigrammes ou davantage, en ayant soin d'éviter l'irritation de l'estomac (Voir les remarques sur le traitement). Les toniques, comme le fer et la quinine, une nourriture réparatrice, des douches et d'autres bains, le changement d'air et de lieu peuvent être nécessaires. Il faut se souvenir que ce n'est pas seulement un hépatique qu'on a à traiter, mais aussi un malade empoisonné par une syphilis exceptionnellement grave, laquelle peut menacer la vie à une époque avancée, si les manifestations précoces ne sont pas dépouillées de leur virulence et complètement éteintes.
On peut employer divers révulsifs comme traitement local. Les ventouses sèches, puis scarifiées, sont peut-être ceux qui donnent les meilleurs résultats. 11 ne faut pas oublier que, même après que le malade paraît guéri, il peut survenir des rechutes, et que le traitement antisyphilitique doit être continué pendant longtemps, ou, si la chose est impossible, être repris par intervalles pendant de courtes périodes.