I.iicyrl. dcchiriirgio
set syphilitique, il existe pourtant un ceriain nombre de bonnes observations, dues à quelques-uns de nos meilleurs cliniciens vivants, qui montrent qu'un père syphilitique peut procréer des enfants syphilitiques, la mère restant parfaitement saine, d*après toutes les apparences et toutes les probabilités.
Le champion principal, en Amérique, de l'influence paternelle est le D' Taylor, mais bien que la plupart des syphiligraphes américains, dans leurs publications, soient portés à admettre cette opinion, il n'en manque pas d'autres, au nombre desquels nous citerons surtout le D'^ $turgis, qui nient fermement la possibilité de la transmission de la syphilis à l'œuf dans l'utérus par le sperme, sans que la mère soit infectée soit par le mari, soit par l'œuf lui-même.
Les deux observations suivantes, que je choisis pour montrer les difûcultés du sujet, indiquent la force convaincante des faits qui peu* vent ôtre produits pour soutenir l'une ou l'autre des deux opinions :
Mireur (1) publie un cas intéressant, dans lequel le père syphilitique ne transmet pas la syphilis à son enfant par le fait de la procréation, mais ne la lui communique que par contact direct après la naissance.
M. C. avait eu un chancre et des symptômes généralises, pour lesquels il avait été traité ; il était en apparence guéri. Environ dix ou onze mois après l'apparition de son chancre, il se maria. Sa femme devint aussitôt enceinte^ et donna naissance à un enfant bien portant qui resta tel jusqu'à l'âge de deux ans. Cependant M. G. avait do temps en temps de vagues souvenirs de sa maladie, et à la fin de cette période il eut une érosion légère de la lèvre inférieure. Pensant que cette lésion indolente n'était rien, il continua à caresser et à donner des baisers à son enfant comme d'habitude. Mais peu de temps après Tenfant présentait un chancre labial bien marqué.- qui fat suivi de symptômes généralités.
Taylor (2), d'autre part, publie un exemple également convaincant de la transmission de la syphilis par le père seul.
Uno femme bien portante selon toute apparence, placée Rous Tobservation attentive du D' Taylor lui-
(i)imreur, Jï«#at sur V hérédité de la syphilis. Pstns, 18C7.
(2) Taylor, Contribution à l étude de ta transmission de la syphilis {Afxh, of cUnical surgery^ sept. 1876).
AHTUtR VAN UAilUNGEN. — SYPHILIS.
même, mais dont le mari avait 6ié et continuait à 6trc syphilitique, mit au monde quatre enfants syphilitiques de suite. Son mari se soumit alors au traitement* et elle donna naissance à un enfantsain. Ensuite le mari négligea do se soigner ; il eut une rechute de syphilis : sa femme accoucha d'un enfant sy pbilitique Finalement, un ou deux ans apr es, le roaris*étant soumis encore une fois à un traitement sérieux, sa femme eut^ un enfant sain. La femme était toujours restée sans traitement (elle ne prit que de la quinine et du fer}, et à aucun moment elle ne présenta aucun signe de syphilis.
On a rapporté quelques cas montrant que, môme quand les deux parents présentent des signes évidents de syphilis, Tenfant peut en être exempt ; mais ces observations doivent être regardées comme douteuses, sauf quand les deux parents suivaient un traitement au moment de la conception et que la mère a continué à y être soumise pendant sa grossesse, ou bien quand la maladie est ancienne et qu'elle ne se manifeste que par des affections locales superficielles.
Dans les cas de vieille syphilis de la mère, une certaine immunité existe pour Tenfant.
J*observe en ce moment une femme, syphilitique depuis douze ans, qui devint enceinte pendant qu'elle souffrait d'une ulcération gommeuse du bras; elle ne se soumit qu'à un traitement irrégulicr et insuffisant, d'un mois au plus do durée, et encore avec des interruptions. Cette femme donna naissance à un enfant qui, aujourd'hui, a six mois, et n'a jusqu'ici présenté encore aucun signe de syphilis ; il est gros et d'une belle santé. La lésion de la mère se guérit peu à peu sous l'influence d'un traitement tardif qu'elle suit régulièrement.
Quant à l'influence du père et de la mère, après la conception, celle du père peut être complètement passée sous silence. Les prétendues infections du fœtus par le sperme sont fausses, on le sait aujourd hui, depuis que des expériences répétées ont montré que le sperme ne peut transmettre le virus syphilitique.
Il en est autrement de la mère. Si elle a eu d'un homme sain un entant sain, et qu'elle soit contaminée pendant sa grossesse, le fœtus en souffrira. On ne peut étabhr avec précision pendant combien de temps et jusqu'à quelle époque cette susceptibilité du fœtus à prendre la syphilis de la mère existe. La plupart des observateurs s'accordent à admettre que, si la mère est^nfeclcc avant le septième mois, le fœtus peut diriicilement échapper à rinfeclion. Après celte époque, on ne sait si la mère peut donner
la syphilis à son enfant ou non. La plupart des cas d'infection tardive manquent des faits les plus importants pour être convaincants.
L'idée ancienne que l'enfant pouvait contracter la syphilis pendant l'accouchement en s'inoculant le pus du chancre, des plaques muqueuses, etc., de la vulve maternelle, a été reconnue fausse ; l'observation démontre simplement que cela n'est pas. Aucun cas, à ma connaissance, n'a été publié d'un enfant ayant contracté un chancre pendant l'accouchement.
Nous pouvons faire mention ici de la loi de Colles, On sait qu'un enfant malade infecte presque invanablement sa nourrice, mais on n'a jamais observé l'infection de la mère par son nourrisson. Cette remarque a été faite d'abord par Abraham Colles, de Dublin, en 1835. Elle a reçu de M. Jonathan Hutchinson le nom de loi de Colles,
La doctrine du choc en retour^ ou de la transmission de la syphilis du fœtus à la mère, a été enseignée par Ricord, et a été maintenue plus récemment par Hutchinson et Dickinson, qui soutiennent qu'un homme peut procréer un enfant syphilitique, lequel peut transmettre la maladie à la mère. La principale raison de celle opinion se trouve dans le fait, que des mères ayant eu des enfants syphilitiques, présentent elles-mêmes des symptômes spécifiques pendant ou aussitôt après la fécondation. Je pense que, bien que celte théorie ne présente rien d'improbable, elle ne s'appuie pas encore sur des preuves concluantes.
Pathologie. -- Syphilis da placenta.
Les lésions syphilitiques du placenta ne sont encore qu'imparfaitement connues. Selon qu'il est circonscril ou non, le syphilome donne naissance à de l'eudométrite placentaire gommeuse ou à de la placcntite interstitielle diffuse. Communément ces deux formes sont associées. Dans la forme circonscrite les lésions présen lent souvent l'apparence de papules ou de condylomes, implantés sur la portion libre de la caduque, et formés d'un tissu muqueux très vasculaire. Quelquefois elles ressemblent à des tumeurs dures, et pénètrent dans le tissu des cotylédons placentaires comme des coins. La dégénères* cence graisseuse, dont ces dépôts gommeax deviennent le siège, les rendent faciles à confondre avec des masses tuberculeuses. L'absence de vaisseaux, la présence de granulations réfringentes, telles que celles qu'on observe dans la syphilis hépatique, ainsi que la sclérose et
SYPHILIS HÉRÉDlTAlttE. — SYAIPTOMATOLOGŒ.
les symptômes cliniques concomitants, établiront le diagnostic.
Symptomatolosio de la syphilis héréditaire.
DATB DB L*APPABinON DBS LÉSIONS.
ta seule manière certaine de préciser l'apparition des premiers signes de la syphilis héréditaire est de guetter les éruptions cutanées. 11 peut se produire plus tôt des lésions viscérales, mais aucune d'elles ne peut être reconnues avec certitude pendant la vie.
La statistique de Diday et de Roger, comprenant i72 cas, donne les dates suivantes pour l'apparition des signes de la syphilis héréditaire :
Avant la fin du 1*' mois , 02 cas
Aprte le 6« mois 4
On voit que dans la grande majorité des cas la syphilis héréditaire se montre avant la fin du troisième mois. On a publié quelques cas dans lesquels les symptômes n'ont apparu que le quinâème mois, et Diday cite un cas dans lequel les éruptions furent différées jusqu'à la fin de la seconde année ; mais ces cas sont très exceptionnels.
Dans ces dernières années, nos connaissances au sujet de la syphilis héréditaire se sont beaucoup accrues, et difi'érentes affections de l'enfance, autrefois non classées, sont aujourd'hui rangées sous ce titre. Dans quelques-uns des cas publiés, on voit que ces accidents tardifs n'ont été précédés par aucun symptôme plus précoce, mais la difficulté que Ton rencontre à obtenir des renseignements précis peut aisément être comprise. 11 est certain, pourtant, que, dans beaucoup de cas, de bons résultats ont été obtenus par le traitement anti-syphilitique.
La mortalité des enfants syphilitiques est très grande ; un bon tiers ne s'élève pas. L'avortement dû à la mort du fœtus se produit ordinairement vers le sixième mois, tandis que celui qui est causé par l'infection delà mère pendant la grossesse survient un peu plus tard. Le fœtus est ordinairement macéré, la peau se détache facilement, et la surface du corps a une couleur livide pourpre; on trouve diverses lésions dans quelques viscères. Le tégument peut ne
rien présenter de caractéristique, ou bien on peut trouver de larges bulles à la plante des pieds et à la paume des mains (Bumstead et Taylor).
Les enfants syphilitiques présentent généralement à la naissance l'apparence delà santé, et pendant une semaine ou deux tout semble aller bien. Alors apparaissent des signes de débiiitéi de diminution de la vitalité ; l'enfant ccnnmence à s'émacier, se flétrii et prend l'apparence d'un vieillard. 11 se développe un catarrhe des fosses nasales — dujetage — qui gène la respiration, et qui peut quelquefois être à lui seul la cause de la mort. La peau devient jaune, flasque et ridée. Elle est collée sur les os de la face, qui prend une teinte blême et terreuse, les yeux deviennent proéminents, la face prend une expression «énile particulière, l'enfant présente l'apparence de la décrépitude. Ordinairement les troubles nutritifs et les signes de la maladie apparaissent plus tôt, quand la sypbllis est grave. Quelquefois cependant on n'observe pas d'émaciation excessive, même quand le virus a atteint l'économie à un haut degré, de môme que nous voyons des adultes devenir syphilitiques et présenter des manifestations variées de cette maladie, sans que leur santé générale paraisse en souffrir.
^NIPEST ATIONS CUTANÉES DB LA S1PHU.IS HÊHéDITAlBC
Les éruptions syphilitiques sont chez les enfants de tout point identiques à celles des adultes ; sauf que leur aspect extérieur est modifié par les particularités de structure du tégument.
La syphilide ét-ythémateuse est la plus précoce et celle qu'on observe le plus souvent. Elle apparaît généralement vers la troisième semaine de la vie, souvent accompagnée du coryza, et se montrant d'abord sur l'abdomen sous forme de petites macules roses, rondes ou ovales. Elle envahit rapidement toute la surface du corps et des membres, les taches deviennent plus étendues et plus sombres, jusqu'à atteindre un demi-pouce de diamètre : elles sont très légèrement ou ne sont pas du tout élevées au-dessus de la surface de la peau, ont une couleur rouge cuivrée, et ne disparaissent plus à la pression, comme au début. Il n'y a habituellement que peu ou pas de squasmes, sauf sur les n»ains et les pieds, sur lesquels on peut observer une desquamation légère, surtout quand l'éruption est bien marquée.
Cette éruption est très facile à confondre avec les cry thèmes simples de la premiOre onrance.
ARTHUR VAN HARLINGEN. — SYPHILIS
Les éléments les plus importants du diagnostic dont la tendance à rinfillralion, et la formation de papules dans les points où la peau forme des plis et où deux surfaces cutanées entrent en contact, comme autour du cou, et surtout dans la région génitale et fessière. De plus, la tendance à la formation de squames au niveau de la paume des mains, de la plante des pieds, et quelquefois des fesses, est plus ou moins caractéristique. Quelquefois cette éruption est extrêmement difficile à distinguer de Teczéma érythémateux ; etj*ai rencontré plusieurs cas dans lesquels le diagnostic, d'abord impossible, ne put se faire qu*en tenant le malade en observation pendant quelque temps ; on emploie dans ces cas les remt^'des locaux les plus simples, et on surveille attentivement l'évolution. Naturellement l'éruption syphilitique, quand c'en est une, va de mal en pis, et s'accompagne d'autres symptômes, tandis qu'un eczéma, ou bien s'amende sous l'influence d'un traitement local simple, ou devient le siège de nouveaux signes caractéristiques, tels que du suintement, delà papulation, de la vésication, etc.
La syphilide populeuse s'observe assez souvent en môme temps que la forme érylhémateuse de la maladie. C'est quelquefois la première éruption qui se présente. Ce sont de larges et petites papules plates, rougeâtres, prenant ensuite une teinte cuivrée, à surface lisse. Quelquefois elles peuvent s'exfolier un peu, surtout sur la paume des mains. Parfois un certain nombre de papules se confondent, et forment une plaque rougejltre, très épaisse et quelquefois squameuse. Des plaques semblables peuvent couvrir le pied tout entier ou la main, ou bien un segment de la cuisse.
Quand ces papules sont situées au voisinage de l'anus ou des organes génitaux, la chaleur et rhuniidité de ces régions, ainsi que la macération due à l'urine etaux matières fécales, déterminent la formation de papules muqueuses. Ces lésions cutanées, qui sont au nombre des plus communes dans la syphilis héréditaire, sont tout à fait caractéristiques. Quelquefois elles forment des tumeurs condylomateuses, et peuvent ressembler aux condylomes simples acuininés des enfants, dont il faut les distinguer avec soin.
Ce qui dislingue surtout les condylomes syphilitiques des enfants, c'est que l'excroissance acuminée se développe aux dépens d'une papule déjà existante ; on en trouve ordinairement de semblables dans le voisinage immédiat. Le cond\lome acuminé syphilitique est aussihabituelle-
ment le siège d'un suintement extrêmement fétide, d'odeur caractéristique ; dans le condylome simple, ce suintement n*est pas aussi prononcé. Quand les papules sont situées autour de la bouche ou à la commissure des lèvres, elles sont ordinairement humides, et c'est alors qu'elles deviennent l'agent le plus habituel de la transmission du mal à la nourrice et à d'autres enfants ou adultes, par les baisers. Il est à peine nécessaire dédire que la papule humide chez le nouveau-né, comme chez l'adulte, est un des agents les plus fréquents de la propagation de la syphilis. La détestable habitude, qui règne en Amérique et peut-être ailleurs, de soumettre les enfants aux caresses du premier venu, est responsable de bien des cas de contagion à origine mystérieuse ; et c'est, selon moi, une partie du devoir de médecin de la famille d'avertir les mères du danger auquel leur enfant est exposé.
Quand la papule occupe la commissure des lèvres, elle laisse, après sa guérison, des cicatrices linéaires ou rayonnées superficielles, qui peuvent plus tard faire diagnostiquer une syphilis antécédente (1).
La syphilis vésiculaire est une a£fection très rare; elle ressemble quelquefois jusqu'à un certain point à l'eczéma vésiculaire. Elle coexiste généralement avec d'autres lésions, des pustules, des bulles, etc. Les vésicules sont ordinairement distinctes, reposent sur une base ferme infiltri-e ou papuleuse,et ne montrent aucune tendance à se confondre, bien que quelquefois elles en aient une à envahir les couches plus profondes de la peau.
La syphilide pustuleuse peut se montrer avant la huitième semaine chez les enfants profondément atteints parla syphilis, mais ordinairement elle se montre plus tard. Selon la gravité ou la bénignité de la maladie, les pustules sont larges, nombreuses et profondes, ou petites, rares et superficielles. C'est ordinairement sur les cuisses, les fesses et la face que les lésioni^ sont le plus abondantes, bien qu'elles puissent se développer dans une région quelconque du corps. Sur la peau elles tendent souvent à :^e grouper, et à former des plaques croùteuses ressemblant à première vue à l'impétigo contagieux ou à l'eczéma impétigineux. Elles se dis-
(1} Jo considère ces cicatrices comme un témoignage plus certain d'une syphilis antécédente que les deJit.'i dites cTHutchinson, que nous décrirons tout 5 riicuro, parce qu'elles ne sont pas faciles à confondre avec d'autres cicatrices. Je ne connais pas d'affections capables de laisser des traces semblables.
SYPHILIS HÊRÊDlTAraE. - SYMPTOMATOLOGIE.
linguent pourtant de l'eczéma impétigineux par l'absence de prurit, par l'épaisseur et la coloration brune verd Aire des croûtes, celles deTeczéma impétigineux étant plus minces et d*un brun jaunâtre plus clair, semblables à du miel. La surface, érodée au-dessus des croûtes, a une tendance à guérir dans l'eczéma, et toujours sans cicatrice, tandis que l'érosion syphilitique devient volontiers ulcéreuse. La base des lésions dans la syphilis est épaissie, et elles sont entourées d'une auréole d'un rouge violacé. Les syphilides acnéiformes se rencontrent quelquefois sur le cuir chevelu chez les enfants, tandis que les pustules ecthymatiformes se rencontrent sur les membres dans les cas graves. Ces dernières déterminent souvent une perte de substance.
La syphilide furonculotde . — Bumstead et Taylor décrivent une éruption furonculoïde qui peut apparaître dès le sixième mois ou jusqu'à la troisième année de la syphilis héréditaire. Cette éruption peut être isolée et constituer le seul signe de la maladie, ou elle peut être accompagnée d'autres éruptions. Le nombre des éléments éruptifs varie beaucoup dans les différents cas. Ils commencent sous forme de petits nodules dans le chorion, et augmentent graduellement de dimensions jusqu'à atteindre celles d'une muscade : ils s'ulcèrent à leur sommet, laissent échapper un bourbillon et forment alors des cavités irrégulières, de mauvais aspect, donnant une sécrétion peu abondante ; ils prennent alors une marche chronique. Ils laissent souvent des cicatrices.
La syphilide tuberculeuse est une manifestation assez rare delà syphilis héréditaire; elle peut se montrer dès le sixième mois, ou à l'âge de deux ou trois ans, comme affection récidivante. On voit d'abord naître des papules ou des nodules profondément situés; la peau est prise ensuite, et finalement il en résulte des ulcérations plus ou moins étendues, sécrétant abondamment, et souvent couvertes de croûtes. Quelquefois des végétations peuvent se développer à la surface de l'ulcération, comme dans le cas suivant que j*ai publié il y a plusieurs années (1).
Un enfant de huit mois, à antécédents syphilitiques bien établis, présenta une émaciation progressive, du Jetage, et une éruption occupant principalement la face, mais aussi quelques autres points. Les éléments éruptifs au début consistaient en élevures discrètes, indolentes, tuberculeuses, de la dimension
(I) Un cas de syphilide tuberculeuse, végétante chez un enfant. Arch, of Dermaloiogy, vol. III, 1877, p. 211.
I d'une tête d'épingle à celle d*un pois, arrondies, bien définies, fermes. On apercevait des lésions plus anciennes qui s'étaient réunies pour former des plaques élevées en forme de coins, présentant çà et là des points pustuleux, réunies en certains points pour former des ulcérations couvertes de croûtes lamellenscs brunâtres. Une de ces ulcérations, plus large que les autres et située sur le cou, présentait une surface inégale, raboteuse, mamelonnée, couverte d'une croûte. Au moyen de cataplasH^^ s on mit & découvert une surface rouge, brillante, couverte de végétations. La sécrétion abondante était horriblement fétide. L'éruption ressemblait tout à fait à une plaque d'eczéma impétigineux, mais l'infiltration de la peau, la surface mamelonnée, l'abondance et la fétidité de l'écoulement, l'épaisseur, l'opacité et la coloration brunâtre des croûtes rendaient le diagnostic facile, en dehors môme de la valeur des autres lésions caractéristiques.
La syphilide tuberculeuse doit être différenciée des scrofulides cutanées qu'on trouve quelquefois chez les nouveau-nés et les jeunes enfants. Les lésions se ressemblent beaucoup; on fera le diagnostic par une investigation soigneuse des commémoralifs, et par un examen attentif des lésions, en ayant présent à r«sprit la description des syphilides de l'adulte. Les gommes de la peau ne sont pas très rares chez les enfants atteints de syphilis héréditaire. Elles appartiens nent ordinairement aux périodes avancées de la maladie : quelquefois on ne trouve qu'une gomme isolée, indiquant seule l'existence de la maladie. Elles ressemblent, sous tous les rapports, aux gommes qu'on trouve chez les adultes.
Éruptions huileuses, — Les éruptions huileuses des nouveau-nés (pemphigus neonatorum) ont provoqué de grandes discussions : on croyait, à une certaine époque, que toutes les éruptions de cette espèce étaient syphilitiques. On admet aujourd'hui l'existence d'un pemphigus simple des nouveau-nés, bien que cette affection soit très rare (1). Elle apparaît ordinairement à une époque plus tardive que les éruptions huileuses syphilitiques. Le pemphigus syphilitique occupe le plus souvent la paume des mains et la plante des pieds. La peau se couvre de plaques violettes ; bientôt de petites vésicules conQuentes apparaissent en ces points, elles se réunissent, augmentent de volume jusqu'à former des bulles, variant de la dimension d'un pois à celle d'un œuf de poule,
(1) Une très bonne description des diverses éniptions bulleuscs non syphilitiques cbes les enfants, généralement classées sous le nom de Pemphigus, se trouve dans un article de G. fiehrend, de Berlin, Beitvag zur Lehve von Pemphigus. Viertefjahrsichr, f, Derm, u. Syph, Jahrg. VI, 1869, p. 191.
ARTHUR VAN DARLINGEN. — SYPHILIS
et remplies d'un liquide purulent louche, jauneverdfttre. Quelquefois les bulles sont brunâtres ou même hémorrhagiques. Elles sont entourées d'une aréolelarge, sombre etyiolacée. Au bout de ▼ingt-quatre à trente-six heures, les bulles s'ouvrent ou se sèchent, en laissant des croûtes blanchâtres recouvrant des ulcères superficiels. Cette éruption a une signification grave : une cachexie rapide conduit rapidement à la mort. La syphilide huileuse se distingue de l'éruption pemphigoîde par son apparition plus précoce, sa gravité ordinairement plus grande, par les symptômes concomitants et les commémoratifs. Quelquefois on prend l'impétigo contagieux des jeunes enfants pour une syphilide huileuse, mais cette éruption a peu d'importance, elle est différente au début, et les croûtes, quand on les a enlevées, laissent voir seulement une légère érosion. De plus, les sièges d'élection de l'impétigo contagieux sont la face et la bouche, la face dorsale des doigts et des mains, et moins fréquemment les poignets; les pieds, ordinairement, restent indemnes.