‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 302 sur 343 · SYPHILIS DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYPHILIS DU SYSTÈME NERVEUX

La plus grande partie de ce que nous savons ! des affections syphilitiques du système nerveux est de date récente, et a été acquis dans ces vingt dernières années. En I859,rÂcadéniie de médecine de Paris donnait pour sujet de concours : « Des affections nerveuses dues à la diathèse sv-

pbilitique.»Trois remarquables monopaphies (i) qui font époque dans les progrès de la syphiligraphie, parurent, et sont encore consultées avec profit pour les matériaux cliniques importants qu'elles renferment. Depuis cette époque, la presse médicale a constamment publié des monographies et même des livres sur la syphilis du système nerveux en nombre toujours croissant; aujourd'hui la littérature ayant trait à cette question est devenue extrêmement riche.

Il nous est évidemment impossible de donner, dans les limites où cet article doit se renfermer, un compte rendu complet des diverses lésions et des différents symptômes de la syphilis du système nerveux. Le plus que nous puissions faire, est de donner une idée générale du sujet, et de renvoyer le lecteur aux sources originales pour plus ample information.

Des affections nerveuses syphilitiques peuvent se montrer dès le sixième mois (2), et jusqu'à la vingtième année après rinfection. On les observe plus communément chez les hommes que ches les femmes; elles apparaissent surtout entre la vingtième et la trentième année, surtout parce que c'est l'âge à laquelle on contracte le plus souvent la syphilis. Quelques auteurs prétendent que les symptômes nerveux s'observent surtout dans les cas où les manifestations précoces de la syphilis ont été très bénignes, tandis que d'autres soutiennent l'opinion opposée, et considèrent les symptômes graves du début comme les avant-coureurs des affections nerveuses. A mon avis, on ne peut fonder aucun

tertiaires des bourses sous-cutanées et tendineuses {Gaz, hebd,, 1873) ; Morsan, Affections syphilitiques des bourses séreuses (Th. de Paris, 1870) ; Weil, Syphiiitis he GelenkkrankUeiten {Centrbl. f. Chir.j 1877, p. 329) ; Wigglcsworlh, Cases of dactylitis syphilitica {Am. jonrn. Sypft. and Derm., 1h72, n"» 21).

(I) Gros et Lancercaux, Des affections nerveuses syphilUvfues, Paris, 1861 ; Lagneau fils. Maladies siiphilUiqu s du système nerveux, Paris, l86o; Zambaco, Des a ff' et ions nerveuses syphilitiques, Paris, 1861.

[:) Voir Fournier, Leçons sur la syphilis, S*^ <5d.; on y trouvera une description clinique complète des troubles nerveux les plus précoces de la syphilis.

pronostic sur la gravité des manifestations da début.

Le tissu nerveux n'est pas habitaellement attaqué primitivement, ses lésions sont le résultai de celles des tissas qui rentourent oa l'enveloppent. Ainsi les lésions des méninges oq des os déterminent le ramollissement ou l'induration du cerveau. Un caractère des affectloos nerveuses de la syphilis est qu'elles ont une distribution particulière, et qu'elles peuvent apparaître en plusieurs points simultanément, donnant ainsi naissance à des symptômes trrégnliers et disparates.

Les accidents nerveux syphilitiques se développent surtout ches les individus d'une constitution nerveuse ou névropathique, héréditaire ou acquise. L'anxiété, les émotions déprimante», les excès sexuels, l'abus de l'alcool et des narcotiques sont au nombre des causes prédisposantes connues. Les maladies accompagnées de congestion cérébrale, la malaria et d'autres états cachectiques peuvent agir indirectement. Les insolations et les traumatismes du cr&ne peuvent aussi être comptés parmi les causes prédisposantes.

Anatomle patholoe^<iue.

LKSIONS DES MÉNINGES RNCÊPHALIQrES.

La méningite syphilitique peut être primllive ou secondaire et être due alors à des lésions crâniennes. Nous n*avons à considérer actuellement que la première variété. Les membranes peuvent être atteintes isolément, ou toutes à la fois. Les lésions peuvent être de nature gommeuse,ou elles peuvent consister eninûitrations diffuses accompagnées ou non d'inflammation, ou rinflamnialion peut exister seule.

LÉSIONS DE l'encéphale.

Les gommes du cerveau se présentent sous la forme de tumeurs irrégulières, de dimensions variables, de consistance ferme. Elles sont presque invariablement situées à la surface ou près de la surface de l'encéphale. Quelquefois elles existent en nombre considérable, et sont disséminées en différentes parties du cervtau, et donnent naissance, comme nous venons de le faire remarquer, à des symptômes dont la diversité môme est un embarras pour le diagnostic. Les

SYPHILIS DU SYSTÈME NËRV£UX. — SYMPTOMATOLOGIE.

gemmes du cerveau sont souvent plus volurni- Deuses qu'un œuf de poule, ou plus petites qu'un ; pois. Les gommes miliaires du cerveau sont rares oa ne se rencontrent môme jamais. Les sièges 2 Jes plus habituels de ces gommes sont la surface , convexe des hémisphères dans la région frontale, la hase du cerveau dans le voisinage du corps pituitaire, et le pont de Varole. La pre- , mière de ces localisations explique la fréquence ^ de l'aphasie dans les affections cérébrales syphi- HUques, et la seconde rend compte de la coexisteoce de la névralgie faciale et de la paralysie des nerfs moteurs de Toeil ; cette paralysie est presque palhognomonique de la syphilis cérébrale.

Les gommes du cervelet sont très rares. On n*en a publié que quelques exemples ; il y avait, dans ces cas, de incoordination motrice, etc.

Page 1