DES PLAIES EMPOISONNÉES
PAR JCM1N PAGKAED
Chirurgien à l'tiôpital ÊpiBCopal et à l'iidpiul Saint- Joseph, à Philadelphie (1).
OaoB les circonslances ordinaires, quand une personne bien portante reçoit une blessure, que la peau soit coupée, lacérée, piquée ou déchirée par un coup de fusil, la lésion locale tend loujonra vers la guérison, sans qu'il y ait d'autres troubles généraux que ceux qui sont dus à la gravité du traumatisme. Les anciens auteurs altribuaient cela à la médicatrix natura, exprèsaion Hausse, car elle implique Tidée d'une force astérieure qui intervient. Il est plus exact de dira que l'état de santé parfaite est la loi des organismes vivants et qu'ils tendent à y revenir quand ils en ont été détournés par une cause» dès que cette cause cesse d'agir.
Mais, si, au moment où la plaie a été faite, ou plus fard, avant qu'elle ne soit cicatrisée, un poison se trouve appliqué sur les tissus lacérés, il se fait une irritation, qui, surajoutée au traumatisme, vient non seulement modifier l'état local, mais encore affecter plus ou moins profondément tout l'organisme. Les poisons qui agissent de cette façon et dont nous aUons nous occuper, sont presque sans exception d'origine animale et il semble que certains d'entre eux seraient organisés. Cependant, jusqu'à présent on sait très peu de choses sur leur nature réelle et sur leur mode d'action. On se contente de décrire les symptômes qu'ils déterminent et à émettre des théories en rapport avec les lésions anatomiques qu'on observe.
Un poison appliqué sur une plaie affecte l'économie de trois façons, d'après ce que l'on croit :
(1.) Traduit par le D' Paul Rodet.
i* Par le système neroeux;
2* Par absorption par les lymphatiques;
Z^ Par absorption par les veines,
II est fort probable que ces trois processus sont souvent réunis dans le même cas ; de mémo que, dans beaucoup de cas, on pourra observer une plaie empoisonnée très légère, comme par exemple une piqûre de moustique, sans qu'il y ait irritation nerveuse ni absorption, si faible qu'elle soit, du poison par les veines ni par les lymphatiques. On pourrait peut-être dire que l'absorption veineuse n'est pas aussi bien démontrée que l'absorption lymphatique puisque les cas où la première semble avoir eu lieu sont passibles d'une autre explication à savoir que le poison a été conduit dans le système veineux par les lymphatiques. Ainsi il est souvent facile de constater la propagation de Tinflammation sur un réseau lymphatique, tandis qu'il n'y a pas d'exemple où l'on puisse prouver aussi clairement que les veines seules sont ainsi affectées. Mais nous reviendrons sur ce sujet.
L'empoisonnement des plaies semble favorisé par différentes conditions. Tels sont l'abattement, les maladies antérieures, l'effet des températures extrêmes de chaud ou de froid et peut-être l'état électrique ou hygrométrique de l'atmosphère. Ces diverses influences sont plus facilement appréciables dans les cas graves; mais il est probable qu'elles ne sont pas sans effet même dans les cas légers. D'autre part, nous signalerons certains états particuliers de tolérance ou plutôt d'immunité acquis par
JOnrV PACKARD. — PLAIES EMPOISONNÉES.
l'habitude. Je passerai successivement en revue : * s*en rapprochent; les piqûres dlnsectes; les les plaies anatomiques et certaines lésions qui i morsures de serpents et d'autres animaux (i).