‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 102 sur 482 · PLAIES AVEC CORPS ÉTRANGERS DU POUMON · texte numérisé non relu

PLAIES AVEC CORPS ÉTRANGERS DU POUMON

complètement. Le sang qui sort par la plaie thoracique est mélangé à l'air ; il est spumeux, sort quelquefois avec bruit; Legouest a même vu à la suite d'une simple piqûre de fleuret, le sang sortir sous la forme d'un jet. SMl y a des adhérences pleurales, la sortie du sang se fait facilement. Dans le cas contraire, il se produit une hernie (pneumo-thorax), et le poumon va s'affaisser contre la colonne vertébrale. C'est alors que se manifestent les phénomènes que nous avons étudiés plus haut à propos de cette affection.

La pneumonie qui se montre à la suite des plaies du poumon a quelque chose de spécial. Elle a pour caractère d'être surtout catarrhale, comme Ta fait remarquer Vulpian. Elle est le plus souvent localisée tout autour de la plaie viscérale, et n'a que peu de tendance à se généraliser. Mais si un corps étranger est resté en place, il faut craindre l'apparition de la suppuration. Le début du mal est différent de la pneumonie franche. Le mal se montre vers le troisième ou quatrième jour, mais d'une manière insidieuse, sans frisson. Le malade est atteint d'une TÎolente douleur de côté et d'une dypsnée intense.

L'ascension du thermomètre ne se fait pas d'une manière brusque, mais progressivement A Fauscultation on entend autour de la plaie des rflles sous-crépitants à grosses bulles , plutôt que des râles crépitants vrais. Les crachats contiennent des stries de sang.

Quand le mal se termine par résolution, elle se fait vers le neuvième jour en général.

Souvent la plèvre est atteinte en même temps soit parle fait d'inflammation du poumon, soit parle fait de la pénétration de l'air et du sang. Il se fait facilement une pleurésie purulente.

Elles peuvent intéresser les parties molles ou le squelette. Leur trajet en séton peut être très tortueux, et même faire le tour de la moitié du thorax.

Ces plaies se guérissent lentement, surtout si le squelette a été atteint (ostéite, nécrose, abcès, etc.) 11 faut ajouter à cela la contusion des viscères, qui est souvent mortelle.

Traitement.

Comme traitement, il faut combattre les complications intra-thoraciques, extraire les corps étrangers.

PLAIES PÉNÉTRAIO'ES.

Elles sont presque fatalement compliquées de la blessure d'un viscère, surtout le poumon, et ^c fractures des. côtes, du sternum, de l'omo-

plate, etc. On peut en général facilement reconnaître la pénétration, mais si la balle a atteint l'omoplate ou le sternum, on peut aisément faire une erreur, car le projectile peut avoir dévié. Nous ne faisons que rappeler les symptômes : syncope, collapsus, dyspnée, sortie de l'air par la plaie, hémorrhagie, hémoptysie, hémo-lhorax, emphysème : tous symptômes que nous avons étudiés précédemment.

Parmi les complications nous devons signaler les hémorrhagies graves. Pendant la guerre de sécession des Étals-Unis, on a cité <37 morts sur 346 cas de pénétration. La hernie du poumon fut vue dans la même guerre 7 fois, dont 3 cas mortels. L'enkystement définitif des corps étrangers, est infiniment rare. Pour toutes ces causes les plaies pénétrantes de poitrine sont des plaies extrêmement graves donnant une mort immédiate sur le champ de bataille dans la proportion de 60 p. 100.

Traitement.

Arrêter l'hémorrhagie, extraire les corps étrangers facilement accessibles, faire l'occlusion de la plaie avec du coton et du collodion, lutter contre les complications inflammatoires. Duplay fait de plus remarquer l'opinion unanime des chirurgiens américains sur l'inutilité des saignées générales et sur l'heureuse influence des préparations opiacées.

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