‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 319 sur 343 · AFFECTIONS · texte numérisé non relu

AFFECTIONS

J SÏ9TÈ1IB KRnVEUI.

Les affections du sjstém syphilis héréditaire ont été principalement étudiées en Angleterre, et dans ces dii demitiH

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SYPHILIS HÉRÉDITAIRE. - TUAITKMENT.

années (\). Beaucoup d'affections cérébrales qu'on croyait autrefois tuberculeuses sont aujourd'hui reconnues comme syphilitiques ou soupçonnées de Têtre. On a trouvé dans la syphilis infantile les lésions de la méningite, de répaississement et des adhérences Gbreuses et gommeuses des enveloppes, ainsi que de Tendartérite, qu'on observe souvent dans la syphilis des adultes. On a aussi rencontré des gommél, et l'opinion qui prévaut aujourd'hui tend à faire admettre que les mêmes affections ner- Teuses peuvent se développer dans la syphilis héréditaire comme dans la syphilis acquise.

Nos connaissances à ce sujet sont pourtant encore très incomplètes. Jackson a décrit la chorée chez les nouveau-nés et les jeunes en fan Is héréditairement syphilitiques ; c'est quelquefois une affection légère ; d'autres fois elle est plus grave et peut conduire à l'épilepsie. D'autres auteurs ont décrit des cas de paralysie faciale. Les affections nerveuses de la sypliilis héréditaire, comme celles de la syphilis acquise, sont désordonnées et complexes dans le développement de leurs symptômes ; cette particularité est tout à fait caractéristique.

Nos connaissaces au sujet de ces affections nerveuses doivent nous engager à examiner avec soin tout cas de chorée, d'épilepsie, etc., chez les enfants, au point de vue de la possibilité d'une syphilis. Sous ce rapport, les règles que donne Hutchinson(2) pour l'examen des enfants soupçonnés de syphilis héréditaire, ont de la yaleur.

Il dit qae, bien que les dents à elles seules constituent le meiUeur signe, choz les adolescents, auquel on puisse reconnaître la syphilis héréditaire, il y en a pourtant d^autres importants, qui peuvent aider au diagnostic ou suppléer au défaut dMnformation tirée des dents : Ces autres signes sont :

1. Co certain nombre de signes extérieurs : (a) Té- Crasement du nez ; (6) la proéminence des bosses frontales ; {c) les cicatrices des coins de la bouche ; (<f) la douceur soyeuse de la peau, qui est décolorée.

!2. Une kératite interstitielle antérieure ou actuelle. Cette affection atteint ordinairement les deux yeux, et | détermine une grande gène de la vision ; elle dure plu- 1 sieurs mois ; puis elle s'efface, laissant la cornée on '

vl) Voir Hugblings Jackson. Cases of diseasei ofthe nervous System in patients the subjeeU of hereditary syphilis. U>ndon, 1868 : et Servons symptomt in cases of hereditary typhilis {Joum. mental sciences. Jan. 1875^; aussi Barlow {Trans. path. Soe. London, vol. XWIII, 1877;; et Stretcb Dowse, The Urain and itt diiea!>es. London, 1877.

11) Hutchinsou, Iliustraticns of etinieal suryery, fasc. XI. I

peu nuageuse ou parfuitement nette. Liris ooniervo un éclat gris d*acier particulier.

3. L^existenco dans la choroïde do plaques d'absorp tion disséminées, surtout à la périphérie. Ces plaques fournissent souvent des preuves concluantes, quand les autres signes font défaut.

4. L'existence de nodosités périostiques sur un ou plusieurs os longs.

5. L'existence actuelle ou passée d'une forme particulière d'ulcération phagédénique, quelquefois appelée à tort lupus. Elle peut se montrer partout, mais on U voit souvent sur la face on dans la gorge.

Traitement.

Le traitement de la syphilis héréditaire doit

commencer, quand la chose est possible, le fœtus étant encore dans Tutérus. Le plus sûr

moyen de préserver le produit de la conception

et de l'amener à maturité est de commencer le

traitement de la mère le plus tôt possible, et de

le continuer rigoureusement jusqu'après la

naissance de l'enfant.

Le mieux est d'administrer le mercure en frictions pendant la grossesse, parce moyen on épargne l'estomac et on évite une irritation intestinale, qui pourrait à elle seule déterminer Tavortement, qu'il s'agit d'empêcher. 11 y u pourtant des cas où les frictions ne conviennent pas; les mercuriaux, administrés par la bouche avec précaution, sont souvent bien supportés, et peuvent au moins être essayés.

L'enfant, à sa naissance, doit être placé dans les meilleures conditions hygiéniques possibles, et nourri au sein par sa mère. 11 n'en peut résulter aucun dommage pour l'un ni pour l'autre. Le biberon est un mode d'alimentation très défectueux, et peut compromettre la santé de telle sorte, que la maladie ait plus de prise sur l'économie. Il semble à peine nécessaire de dire que l'enfant ne doit pas être confié à une nourrice, à moins qu'elle ne soit elle-même syphilitique. Quelquefois on coniie par erreur des enfants syphilitiques à des nourrices saines ; cette erreur a les plus graves conséquences ; la maladie est ainsi importée dans une famille saine, dont elle peut infecter plusieurs membres M).

(I) Voir Alfred Fouroier, Nourrices et nourrissonê syphilitiques, Paris, 1878. — Taylor, The dangers ofthe transmission of syphilis between nursing ehildien and nurses in Infant Asylums and in private practice ■Am. Joum.otttet.f vol. VIII, nor. 1875;. — A. Tardi'fU, Étude fné'JkO'/éyale sur les mala-Jiet produites a cidenteliement ou involontairement par iw prudence, neiliffenee ou transmissiim eontagieufe. Paris. 1879.

ARTHUR VAK HARLINGEN. - SYPHILIS.

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Les bains et les frictions sont les meilleurs agents du traitement médical de la syphilis chez les enfants très jeunes* Le meilleur bain mercuriel se prépare eq faisant simplement dissoudre 60 centigrammes de sublimé dans environ un seau d*eau; ^on se sert d'un petit baquet jtsste assez grand pour que l'enfant y soit à l'aise. L*eau, naturellement, doit être chaude ; il faut bien préserver l'enfant du froid. Une chemise de flanelle attachée autour du cou de Tenfant et étendue au-dessus du baquet, empêche Teau de lui jaillir dans les yeux ou le nez. On maintient l'enfant dans l'eau au moins dix à quinze minutes; on l'essuie alors et on le saupoudre d'amidon — ou bien, s'il porte des papules humides, d'une poudre de calomel et d'oxyde de zinc, parties égales, — puis on le couche. Il faut donner un bain tous les jours.

Beaucoup d'auteurs repoussent l'emploi des bains dans la syphilis héréditaire, mais j'en ai obtenu de si bons résultats, que je les préfère à toutes les autres médications, quand les circonstances permettent de les employer.

Pour les frictions, le mieux est de se servir d'une pommade mercurielle étendue, telle que la suivante :

Pommade mercurielle 4 gr.

Onguent 30 gr.

On retend sur une bande de flanelle, qu'on roule autour du corps de l'enfant, et qu'on change une fois par vingt-quatre heures. Sir Benjamin Brodic , qui recommande vivement ce mode de traitement, dit qu'il ne l'a jamais vu échouer.

L'administration interne du mercure ou de riodure de potassium aux enfants très jeunes,

n est ni nécessaire ni recommandable ; je la crois préjudiciable, car j'ai souvent vu l'estomac repousser ces médicaments. Chez les enfants plus âgés cependant, il peut être quelquefois utile d'administrer les médicaments par cette voie. Une des meiUeures manières de donner le mercure aux enfants est de le prescrire en poudre grise^ selon la formule suivante :

Hydrargyrum cum creU. de 10 à 30 centigr. Sucre blanc en poudre.. 60 grammes.

A diviser en douze prises ; deux, trois fois par jour.

La formule suivante (qui est une modification du fameux sirop de Gibert) convient dans les cas où le traitement mixte est indîaué :

lodure de potassium 30 centigr.

Bi iodure de mercure S milligr.

Sirop 10 grammes.

Eau 60 --

Une cuillerée à café trois fois par jour pour un enfant d'un an; on augmentera les doses proportionnellement à l'âge.

Le traitement doit être continué pendant un temps considérable — pendant au moins trois ou quatre mois — après que les symptômes ont disparu.

On a souvent essayé de donner le mercure etl'iodurede potassium aux enfants par Tintermédiaire du lait maternel, mais les eîJiels n'ont pas été assez favorables pour faire adopter celte méthode. Je doute que le mercure puisse être administré de cette façon, mais je crois que l'expérience a démontré le passage de Tiodure de potassium dans le lait des nourrices à qui il a été administré par la bouche (1).

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