PATHOLOGIE DU TUBERCULE
probablement posséder une certaine prédisposition à l'infection par le tubercule.
La tuberculisation artificielle vient à l'appui de la théorie qui fait du tubercule une affection inflammatoire, car son développement Ëemble s'accompagner d'inflammation.
n est très difficile de tirer de ces expériences des conclusions satisfaisantes relativement à la tuberculisation chez l'homme.
Puisqu'on reproduit le tubercule expérimentalement chez les animaux en leur inoculant de k matière caséeuse (tuberculeuse ou non), pourquoi l'éclosion de la tuberculose chez Thomme ne serait-elle pas la conséquence de la présence de malîèie caséeuse dans un point quelconque de son organisme? Bien avant qu'on ait fait des expériences sur les animaux, Buhl (i) a signalé la très grande fréquence du développement de la matière caséeuse chez les tuberculeux. Ce ùÀî et d'autres encore l'ont amené à considérer le tubercule comme le résultat de l'infeclion ; il en arma en effet à regarder toute tuberculose, aiguë on chronique, générale ou locale, comme le résultat d'une infection consécutive à FabletpCion de produits caséeux. Aujourd'hui, hte qu'on ne poisse plus accepter les faits tels que Buhl les a présentés, il n*en est pas moins vrai que l'opinion généralement admise est celle de cet auteur légèrement modifiée. La liiéorie de l'infection ou de l'absorption soutient que tout tubercule est le résultat de l'ab- •orptton de matière infectieuse, mais cette mattèie n'a pas besoin d'être caséeuse, bien que la mafièie caséeuse soit celle qui produit le pins sûrement le tubercule. Un certain nombre de faits, cependant, s'opposent à ce que cette ihéofie soit adoptée par tout le monde ; car on ne peut pas toujours retrouver la lésion origiseDe, même quand on la recherche avec beaucoup de soin ; il est vrai qu'on peut toujours fire qu'elle s'est résorbée, ou, comme cela peut être, qu'elle a suppuré. En outre, si la matière caséeuse est assez puissante pour devenir un agent d'infection, comment peut-on expliquer ks cas, et ils ne sont pas rares, où des masses csséeuses ont séjourné pendant très longtemps dans l'organisme sans déterminer la tuberculose?
On répond à cette question en disant qu'il faut créer une certaine prédisposition au développement de la tuberculose, et on invoque à l'appui de cette idée la difi*érence de récepti-
(1) Bahl , Lungenentxûndung , tuberculose und SckwindeuM.
vite qu'il y a entre certains groupes d'auimaux. Mais cette preuve perd beaucoup de sa valeur quand on songe que chez les animaux on l'étend à tout un genre ou à toute une race, tandis que chez l'homme on l'applique seulement à des individualités. A cette réponse évidemment insuffisante, Niemeyer (1) a ajouté que la matière caséeuse doit, pour devenir infectieuse, remplir certaines conditions d'âge et de développement, et ne doit pas être entourée d'une capsule; de plus il paraîtrait que le pouvoir infectieux de la matière caséeuse et de certains produits tiendrait à ce qu'ils contiennent des organismes inférieurs; une espèce de micrococcus selon Klebs (2), des bactéries selon Buhl (3).
Pathologie du tubercule.
La nature et le développement du tubercule sont des questions qui embarrassent le plus les pathologistes contemporains. Nous y répondrons en énumérant les idées qui sont le plus probables et qui sont généralement admises aujourd'hui. Le tubercule à l'état parfait a une structure microscopique telle que nous l'avons décrite dans notre définition. Quelques tubercules n'atteignent jamais ce développement typique et cette déviation du tubercule type tient à sa localisation. Le tubercule est un produit inflammatoire, ce n'est pas un néoplasme de mauvaise nature (comme le sarcome et le carcinome malins). Tout tissu ou tout organe tuberculeux est un centre de tuberculisation qui peut être transporté dans un point quelconque de l'organisme; cette migration de la matière tuberculeuse s'effectue par l'intermédiaire des différents vaisseaux. Le tubercule peut être chez certains individus le résultat de l'absorption de certains produits infectieux.
Les autres points de la pathogénie du tubercule ne sont pas encore suffisamment élucidés pour que nous puissions nous prononcer sur leur valeur. Nous ne pouvons encore dire pourquoi la tuberculose se développe. Nous ne pouvons affirmer si le tubercule est toujours le résultat del'absorption de la matière infectieuse, ou s'il est dû à une autre cause. Nous ne pouvons pas non plus dire avec certitude si la matière infectieuse est simple ou spécifique. Bien
(t) Niemeyer, Éléments de pathologie interne, 8* édition. Paris, 1873.
(2) Klebs, Handbuch der pathologischen Anatomie.
(3) Buhl, loc, cit.
T lUaniAH BOTLIN. — TUBERCULE.
sioss TvisBinis sAim£7P çuû faiit ane ceriiziia iiiia" qi^e fe tubercole se le jccroos encore dire de ttçegii aifZe pv^Csposîfîoo. Il y a qael- Minc'js «im« ea disait que lliérédité {ait u» À» TrrzKCÇkiles causes de la tubercu- ;;^s« «ciinxinf tei ca nie Ilofloence de Iliéré- 4iitr. nufi^ vt â: f«e les enfants héritent d'une Cïsrziiire iRinâçosîtion au déyeloppement de stfeioîes^ rfiev-icst». et que ce sont elles qui pro-
Ttttitement da tnbercnle.
?^ jj^^tioos tuberculeuses qui sont du res« !jk chirurgie sont analogues à celles .{vic »;c» avons citées; elles siègent à la langue, «i ?^iJnTXX» dans les glandes, sur la muqueuse vttML^e^ dans les testicules, on peut ajouter à {^rCDe Ib$;e la tuberculose des os, du périoste, Ai^^^T^o^ laies; la tuberculose du larynx ou des «lettùi^c;» est autant du domaine de la médediK que de la chirurgie.
IVins cet article nous n'avons pas eu la préiKition de faire un traité détaillé et complet de Ift tuberculose de toutes ces régions; cette étude trouiera sa place toute naturelle quand «NI décrira chacun des organes ou tissus en paiticuUer.
>V.intenant il nous reste à dire quelques ttK s du traitemeïit de la tuberculose; ce traitemt V doit non seulement être dirigé contre les tul «renies, mais aussi contre la diathèse ; car DOS connaissances étiologiques de cette afieclîon, et la marche qu'elle doit tuivnd selon lonte Traisemblance, nous obligent tout natuiM^Uoment à recourir aux moyens qui semblent les plus propres à en préveiùr Tèdosion ou à en arrêter les progrès. Xou$ eroyous que les descendants de tuberculeux sont prédisposés à la tuberculose ; si nous ne pouvons empêcher les parents do communiquer cette prédisposition à leurs enfants, nous pouvons cependant placer ces enfants dans des condiikms qui diminuent leurs chances de devenir lul^ivuleux.
Piar une hygiène bien conduite, par la bonne Mwrriture et en leur donnant des véteineiits convenables, nous pouvons soustraire à la tu- Wff^ulose un grand nombre d'enfants pauvres ; cbet le^ enfants des classes plus aisées, nous is les engager à choisir une profession
(r* KUioth, Fitha et Billroth's Handbuch d«r ehirwrjL\ Bd 1, Abtb. î, Heft I, 9 «07.
qui ne les expose pas trop anx intempéries, au froid, à l'humidité. 11 faut les envoyer dans un climat pur et sec, qui soit à l'abn des vents continus et froids.
Quand il y a déjà des tubercules, à ces mesures générales il faut ajouter l'administratioo de certains médicaments qui ont sur la marche du tubercule une influence bien reconnue depuis longtemps. 11 faut prescrire l'huile de morue, le sirop d'iodure de fer, le quinquina, les alcalins ou les acides selon les cas. Nous croyons que le tubercule peut guérir, rarement il est vrai; cependant des gens qui paraissaient atteints de tuberculose pulmonaire ont guéri, des malades atteintes d'ulcérations de la bouche et du pharynx qui présentaient les caractères d'ulcérations tuberculeuses typiques, obser?és a?ec soin, ont guéri lentement mais radicalement
Quand une petite surface facilement accessible est tuberculeuse, et qu'on n'a aucune raison de soupçonner des altérations dans les autres organeS) il est préférable, en raison de la nature infectieuse du tubercule, d'enlever cette surface tuberculeuse, comme on le ferait d'un néoplasme malin. C'est la pratique à laquelle on s'est arrêté depuis quelques années, et on a traité de cette façon la tuberculisation du testicule, de la langue, des os et des jointures. H est bien évident que toujours on doit choisir pour opérer des cas favorables, et s'entourer de tout^ les précautions opératoires nécessaires. Tous les chirurgiens ne s'accordent pas sur ^oppo^ tunité d^enleverdes ganglions tuberculeux; car, bien que souvent l'affection reste localisée à un certain groupe de glandes, il est rare qu'elle n'atteigne qu'un seul ganglion, et qu'elle ne se propage pas de proche en proche aux voisins. Il est rare qu'on puisse enlever complètement toutes les glandes d'une région, surtout celles du cou qui sont celles qu'affecte le plus souvent la tuberculose. Quand on enlève une des glandes, môme la plus volumineuse, l'opération loin d'être avantageuse provoque généralement une poussée aiguë dans les gangh'ons qu'on laisse derrière. A l'appui de cette règle je puis citer l'observation d'une jeune fille de douze ans, qui, depuis deux ans et môme davantage, était affectée de tuberculisation des ganglions sous-maxillaires; de temps à autre les ganglions suppuraient et donnaient lieu à des ulcérations de mauvais aspect, puis les oriflces se fermaient et tout semblait marcher vers la guérison; mais il restait une grosseur déplaisante à la vue et ennuyeuse pour la malade. Je l'enlevais avec toutes les précautions nécessaires.