MALADIE DE CHAVANNE-LURE
D'après la description de Lancereaux, cette maladie commence par de la faiblesse, et est suivie par des douleurs nocturnes articulaires plus ou moins intenses; la bouche et la gorge sont atteintes, et une éruption pustuleuse apparaît sur toute la surface du corps, spécialement marquée sur la tête.
L'usage en commun d'ustensiles de table fht le principal mode de contagion.
Lancereaux regarde cette affection, ainsi que celles que nous venons de mentionner^ comme identique à la syphilis.
MALADIES VÉNÉRIENNES CHEZ LES ANIMAUX
La question des maladies vénériennes chez les animaux a pendant longtemps attiré l'attention des syphilographes, et de nombreuses expériences ont été faites au moyen d'inoculations pratiquées sur les animaux avec le pus des ulcères vénériens de l'homme, pour prouver l'existence ou la non-existence de cette classe de maladies.
(1) Swediaur, Treaiise on syphiliSi p. 146.
Hunter (1), Ricord (2), Cullerier et d'autres ont inoculé sur des animaux du pus du vrai chancre ; ils n'ont obtenu que des résultats négatifs en ce qui concerne la production d'une syphiUs constitutionnelle, bien qu'ils aient pu
(1) Hunter, Traité de la maladie vénéfHenne, 3« édi tion. Paris, 1859.
(2) Ricord, Traité des maladies vénériennes. Ptri»,
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produire ainsi un ulcère ressemblant au chancroîde. D'un autre côté, de Weltz (i), Auzias Turenne et d'autres passent pour avoir obtenu, au moyen d'inoculations, des ulcères ressemblant aa Yéritable chancre. Langlebert(2) prétend avoir ▼Q sur le bras de M. de Weltz un chancre bien marqué inoculé par Ricord lui-même, qui avait pris le pus sur le chancre d'un singe; mais comme, à cette époque, la distinction entre le chancre et le chanchoïde n'était pas bien établie, et comme il n'est pas fait mention d'apparition de symptômes constitutionnels, on ne peut attacher que peu d'importance à cette observation.
Des recherches récentes tendent à confirmer les observations de Hunter et de Ricord ; le chancrolde pourrait être reproduit sur les animaux, tandis que l'inoculation du vrai chancre ne détermine qu'une ulcération locale, non suivie des symptômes de la syphilis constitutionnelle.
JuUien (3) dit, en parlant des expériences d' Auzias Turenne (4), qu'elles se rapportent à la contagion du chancroïde, et que les symptômes, qui ont suivi ses inoculations, n'ont été visibles que pour lui-même; que, d'autre part, Ricord, Diday (5), Langlcbert, Horand et Puech (6) ont pnbUé trop de résultats négatifs contredisant les observations d' Auzias Turenne, pour qu'on puisse leur accorder la plus légère confiance. En ce qui regarde les inoculations faites sur des chiens, Jullien rappelle les expériences de Velpeau, de Bretonneau, de, Horand et Puech, et les conclusions de Bouley,«qui montrent que les lésions produites sur ces animaux ne sont pas différentes des ulcérations si fréquemment observées sur les oreilles de certains chiens de chasse.
Le même observateur, parlant de la maladie qui s'observe sur les chevaux, qu'on appelle mal du coït, et dont nous reparlerons tout à l'heure sous le nom de la dourinef dit que, bien que cette maladie, qui est peut-être vénérienne, et dont le caractère contagieux semble difficile-
(1) Weltz, Ibid.
(2) Langlebert, Ibid.
(3) JuUien, Traité pratique des maladies vénériennes, Paris, 1879, p. 547.
(4) Aazias Turenne, BulL de l'Acad, de médecine, i9 mai 1866.
(5) Diday, Transmission de la syphilis de V homme aux animaux. Lyon, 1851.
(6) Horand et Puech, Recherches expérimentales pour servir à Vhistoire des maladies vénéiiennes chez les animaux. Lyon, 1870.
ment discutable, ait quelques affinités singulières avec la syphilis, néanmoins il ne nous est pas possible, scientifiquement, de dire qu'elle est la syphilis. Cette maladie fut observée en i 796 par Ammon dans le nord de la Perse, et s'est depuis répandue en Europe et en Afrique ; elle est caractérisée par des ulcères sur les organes génitaux, suivis d'éruptions cutanées, de différents symptômes nerveux, de paralysie et d'une mort lente. Bellardini décrivit cette maladie en 1849 comme la syphilis des chevaux.
Garenzi, de Turin, en 1874, fit des expériences dans le but de déterminer la susceptibilité des animaux de l'espèce bovine à l'inoculation de la syphilis ; mais malheureusement le cas sur lequel il a basé ses conclusions les plus positives a été interprété dans un sens diamétralement opposé par le professeur Gamberini, de Bologne. L'expérience fut faite sur une génisse qui fut inoculée avec du pus pris sur un malade présentant des ulcères vénériens multiples; à certains intervalles après l'inoculation apparurent des éruptions, de l'induration des glandes mammaires, de la chute des poils et des troubles généraux ; au bout de 229 jours tous les symptômes avaient disparu, et la santé générale de l'animal était rétablie. Le 131* jour, le D'Giacom|ni inocula une jeune fille avec le détritus des premières papules de la génisse, et cette opération fut suivie, à la fin d'une semaine, de l'apparition de petites papules distinctes de couleur cuivrée, identiques à celles de l'animal. Selon Gamberini, le malade, qui fournit le pus de la première inoculation, avait des chancroîdes, et la génisse ne présenta pas les symptômes de la syphilis constitutionnelle, la chute des poils étant fréquente chez les ruminants au mois de mars ; la malade qui fut inoculée avec les détritus des papules de la génisse ne fut tenue en observation que pendant huit jours, circonstance qui rend l'observation sans valeur, en ce qui concerne les symptômes qu'elle présenta.
Jullien donne également le résultat d'inoculations faites sur diverses espèces animales ; elles sont toutes négatives en ce qui concerne la production de la syphilis. 11 conclut en disant que jusqu'aujourd'hui la syphilis reste entièrement propre à la rfice humaine.
La conclusion de Belhomme et Martin (1) est identique. Le virus syphililique n'est pas transmissible aux animaux, son inoculation est tou-
(1) Belhomme et Martin, Traité de la syphilis et des maladies vénérietmes^ p. 85.