PIQURES D'INSECTES' DE HYRIOPODES ET D'ARACHNIDES
« mouche noire » de juin duna les bois des pays du Nord, tODl les espèces les plus gênantes. La première cause une très grande irritntion, quand elle peut pénétrer k Irarers la peau, comme cela arrive souvent chez les enfants.
Certains ùvodet ou tiques {fig. 86), sont très irritants, dans les bois de Ncn-Jersey, dont le sol est sec at sablonneux, et peut-être ailleurs, on en trouve une petite variété qui s'insinue sous la ' peau. J'ai connu plusieurs entants qui en étaient couverts, surtoai dans les jambes^et au scrotum ; la démangeaison était intolérable, surtoul la nuit, et rendait tout sommeil impossible. Cependant dans les climats tropicaux, on en trouve des espèces plus grosses. En 1881, J'ai vu un monsieur qui, depuis plusieurs années, portait
Fig. "G. ~ Iiods du Chien.
ensevelie dans son thorax, la lête calleuse d'un gros ixode, ce qui lui causait une grande gène.
M. R. Allen âcritdeNaul(l), et donne 1* description de Vixodrs reticulalus ou tiqno du bœur, qai enfonça son SQColr dsns la peau, et qui, lorsqu'il est gonflé pir lo sang, UtelDt la longueur de 0-,OI3. Il s'exprime
• Le IT Juin, J'ai été piqué par un de ces animaux h l'aluelle droite, quand Je l'attnpd il avait d6Jk péndiré aasci profondément aoui U peau et je dus i'eitniîre de force. Le lendemain et pendant quatre jonn conafcatlt*, je me senuia mal k mon aiie, j'avais da la cèpbaUlgie frontale intense qui dura trois jours, de l'abattement, de l'Inappétence, de la loîf, de la raideur, du gouflemeot et de la douleur dans les muiclea du brat droit et dans i'aJMelle. Les ganglions axillairei étaient durs, inméAés, donloureai, mais ne suppurèrent pas. Les piqûres railes par l'animal devinrent des pustules entourées d'una aréole inflammatoire noirltre, qui se fendilla puis ae dessécha. La OkrTe était forte et j'Éprouvai des nausées, de l'iusoinnie, et, vers la fin, de la diarrhée. Peutêtre ce tique me venail-ll de mon cbevat, qui k ce moment avait la gale. " (1)
(I) Allen, The Lancet. la 27 août I8SI.
(J] Vo;et Hurlrel d'Arboval, Dictionnaire <U midtcine, de chirurgie et d'hygiène rétirinairet. Édition ZundaL Paris, 1870, tome II, p. 830.
Le Scorpion (flg. 67) ne se trouve g:uère que dans les pays tropicaux, et là sa piqûre, bien que très irritante, est rarement fatale. Certains auteurs prétendent que le gonflement de la langue est un symptôme constant ; parfois on a constaté de la parésie des muscles cervicaui, comme si le poison, après avoir été absorbé, exerçait une action élective sur certaines parties des centres nerveux (I).
Les Ariiignits (fig. 88) ont une mauvaise réputation, mais les espèces que nous connaissons ne sont pas dangereuses; cependant Stahl (2) a
rapporté un cas où la piqûre d'une araignée noire à l'épaule a été suivie d'un état de collapsus gravf
Fig. 88. — Appareil buccal d'Araignée (*).
(*)a, mandibules ouanlennespincéei ; A.lenrterocliets; ce, mlcboires ; d, palpes maxillaires énormes.
Halse (3) en cite un autre où des sympiftmes analogues ont apparu après une piqûre du pénis de la même nature.
(I) Voyei Saurel, Traité de chirurgie navalt. PirlSi 1861, p. Ii9.
(î) Suhl. American Journal of the med. teiettetl, mai isng.
(3) Halse, American Journal of Ihe med. teiencei,
JOHN PACtEABD. - PIAIES EHPOISONNÉbS.
(DaDs ces deux cas on eut recours à Ib médication antiphlogislique : saignée, calomel, émétique, purgatir. Le malade d'HaUe absorba en quatre heures, ISO grammes de laudanum et la mAme quantitë d'uoe solution ammoniacale.)
Les Myriopodet (Scolopendres) peuvent mordre ou pincer avec leurs mandibules (9g. 69), ce qui peut provoquer une inDammation, et mAme déterminer la mort : le docteur Lincecum (I), de Texas, en a rapporté une oliservation. On a aussi noté l'irritation causée par le contact des faites de l'insecte avec la peau, et quand on touche un de ces mjriopodea, si connus dans nos pajs, 00 éprouve une sensation particulière de
Fig, 89. — Extrémité inléri«uro du Sïolap«adra lotigni* (de grandeor naturella).
frémissement dans les doigts, qui dure pendant quelque temps. Mais il est clair que la quantité de poison contenue dans le corps de ces animaux est beaucoup moindre que dans le cas précédent, où l'animal mesurait 0°>,20 de long et près de 0-,OZS de large. Hoquin Tandon (2) raconte qu'un officier de Cayenne.en 1828, avala sans s'en apercevoir un mjriopodc qui se trouvait dans de l'eau. Il s'en suivit une tuméfaction énorme du cœur, des phénomènes nerveux très marqués et enfin la mort
Symptomea. ' — PronoBtlc.
Je ferai remarquer encore une fois, que dans ces empoisonnements parles piqûres d'insectes (et cela est aussi vrui pour les morsures de serpents), la gravité des symplômes est eu raison directe de la quantité de venin absorbée. A ce point de vue, les troubles produits diffèrent de ce qui arrive dans le cas de plaie analomiquc,
(I) Lincecnm, American Journal ûf Iht mti. t^encta, octobre ISSfl.
(î) Uoquin-TiDdoD, Étimenti de Zoologie midicalt, !• édition. Paria, 18G?.
OÙ ta plus faible dose de l'agent morbide peal donner lieu aux états les plus graves. II peat arriver, cependant c'est très rare, que des piqûres dlnsectea déterminent des troubles généraux graves ; on observe parfois de la fièvre et de l'abatlemenlquand elles Bonten grand nombre. Les voiBgeurs, qui sont exposés aux piqûres de puces et de punaises, ont pu en faire l'observation, mais l'insomnie peut bien aussi y être pour quelque chose.
Od a aussi rapporté des observations où des piqûres d'abelUes et d'autres insectes de ce genre avaient pu causerie mort (0- Des hommes, des chevaux ou d'autres animaux, ont été assaillis par des essaims d'abeilles, de guêpes ou de frelons, et leurs blessures ont été assez graves pour amener une mort immédiate. On n'a jamuB observé ces cas avec soin, et en génènl, ils se sont présentés dans des circunstsnces telles, qu'une observation scientifique sérieuse était impossible ; cependant il semblerait admissible qu'une pareille dose de venin d'insecte ail agi comme le venin de serpent, et que la caote déterminante de la mort a été due au retentissement sur le svstème nerveux. Le docteur James Hease (2) a rapporté un certain nombre de cas de mort consécutive à de simples piqArea. Le docteur Lidell (3), dans un article sur les plaies du crAne, signale les plates empoisonnées de cette région, comme spécialement dangereuses. Le docteur Gilson (4) a rapporté un cas monlel d'empoisonnement causé par la piqûre d'un insecte inconnu survenue à bord d'un navire à Nagasaki (Japon). La piqûre siégait au médius elles symptômes ressemblaient h ceux d'un empoisonnement par les narcotiques. 11 s'écoula quatre jours entre le début des troubles morbides et la terminaison fatale, et d'habitude cela dure moins longtemps.
, TraltemMit.
Dans tous ces cas, les principes généraux i^it traitement sont les mêmes : il faut calmer l'irri-
(I) Delpecb, Ut dépâti det ruchtt tfabriUet ezisfanl iiir diffèi-enlt poUu de la ville de Paru {An naUi d'Hygiène, 1880, tome III, p. Î89) et Bretin. Uerveillei de la Nature, tome VU, Itueele*. Pirii, 1S83, p. bit.
(!) Messe, Amtricart Journal of the med. tcieneet, novembre 1B16.
(3) Lidïll, American Journal of the med. teieneei, «vr» 1879, D*m.
(t) Gilson, Amrrican Journal of the med, tcienai, •uil t8<0.