‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 103 sur 482 · PLAIES AVEC CORPS ETRANGERS DU POUMON · texte numérisé non relu

PLAIES AVEC CORPS ETRANGERS DU POUMON

Ces corps sont de nature très variée. Ce sont des balles entières ou fragmentées, des esquilles détachées des côtes, quelquefois même des parties de fleurets ou d'épées; on a également trouvé des morceaux de vêtements entraînés par un projectile. Les efl*ets que produisent ces corps sont différentes suivant leur nature, leur forme, leur volume. Il y a toujours un certain degré d'inflammation pendant les premiers jours, puis la tolérance s'établit pour certains cas. En général dans ces cas la plaie se cicatrise, et le malade se rétablit, puis au bout d'un certain temps, le malade est pris de toux, d'une expec-

LE BEC — MALADIES DU THORAX, PLÈVRES, POUMONS ET COEUR

toration abondante, dliéinoptysie, de dypsnée. 11 se forme quelquefois un abc^ pariétal, la cicatrice s'ouTre, et le corps étranger s'éUmine au milieu de la suppuration. Dans d'autres cas, le malade est pris d'un accès de suffocation, l'abcès s'ouTre dans les bronches et le corps étranger, s'il est asses petit pour passer, est re* jeté au milieu d'une Téritable toux romique.

Quand on parcourt les auteurs classiques, on est frappé de la tolérance absolue que Ton remarque dans certains faits, témoin le fragment de fleuret que Ton trouva fiié dans le thorax d'un forçat de Rochefort, plus de quinxe ans après la blessure, et dont Berchon a donné une histoire détaillée.

Ce fragment de lame, long de 83 millimètres, se dirigeait de haut en bas, et d'avant en arrière, de la face inférieure de la première côte gauche à la quatrième Terlèbre dorsale du même côté. Les extrémités de la lame de métal étaient entourées par des ostéophytes, qui lui formaient comme une gaine incomplète. La pointe avait dû traverser le sommet du poumon gauche, en passant à côté de la crosse de l'aorte, et de la veine sous-clavière gauche.

Quoi qu'il en soit, les corps métalliques 5ont ceux qui se prêtent le mieux à la tolérance, car on ne cite aucun fait semblable pour les autres corps, qui promptemont déterniiiienl de la suppuration et tendent à i^tre éliminés.

Quand le poumon se cicatrise, on trouve autour du corps étranger une véritable membrane cicatricielle qui l'enk^ste, tandis que le tissu du poumon tout autour présente une induration assez nianireste. Si le poumon ne tolère pas le corps étranger, il se fait tout aulour une véritable pneumonie chronique qui devient ulcé-

reuse, qui se termine pour suppuration. Nous n'avons pas à revenir sur les symptômes des corps étrangers, qui sont ceux des plaies du poumon; nous les avons exposés plus haut.

Nous n'insistons pas davantage sur leur pronostic, dont on sait toute la gravité, surtoui pour les corps introduits à la suite de coupa de feu.

Le traitement général est le même que celai des plaies pénétrantes de poitrine au début* Faire une occlusion de la plaie pour empèchaa l'accès de l'air extérieur, veiller aux phénomènes inflammatoires, et les combattre dès leur apparition, n est plus difficile de formuler la conduite à tenir en face du corps étranger. S'il est volumineux, saillant à l'extérieur, ou facile à atteindre, U faut en pratiquer immédiatement ^extra^ tion ; si l'on ne voit qu'une plaie et rien de plui| et que Ton ait la certitude morale de la présence du corps, la difficulté est grande. Dupu3rtren rejetait absolument la sonde de poitrine des anciens, et regardait comme une hérésie son introduction dans le parenchyme pulmonaire. Legouest admet l'emploi d'une sonde voluroineose molle et qui, maniée avec prudence, ne déteraiine pas plus d'inflammation qu'un corps pointu. Le seul risque est de faire une exploralioa inutile. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue, malgré ce que dit Legouest, que Ion peut provoquer une hémorrhagie eu déplaçant un caillot, etque la découverte d'un corps de petit volume est rien moins que certaine. Si par une heureuse chance on a découvert le corps du délit, il faut l'extraire avec des pinces longues et fines, et même au besoin élargir un peu la plaie d'entrée, en faisant une incision très près du bord supérieur de la cote inférieure.

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