‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 34 sur 343 · THÉRAPEUTIQUE DE L'INFLAMMATION · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE DE L'INFLAMMATION

applications chaades, nous augmentons bien la suppuration, mais nous hfttons en môme temps le remplacement du tissu détruit qui ne pourrait se faire si la suppuration était prédominante* Dans les anciennes ulcérations mal traitées, la suppuration et la formation de tissu s'équilibrent à peu de chose près ou même la suppuration est prédominante. Dans ces cas F ulcère ne guérit pas on tend même à gagner plus profondément. D'antres fois, au contraire, c'est la formation de tissa qui l'emporte, de sorte que les granulations s'élèvent au-dessus de la surface normale sons forme de bourgeons charntiê. Enfin, dans d'autres cas, la prolifération cellulaire en général est fort peu active, et alors l'ulcération ne goèiil pw, quoiqu'elle ne suppure pas. Dans ce dernier cas les applications chaudes peuvent stimuler le processus.

Il est probable que les différentes périodes de la réparation dépendent au moins en partie de Tétat de réplétion des vaisseaux. Des vaisseaux de noureDe formation se développent en même temps qne se fait la genèse du tissu ; le tissu nouveau, comme on le dit, se vascularise. Je ne puis rien dire anr la façon dont se fait cette nouvelle formation. Ce n'est pas qu'il manque de documents wat cette question, mais ils sont basés sur de si mauvais examens microscopiques que je ne les crois pas dignes d'être pris en considération. Il est probable que les vaisseaux sang;ain8 ne sont pas produits dans les granulatioos aatrement que dans l'embryon et que dans certaines néoformations inflammatoires dans lesquelles leur genèse a été déterminée avec soin (voyes p. 5 et stiiv.). De ce fait que les surfaces granuleuses saignent pour la moindre cause, on peut en déduire que le tissu de granulation consiste en un tissu jeune, mou, facilement perméable, facile à déchirer.

La guérison définitive d'un ulcère ne peut résulter des granulations seules : il faut qu'il se forme un revêtement épithélial. Ce revêtement procède soit des bords, c'est-à-dire du point où l'épithélinm n'est pas atteint, soit du centre de fakère s'il s'y trouve encore quelques glandes IntMtes. Enfin ce revêtement peut être obtenu axtifidéllement par la transplantation de lambeaoi cutanés (i). 11 est bien évident que la portion greffée doit toujours renfermer les cellules du corps muqueux pour la protection desquelles la présence des cellules les plus supérieures est aussi nécessaire. A un point de vue

(1) Comme Revordin Ta fait le premier. Voyez Raptort de Marc Sée {Gaz. mfid.de Paris^ 1SG6, q'26).

Encycl. de chirurgie.

théorique la transplantation du reie muco$um et de Tépiderme devsait de toute façon être suffisante à former un nouveau centre pour la production d'un revêtement de cellules à la surface de l'ulcère, et c'est ce qu'a d'ailleurs confirmé l'expérimentation. Je ne sais s'il serait préférable au point de vue pratique de transplanter seulement i'épiderme à la place de la peau entière. La raison de la transplantation doit être cherchée dans ce fait que Tépiderme prend plus facilement naissance dans I'épiderme que dans le tissu de granulation produit par le tissu conjonctif. Aussi, lorsque l'ulcère est très étendu, lorsque la production épidermlque qui part des bords est devenue insuffisante, nous transplantons de I'épiderme au milieu de l'ulcère afin d'établir un centre d'où partira le processus de guérison.

La guérison par formation de tissu de granulation est nommée guérison par suppuration ou par seconde intention en opposition avec la gué^ rison par première intention (John Uunter). Dans la guérison par première intention il n'y a pas de suppuration ; les bords et la surface de la plaie s'unissent directement. Malgré cela le vieux tissu doit de nouveau se ramollir et devenir capable de prolifération, car autrement une réunion définitive ne se produirait jamais. Des recherches nombreuses ont montré que les cellules d'une surface envoient les prolongements à l'autre côté, et en outre que dans le très petit espace qui sépare les deux lèvres de la plaie on peut trouver de jeunes cellules. Ainsi théorique ment la différence entre les guérisons par première et seconde intention est seulement quantitative. Pratiquement les choses sont bien différentes. En effet dans la guéiison par première intention la perte de substance est presque imperceptible et par suite l'organe lésé n'a à souffrir aucun trouble fonctionnel digne de mention. La guérison par suppuration, au contraire, suppose toujours une perte de substance, et le tissu qui remplace l'ancien est d'une nouvelle espèce ; c'est du tissu cicatriciel qui ne peut accomplir entièrement les fonctions du premier. Il est vrai que dans la peau, le remplacement de certaines petites régions par une formation cicatricielle est de peu d'importance ; mais dans la cornée, par exemple, s'il y a eu suppuration, la perte est irréparable. En effet le tissu cicatriciel n'est pas du tissu cornéen ; dans le tissu cicatriciel on trouvera bien des faisceaux, des fibrilles et des cellules, mais non celte masse homogène que j'ai décrite dans la cornée.

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STRICKER. — TROUBLES DE LA NUTRITION

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