I.é.-'IOMS DES MÉNINGES SPINALES ET DE LA MOELLK
Les lésions des méninges spinales sont presque toujours secondaires, et dues à des exostoses des parois vertébrales. Elles sont très rares comme lésions primitives, bien que Wilks, "Winge, Charcot et Gombault en aient rapporté des cas. Dans quelques-uns de ces cas, la moelle était atteinte également; on y trouvait des gommes.
I ÉSIONS DBS NERFS.
Comme nous l'avons dit, les nerfs ne sont pas ordinairement atteints primitivement par la syphilis, les symptômes dont ils sont le siège sont dus généralement à des compressions et à de Tatrophie, qui entravent leurs fonctions. Pourtant Esmarch et Jespersen, Dixon, Portai et Delafield ont publié des observations de tumeurs des nerfs. Pétroff assure que le sympathique peut être atteint; mais des preuves à l'appui de ce dire n'ont pas encore été fournies par 'd'autres observateurs.
Symptomatologie (1).
On rencontre de la céphalalgie dans environ le tiers des cas de syphilis cérébrale. La douleur est différente de celle de la périostite crânienne dû début. Dans quelques cas elle peut durer plusieurs mois sans jamais être excessive ; cette douleur est sourde, elle produit une sensation
(1) J'ai fait de larges emprunts à JuUien dans cette partie et dans la partie précédente de ce chapitre
de douleur, le malade peut, malgré celte douleur, continuer ses occupations ordinaires. Quelquefois cependant, elle est excessive ; les anciens auteurs épuisaient toutes les formules pour essayer d*en exprimer le caractère et Tintensilé. Parfois le malade éprouve un sentiment de constriction, comme si la tète était serrée dans un étau ; parfois il semble au malade qu'il reçoit des coups de marteau sur la tète; d'autres fois, qu'une boule de feu roule à l'intérieur de son crâne. Le malade est quelquefois en proie ù du délire aigu, qui peut même s'accompagner d'idées de suicide, et à un état de lourde stupeur physique et mentale. Des exacerbations nocturnes caractérisent cette affection comme d'autres affections syphilitiques ; il n'y a à cette règle que de rares exceptions.
Un autre caractère est la longue persistance de la douleur, quand une médication appropriée n'a pas été employée. On a publié des observations dans lesquelles la douleur avait persisté pendant dix et ruéme vingt-cinq ans, et il n'est pas rare d'observer des cas dans lesquels la céphalalgie a résisté à l'arsenal entier des remèdes anlinévralgiques pendant des mois, pour céder en vingt-quatre heures aux antisyphilitiques.
Le siège de cette forme de céphalalgie est, dans sept cas sur dix, frontal ou temporal, les parties postérieures du crftne sont rarement atteintes. La douleur est diffuse et non pas lo-* calisée.
Manquant dans un nombre considérable de cas, ainsi que nous l'avons dit, la céphalalgie, quand elle existe, est un symptôme prodromique précoce et très important; elle appelle une thérapeutique immédiate, qui détournera presque certainement un désastre menaçant. Malheureusement, cependant, c'est un symptôme qui trop souvent passe inaperçu, reste ignoré ou méconnu.
PABALY8IB.
La sensibilité et la molilitë peuvent être abolies dans une partie quelconque du corps par l'action du virus syphilitique, mais un des caractères marqués des affections de cette nature est d'être partielles et souvent incomplètes. Elles succèdent souvent à des symptômes con« vulsifs, à de l'aphasie ou à de la céphalalgie, et peuvent apparaître à une période très précoce de la syphilis, sous forme de paralysie des nerfs crùniens.
ARTHUR VAN HARLINGEN. - SYPHILIS
PABALT3JB DES NERFS SENSOUIAUX.
On observe quelquefois l'abolition de Volfiiclien; c'est ordinairement, sinon toujours, un signe d'affection inlracrânienne. L'invasion en est très lente et hésitante, et elle cède rapidement au traitement anlisyphililique. Chez beaucoup de malades roiraclion n'est perdue que d'un côté.
L'anosmie peut être due à une lésion delà septième ou de la cinquième paire. Dans la paralysie du facial, les muscles de la narine correspondante sont immobiles et constituent un obstacle mécanique à la perception des odeurs. Quand les nerfs nasaux ou maxillaires supérieurs sont atteints, la muqueuse des fosses nasales peut souffrir dans sa nutrition, ce qui peut complètement entraver les fonctions olfactives.
On a cité des cas d'abolition du sens du goût.
La vision peut être compromise par des lésions siégeant au niveau des racines des nerfs optiques {{),
Gliniquement, la perte de la vue, soudaine ou graduelle, accompagnée de sensations subjectives (mouches volantes, bluettes bleues ou rouges, ou dercles de feu), est souvent partielle seulement. Le malade ne peut distinguer qu'une portion seulement d'un objet, ou bien de deux objets il n'en voit qu'un. Un autre malade n'aperçoit que le haut et le bas d'un objet placé en face de lui, la partie moyenne restant invisible. Dans quelques cas d'amaurose, le premier effet du traitement est de rendre la cécité purement partielle. On cite un cas dans lequel la perception de chaque couleur reparut l'une après l'autre.
On a noté dans quelques cas une intermittence dans les symptômes singulière et encore inexplicable, régulière ou irrégulière. Dans un cas, la vision était abolie tous les jours entre midi et deux heures; cette abolition était précédée d'une céphalalgie frontale intense. L'accès durait ordinairement d'un quart d'heure à une demi-heure, et se répétait plusieurs fois.
Le pronostic de ces troubles visuels dépend delà promptitude avec laquelle ils sont reconnus et traités avec l'iodure de potassium* Quand les tissus sont atteints secondairement (atrophie par compression, etc.)f il est trop tard pour attendre beaucoup du traitement.
(1) Pour plus de détails sur ces troubles sypliiliiiquoft de la vision, voir JuIIicn, op. cit., p. 950.