‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 316 sur 343 · AFFECTIONS DES MEMBRANES MUQUEUSES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES MEMBRANES MUQUEUSES

Un des symptômes les plus précoces de la syphilis héréditaire communément observé est le coryza ou j étage dû à des lésions de la muqueuse nasale, d'abord de nature érythémateuse, et plus tard de nature ulcérative. Ce coryza peut être léger ou assez grave pour empêcher la respiration, surtout pendant le sommeil et au moment où l'enfant tète. Séreux au début, l'écoulement devient bientôt purulent et quelquefois sanguinolent et très fétide ; il excorie les angles de Touverture des narines, se sèche et bouche les fosses nasales. Quelquefois le mal se propage aux os et produit de la nécrose.

Les plaques muqueuses de la bouche, dans la syphilis héréditaire infantile, ne présentent pas la coloration opaline typique qu'elles ont chez l'adulte. Elles ont une tendance à se réunir et à s*ulcérer, et quand elles occupent les angles de la bouche en même temps que des papules humides cutanées, il se fait quelquefois des fissures profondes.

Le produit de sécrétion des plaques muqueuses est extrêmement contagieux : il est de la plus grande importance de le reconnaître de bonne heure, pour prévenir les risques de la contamination. On ne permettra pas que l'enfant tète à un autre sein qu'à celui de sa mère; il doit être soumis à une quarantaine sévère; on

devra défendre toutes les caresses et tous les baisers, l'usage d'ustensiles employés par d'autres personnes, etc. L'infection de la nourrice par un nouveau-né portant des plaques muqueuses de la bouche se produit surtout dans les hôpitaux, les maternités et les maisons du même ordre (1).

Les plaques muqueuses de la syphilis héréditaire doivent être distinguées des lésions de la stomatite simple par ce fait que, dans cette dernière affection, l'inflammation est généralemeot plus diffuse : la langue tout entière en particulier est le siège d'une inflammation intense, et f^ouvent couverte de vésicules, qui ne se rencontrent pas dans TafTection syphilitique. La tendance qu'ont les plaques muqueuse à se montrer nux angles de la bouche, constitue également un bon signe diagnostique. Dans la stomatite, les gencives et les sillons qu'elles forment avec les joues sont souvent le siège des lésions^ tandis que celles de la syphilis ne se rencontrent pas en ces points. Naturellement les commémoratifs et les sVmptômes concomitants doivent être pris en considération.

On rencontre quelquefois des gommes des muqueuses, mais non au début de la syphilis héréditaire. Les caractères qu'elles présentent chez l'enfant ne sont pas différents de ceux que nous avons décrits dans la syphilis acquise de l'adulte. On peut les prendre pour des ulcérations strumeuses, mais les commémoratifs elle caractère général de la lésion, irrégulière, moins nettement limitée, et s'étendant plus rapidement, aideront au diagnostic.

AFFECTIONS VISCÉRALES DANS LA STPBlLlS BÉRÉ-

DITAIBB.

De même que la syphilis acquise de Tadulte, la syphilis héréditaire n'épargne aucun organe ou viscère. L'espace dont nous disposons ne nous permet pas de discuter en détail toutes ces affections ; nous ne décrirons que celles des os ('.K du système nerveux.

(1) Voir un article important da D' Taylor : Des d<mgert de la propagation de la syphilit entre les er-fants et les nourrices dans les hôpitaux d'enfants et dans la pratique privée (im. Joum. Obstet.tUOY. 1S78). Voir aussi Alfred Foumier, Nourrices et nourrissons syphilitiques. Paris, IS78. — A. Tardien, Étude ifiédicO'légale sur les maladies produites accidentellement ou involontairement par imprudence^ négligence ou transmission contagieuse comprenant Vhiytoire médicolégale de la syphilis, Paris, 1879.

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