SYPHILIS DANS SES RAPPORTS AVEC LE MARIAGE
ï, une date très éloignée, et qu'aucun symptôme de syphilis ne s'est montré depuis des années. Quelquefois le seul soupçon d^une syphilis chez le malade suffit pour faire repousser le mariage par son médecin.
La situation misérable et immorale, qui est la conséquence presque nécessaire de ce refus, doit faire hésiter un médecin consciencieux à se layer les mains de toute responsabilité en refusant de sanctionner le mariage d'un ci-devan syphilitique ou d'un syphilitique présumé.
D'un autre côté, sanctionner un mariage quand la maladie est encore en activité, alors môme qu'elle ne se manifeste actuellement par aucun signe extérieur, est leurrer un innocent et loi faire commettre contre lui-môme et contre autrui un crime dont il ne peut apprécier les conséquences.
Le médecin, qui est appelé à émettre une opinion dans un cas semblable, doit donc soumettre le malade à l'examen le plus minutieux, se rendre un compte exact des antécédents, étudier avec le plus grand soin tout ce qui peut jeter de la lumière sur l'existence ou la marche d'une syphilis ancienne, et ne se prononcer qu'après être pleinement édifié sur l'étal exact de son malade.
Langlebert (I) a groupé les difl'érents cas qui se présentent, de la façon suivante :
i* Un individu (2), jusque-là non syphilitique, [)résente une ou plusieurs lésions, en apparence des chancroïdes, et demande s'il peut se marier^ et dans combien de temps.
2* Un individu ayant eu six mois ou plus auparavant un ou plusieurs ulcères vénériens, dont il
ditarily typhilitie ehildren ( Transactiom of the A meHeandermatologieal Association, Arch. ofDermalologyj april, 1878).
Htde, The nurse-maid and the mother of the syphi- Ulic chitd {Chicago med. Joum and Exam.^ not. 1878).
Atkinson, Late heredilary syphilis (Am, Joum. med. menées, janv. 1879).
(1) Langlebert, La Syphilis dam ses rapports avec le mariage. Paris, 1875.
(3) Les femmes se présentent si rarement cllesmèmet pour se soumettre à un examen et demander un avis, que je ne considère ici que la situation des hommes. Il y a naturellement peu de différence entre les seies en ce qui concerne les manifestations morbides, sauf la difficulté beaucoup plus grande de savoir si une femme a eu un chancre ou non. J'échoue 99 fois sur 100 dans mes tentatives de retrouver dans les commémoratifs une lésion initiale sur les organes géniuux chez les femmes, bien que je rencontre rarement des femmes ayant en apparence Tintention ou le désir de tromper.
ne peut établir positivement la nature, mais pour lesquels il a suivi un traitement mercuriel, pose au médecin la môme question.
3^ Un individu qui a eu un chancre infectant, suivi de symptômes généralisés, qui peuvent exister encore ou avoir disparu, pose au médecin la môme question.
4<> Un homme se marie après avoir eu la sy. philis, mais à une date si éloignée qu'il y a lieu d'espérer qu'il ne présentera plus à l'avenir aucun signe de la maladie; quelles craintes doit-on concevoir pour sa progéniture ?
5<^ Un individu se marie, avant actuellement des manifestations syphilitiques, ou bien il contracte la syphilis après mariage. Que doit-on faire pour éviter, ou au moins pour atténuer autant que possible les conséquences de sa mauvaise conduite?
Dans le premier cas, celui d'un malade présentant un ou plusieurs ulcères vénériens ressemblant à des chancroïdes, et demandant quand il pourra se marier, il faut lui donner le conseil d'attendre six mois. Si au bout de ce temps aucun accident généralisé n'est apparu, le mariage peut être consommé sans crainte (i). Car, comme nous l'avons montré dans la première partie de cet article, la plus longue période d'incubation entre l'apparition de la lé> sion initiale et l'explosion des symptômes généraux ne dépasse pas six mois. Naturellement il est entendu que pendant cette période le malade doit se soumettre à l'inspection fréquente de son médecin, car autrement les symptômes généraux précoces pourraient passer inaperçus. De plus, il faut apprendre au malade h s'examiner lui-même tous les jours, et surtout ù surveiller l'apparition d'une éruption érytbémateuse, qui se montre et disparaît si souvent sans être aperçue, ainsi que celle de papules, de plaques muqueuses de la bouche, etc., de croûtes sur le cuir chevelu, et du gonflement des glandes cervicales.
Dans le second cas, celui d'un malade ayant eu une ou plusieurs lésions suspectes six mois ou plus auparavant, pour lesquelles un traitement mercuriel aura été suivi, un élément de grande incertitude est introduit dans la question par le traitement môme auquel le
(1) Dans des circonstances aussi sérieuaes, on ne peut ni ne doit se fler aux descriptions classiques du chancre et du chancroîde. Dans ces cas le chancroide c'est la lésion qui n'est pas suivie de syphilis générale, après six mois de surveillance attentive, et aucune décision ne doit être prise avant l'expiration de ce terme.
ARTHUR VAN UARLINGEN. - SYPHILIS
malade a été soumis. On sait, en effet, que le mercure donné entre le moment de Tapparition de la lésion initiale et celle des symptômcg généraux, a le pouvoir d'ajourner ces derniers sans empêcher leur manifestation ulté* rieure (1).
Dans ces cas, le médecin doit étudier avec soin les commémoratifs, et s'efforcer de dégager des réponses du malade quelques faits sur lesquels il puisse fonder un diagnostic. S'il n'y réussit pas, il doit imposer ah malade un délai de trois mois au moins, pendant lequel il le gardera en observation, naturellement sans mettre en œuvre aucun traitement. Le plan suivant servira de guide au médecin pour les questions qu'il doit poser dans le but de retrouver dans les antécédents une ancienne syphilis.
Plan pour servir à Tezamen des malades supposés syphilitiques (2).