PLAIES PRODUITES PAR DES POISSONS
Certains poissons poitent des nageoires très acérées qui peuvent produire des plaies empoisonnées (I).
Hurraj (2} en a rapporté une observation.
Dn Jeane Iionime fttt blend sur la cAte Irtandilee par ano espèce de liareng, ippeli perche, qui poslède des écailles dures et duo nageoire dorsale très icérde, dont les pQcheDra redoutent la piqûre. !■> pille liégeilt au poQce, et, bien que l'IndlTlda l'ait mcéa iuiniédiiteinenl, il raisentlt de la douleur Ju»iga'au niveau de l'aiisells et le lendemain tout la membre était enfliS. une adénilo aiillalre était lurrenoe, avec de la flivre et de la ciiplialalgie. Le pouli était à 98 et la température K iH'. On Bt une Incision, pals un appliqua des cataplasmca et ensuite du coton, lec rccDQirant le bras qui était saupoudré de bkarbonalo de sonde. On administra également ans purgiiion et U guérison (ht rapide.
La Vive-Araignée (Trackinm aranéa, Percoldes) est asset communs dans la Héditerranée et dans la Hanche. C'est un poisson gris roussâtre, plus pâle sur le ventre, avec petites taches ou points bruns DOirâlres (Qg. 90). Pre-
mière dorsale noire, à rayons épineux, rnlnérants; deuxième dorsale ponctuée de brun sur les rayons, taches brunes et jnunes, sur la caudale pectorale et Tentrale grises. La piqûre des premiers rayons de la nageoire dorsale détermine une très vive douleur avec gonflement de la région, engourdissement, oppression, convulsion, flène (Risso). La Vive- Araignée se tient sur le sable et redresse sa nageoire dorsale sous le pied des pécheurs qui marchent sur elle.
Dans la Ui^ditemnée et dans cerlaines autres mers de l'Est, il ; a également d'autres poissons qui perlent des nageoires dorsales capables d'empoisonner les plaies qu'elles font. D'autres ont la nageoire dorsale reliée à l'opercule bran-
Niellj ( I) a signalé une espèce {Thalassophryne reticulata], que l'on trouve à Panama, qui possède quatre nageoires, dont deux dorsales sont reliées il l'opercule branchial j on prélcud que chacune de ces nageoires est traversée par un canal qui correspond avec une vésicule remplie
Fig. so.
Ar.lg,iée.
L'Acanl/iiirus (phisbotomut, chirurgien, Malocoplijrjgieiis scomlièroîdes), que l'on trouve dans la mer des Antilles, a des nageoires qui sont mobiles de chaque cOté de la queue.
(1) On irouv, des poissons vi
>a do grands détails sur la question
Inérants ot loilcoptiores dans Fonsaa- •l'Ihjyiérte navale, 2' édition. Pari», 1817, p- 623. — Corre, Noies pour seivir à l'histoire <'cs poissons vénéneux lArcli. de ilid. navale, IBGS, I" soincsire). — Caavot. Ilislbire naturelle médicale. ■.' édition, Paris 1877.
(7) Murray, The Lamel. 3 janvier 'BJO.
La Raie est souvent appelée raie-'piquante, à cause de sa nageoire caudale longue et aiguë, qui Tait de nombreuses blessures, mais qui n'ont aucun caractère de gravité.
Les morsures de requins, qu'on observe parfois au bord de la mer,ou chez ceux quise baignent à l'embouchure des grandes rivières ne sont pas rares dansl'lndc, et on en a observé à New- York. Elles ne présentent aucun caractère particulier.
(1) Nielly, Étiments de pathologie exotique. Paris,
JOHIf PACKARD. - PLAIES EMPOISONNÉES.
Ite
d'ane substance neutre et non albuminoîde, ainsi qu'à celle d*une autre substance comparable aux alcaloïdes cadavériques, — les ptomalnes, — et qui existent en proportion variable dans la salive de tous les animaux; cbez les oiseaux, par exemple, cet alcaloïde se trouve dans un état de dilution sept ou buit mille fois plus marqué que dans le venin des serpents ». Ces assertions ne peuvent pas élre admises sans des recbercbes plus étendues, mais elles méritent d'être prises en considération et peuvent aider à arriver à la solution du problème.
Mértallté par tes morsures de serpents.
Généralement on redoute beaucoup les morsures de serpents, et l'opinion la plus répandue c'est qu'elles sont presque inévitablement mortelles. Fayrer dit que dans l'Inde le nombre des morts est chaque année effrayant. Les rapports officiels nous apprennent qu'en 4880 (l), il y a eu au Bengale i 0,064 personnes qui ont ainsi perdu la vie ; mais il est permis de regarder ce chiffre comme inexact, car un grand nombre de ces ci^ était en réalité des suicides, que des amis du mort déclaraient comme morsure de serpent, afin de sauvegarder l'honneur des familles. Mitchell (2) montre que très souvent les morsures de crotale ne causent pas la mort, et, en analysant les différents cas, il en conclut que la guérisoii arrive dans les proportions d'au moins sept fois sur huit.
Peut-être qu'il faut attribuer la grande mortalité constatée dans l'Inde à ce que les serpents y ont une activité plus grande, au genre de vie des habitants et à leur pouvoir de résistance moindre. Il est probable que les serpents ne se servent de leur appareil venimeux contre l'homme, que comme moyen de défense quand on marche sur eux, ou quand on les attaque ou qu'ils sont surpris.
SymptAmea.
Nous avons dit que la gravité des symptômes dépendait de la quantité de venin absorbé. 11 est probable aussi que si le poison pénètre simplement dans le tissu cellulaire sous-cutané, il ne causera qu'une légère irritation (3) locale, tandis
(1) BiUish med. Journal, 12 nov. 1881.
(2) Mitchell, Sorth Americ. med, chir. Rrviewt mars
{%) Comme dans beaucoup d'auurcs formes d'empoisonnements, on constate parfois des anomalies dans les symptômes. Ainsi, dans The Lancet do 9 juillet 188*,
que s'U est introduit dans ane Tcine et péoètre directement dans la circulation, les résultats oi seront beaucoup plus graves. La partie, qui est le siège de la morsure, gonfle immédiatement et devient très douloureuse, puis la douleur et le gonflement gagnentle tronc, n y aen méoie lenps une congestion violente et l'on voit appandtredês taches ecchymotiques. Bientôt sorviennent dei symptômes très marqués de shock : lipothyime, éblouissements, vertiges, perte delà parole (<), obscurcissement de la vue avec des sueurs visqueuses et un grand effroi ; des nausées, des vomissements, une grande faiblesse ; le pouls est rapide et petit et la respiration embarrassée. La mort peut survenir très rapidement en moins d'une demi-heure dans un cas et de quarante minutes dans un autre (2}, généralement daii« l'espace de cinq heures à deux jours. Quand la vie se prolonge au delà, les symptômes précédents font place à ceux observés dans les forma ordinaires de septicémie et la mort survient ptr épuisement ou par perte du pouvoir nerveux. Dans ces cas, il semblerait que le renin, au cou* traire des autres poisons animaux, a pénétré dans l'organisme par les veines et non par lei lymphatiques, puisque ceux-ci n'accusent aucon signe d'envahissement et que le début rapide des symptômes généraux indique que toute la masse du sang a été atteinte d'un seul coup. • Cependant, comme il a été dit plus haut, les symptômes menaçants peuvent ou ne pas arriver du tout, ou céder au bout de cinq heures, môme sans traitement actif. C'est ce qui arrive presque toujours dans le cas de morsures de vipères, .\insi on rapporte 1 observation (3; d'un M. Duméril qui avait été mordu en cinq endroits aux bras et aux mains ; il eut deux syncopes et fut très malade pendant vingt-quatre heures, mais il guérit très bien. I^ D' T. S. Savage (4; rapporte deux cas de morsure du Ceniit^i comtitus, serpent très redouté des naturels da sud de l'Afrique, et aucune d'elles ne fut mortelle.
p. 75, on trouve le cas d*Qn chirurgien indien qui, deux heures après avoir été mordu au pied par m serpent, éprouva de la douleur, qui remonta jusqu'à l'alnc droite, atteignit le lendemain l'aisselle droiic en mftmc temps que répaulo et lavant-bras gaucbc se tuméfiaient. Le malade guérit aa bout de qnelqiei jours à Taide de fomentations chaudes.
(I) W. Ogic, Saint George's Hos^^iial Reports, ISC8.
(?) Sbaplcigh, Americ, Journal of the med, «o«^ CC5, avril ISCO.
(3) American Journ, of the med. icienees, JmlleC
(4) Savage, American Journal of the med. îctcticw, jinvîcr 1849.