SYPHILIS DES ARTICULATIONS
L'étude de l'arthrite syphilitique a été commencée par Richet dans sa monographie classique publiée en 1853 (1), mais nos connaissances à ce sujet ont été augmentées par les travaux de Lanceraux et d'autres auteurs.
L'arthrite syphilitique est une manifestation très tardive de la syphilis ; elle apparaît souvent dix, douze ou même vingt ans après l'infection, et diffère de arthropathies du début surtout parce qu'elle reste confinée ordinairement à une seule articulation. L'articulation du genou, en particulier du genou gauche, est le siège le plus commun de cette affection ; mais fréquemment le poignet, le coude, la cheville, Tarticulation temporo- maxillaire, la hanche, etc.. sont atteints.
L'arthrite syphilitique a son point de départ soit dans la synoviale et les tissus fibreux de l'articulation, soit dans les os et le périoste. Dans le tissu cellulaire sous-synovial et dans celui de la capsule, l'affection syphilitique se
(1) Richet, Mémoire sur les tumeurs blanches {Mémoires de l'Académie de médecine. Paris, 1853, tome XVII, p. 37).
présente sous forme de petites masses jaunfttres sèches, élastiques, un peu molles. Secondairement se produit de l'érosion des cartilages, due selon toute probabilité à ce que les tissus synoviaux et fibreux, dont leur nutrition dépend, sont malades: Il y a presque toujours de l'épanchôment dans l'articulation. Dans un cas où l'examen fut fait, le liquide de l'épanchement était épais, filandreux, trouble et très fibrineax. Sous le microscope on trouva des globules amorphes, des cellules épithéliales et des globules rouges altérés, contenus dans un réseau albumineux abondant.
Les lésions osseuses liées aux lésions articolaires prennent la forme de tumeurs, hypérostoses uniformes du tissu spongieux des os dues à une ostéo-périostite plus ou moins intense. U est rare que la surface articulaire tout entière soit malade; l'affection est ordinairement ci^ consente.
JuUien pense que la synovite tardive peot être un résultat éloigné des lésions syphilitiques précoces de l'articulation. En tous cas, raffeclioo débute lentement et insidieusement, et est d'abord méconnue. Au bout d'un certaiu temps b
SYPHILIS DES BOURSES SEREUSES. -TRÂltEMEiNT.
re devient le siège d'une certaine raideur lie certaine tension ; puis il se produit )anchement. La disparition et la réappades symptômes congestifs qui donnent nce à cette hydarthrose sont au nombre ^nes les plus certains de rorigine syphilile TafTection. La palpation Tévèlc quel- 3 Texistence de plaques sclérosées dans fnoviales, de petites gommes molles, lies dans les tissus péri-articulaires. On , en outre, tous les signes ordinaires de 'throse. Il y a très peu de symptômes réac- Is, et à peine de douleur, soit spontanée, a pression, soit due aux mouvements. Si 5 le malade présente des signes généraux hilis, et si TaiTection cède rapidement au lent spéciQque, même après une certaine il s'agit certainement d'une arthrite sy- [ue.
[que les faits manquent pour établir cette ition, on peut dire pourtant que la forme aie de l'arthrite syphilitique est bénigne, pas de tendance à suppurer ou à s'ul-
ariété osseuse est plus sérieuse. Elle peut nifester brusquement par des douleurs 3s, généralisées d'abord à toute la joinnais se concentrant bientôt en un point. i celle douleur peut être excessive, mais irement elle ne Test pas ; elle se fait la nuit pour disparaître le matin. Le diag-
nostic s'appuiera sur l'examen des extrémiUs osseuses ; les rugosités qu'elles présentent, les nodosités dont elles sont le siège, non nioins que leur augmentation de volume, sont caractéristiques. Quelquefois on trouve de l'allongement de l'un des os qui constitue la jointure. L'épanchement est moins marqué que dans l'autre forme d'arthrite, excepté quand les deux formes coexistent, ce qui n'est pas rare. Il est généralenjpnt nécessaire d'immobiliser le membre malade dans cette espèce d'arthrite syphilitique, et, à moins qu'on ne mette en usage un traitement antisyphililique héroïque» elle peut déterminer des difficultés sérieuses.
Traitement.
Le traitement habituel de l'arthrite syphilitique consiste dans l'administration de l'iodure de potassium à hautes doses, c'est-à-dire depuis 3 grammes jusqu'à 6 grammes par jour. On peut y joindre le mercure, et dans beaucoup de cas, les toniques généraux sont aussi indiqués. Localement, on peut avoir recours à l'emplâtre de Vigo, ou à l'emplâtre ammoniacal cum hydrargtfroy auquel j'ai quelquefois associé avantageusement la compression avec une bande élastique. Les larges vésicatoires pansés avec la pommade mercurioUe sont utiles. Dans les cas d'épanchements considérables, JuUien recommande la ponction aspiratrice.