‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 4)Chapitre 69 sur 343 · NATURE DU TUBERCULE · texte numérisé non relu

NATURE DU TUBERCULE

Le doute dans lequel on est relativement à la nature du tubercule et la ressemblance que 9a marche affecte avec certaines tumeurs malignes ont conduit Virchow (1), il y a longtemps déjà, à le considérer comme de nature maligne. Sa structure, son incurabilité apparente, sa marche envahissante sont les princip-iux caractères sur lesquels Virchow se fonde pour adopter cette manière de voir. Assurément cette théorie est séduisante, peut-être même que certaines lésions qu'on regarde comme de nature tuberculeuse ne servent qu'à la confirmer, mais il y a beaucoup de raisons qui s'opposent à sa généralisation. D'abord le développement du tubercule s'accompagne presque toujours d'inflammation, certains auteurs en ont même conclu que le tubercule avait une origine inflammatoire ; ensuite jamais dans les néoplasmes malins il n'y a, comme dans le tubercule, absence complète de vaisseaux, et la troisformation caséeuse n'y est pas fréquente; cette caséificalion s'observerait-elle du reste souvent dans le carcinome et dans le sarcome, qu'elle ne constitue jamais une phase essentielle du développement de ces néoplasmes, et elle n'est jamais assez prononcée pour déterminer la formation de grandes masses de matière caséeuse. Le tubercule se distingue aussi des néoplasmes malins par certaines particularités de son mode d'envahissement; par exemple souvent il se dissémine sur de larges surfaces. Enfin nous pouvons reproduire le tubercule à volonté, et nous ne pouvons en faire autant des tumeurs malignes.

Chez certains animaux, on peut reproduire par l'inoculation un produit qui ressemble dans ses attributs essentiels au tubercule. Cette tuberculose artificielle s'obtient avec la plus grande facilité chez le cobaye et chez le chien. Quand on introduit sous la peau d'un de ces animaux une petite quantité de matière caséeuse, ils tombent malades, meurent au bout de quelques semaines, et à l'autopsie on retrouve des tubercules dans différents organes, et surtout dans les poumons. Quand on injecte dans la

(1) Virchow, Krankhafien GeschwûMe Varies, XXI.

cavité pleurale un liquide contenant des particules caséeuses, provenant des ganglions lim« phatiques tuberculeux, cette matière s'éteod sur la surface pleurale, et y détermine la forint* tion de nombreux points d'Induration (tub«> cules); de là l'infection tuberculeuse se propage, par l'intermédiaire des lymphatigaes» jusque dans les ganglions qui deviennent tuberculeux ; la matière tuberculeuse est ensuite reprise par les veines et lancée dans tout l'organisme. Les nodules d'induration ainsi produits se composent en grande partie de tissu adénoïde, et n'ont pas la structure du tobercole type qu'on avait injecté dans les poumons, cependant, on y retrouve beaucoup de ceUolesépithéliales. Ces tubercules subissent beaucoup plus rapidement la dégénérescence caséeuse que les tubercules qui se développent cha l'homme. Enfin, il est remarquable que les inoculations de tubercules chez les animaax ne déterminent jamais la tuberculisaûon cérébrale qui est si fréquente chez l'homme.

Telles sont les principales différences qui existent entre la tuberculose aiguë spontanée et i artificielle, mais elles ne sont pas sufBsantei ! pour faire rejeter l'identité des deux lésions. ' Cependant l'inoculabilité de la tuberculose n'i pas dit son dernier mot; les expériences de SaJh derson et de Fox (4) ont nettement pronri qu'une substance irritante quelconque injectée d'une certaine façon détermine l'édosion de tubercules aussi sûrement qu'une injection de matière tuberculeuse. Si on introduit sons k peau d'un chien ou d'un cobaye un séton on de la matière tuberculeuse, il se développe en cet endroit un abcès froid, et ultérieurement des tubercules qui se localisent comme ceux qui surviendraient à la suite d'injection de matière tuberculeuse. De plus, on a reconnn que certains animaux seulement ont la spédalité de devenir facilement tuberculeux de cette façon, tandis que d'autres, tels que le chat, sont réfractaires aux inoculationSé

L'expérience nous apprend qu'on peut reproduire le tubercule arlificiellementi que toute lésion capable de produire un abcès froid, ou mieux encore la caséification, peut être l'origine du développement de la tuberculose, que par conséquent U n'y a rien de spécifique dans le produit que l'on injecte ;. mais elle nous apprend aussi que, puisque certains animaux résistent mieux que d'autres à l'infection, il faut

(1) Sanderson et Fox, Récent Retearches on aHifiàm^ tuberculosis, Edinburgh, 1869.

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