‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 110 sur 482 · VI · texte numérisé non relu

VI

LE BEC. — MALADIES DU THORAX, PLÈVRES, POUMONS ET COEUR

L'hémorrkagie ne suffit pas à elle seule, excepté dans les cas de deslruclion totale du cœur, lésion qui est incompatible avec la vie. En effet, Técoulementdu sang à Textérieur ne se fait pas en très grande abondance, en raison de l'étroi- (esse de la plaie et de son obliquité, de la disposition entre-croisée des fibres musculaires du cœur, dans la formation de caillots de la plaie, et de la syncope.

La compression du c(Bur se fait parce que le sang s'épanche dans le péricarde qui forme un sac véritablement inextensible, comme Morgagni Tavait dit le premier. En effet, chaque contraction du cœur projette une nouvelle quantité de sang dans le péricarde, où il se coagule, et comme la poche n'est pas extensible, il arrive rapidement un moment où le cœur est comprimé, au point de ne plus se mouvoir.

La syncope joue un certain rôle, témoin le cas de Latour d'Auvergne, qui mourut subitement d'une plaie superficielle du cœur.

2<^ La vie se prolonge pendant un temps variable. Ce temps plus ou moins long, varie de une heure à plusieurs semaines ou môme des mois. Jamain attribue la mort à la compression, par l'accumutution lento du sang dans le péricarde. D'autroHfoÎH r'oHl ^ uno hémorrhagie que le maladoii MU(MM)mb<s ; ()iiol()uor()iM c'^Mt tMi faisant un elTortqui ib^pliini un culllitt ^^\^^ l'ht^niorrhagie du roitto 110 ra««p dnii* I0 iieiiiMirdo «tu ailleurs, voUîl tMiiiiMiMif l0«» I Im»*0«» 30 iianiitml. I.i»» promlnrn nr('lil0M(« |tt4tata0«, 10^ iMitlailtin ropronitent rnntin|o«»«tM0< i0 (himU bti ioIcn0, piiUlo malade riinui't )ii'i|ii(|M0M(0Ml ^iu l'«il rua, Jumnln compte Ni fuU o(t l0« (lM'd0t) tm( uihfti marché; et sur CD» Hi il iiii 0t»l Miiitl iil ilii (Uiiuiénio uu cinqulèrn» JuMl'- hoi b0i u une ktutUlique plus importtthto. Hur 4bu cub, il compte V19 morts conséeutiv0ii (tuiiii uu tempa qui varie entre une heure et neuf uiuiti après le moment de la blessure.

3" La guériiiuh est définitive. Les cas sont fort rares, mais pas autant qu'on serait tenté do le penser. Fischer, sur 81 cas eu mentionne hO, sur lesquels 36 fois la guériion fut vérifiée à Tautopsie. On trouve dans ces cas une ligne fibreuse, qui est la cicatrice do la plaie cardiaque.

Diagnottlo.

On ne connaît pas de preuve pathognomouique des plaies du cœur. On peut avoir des indications du liègo de la plaie, la profondeur

restant inconnue, puisqu'il est impossible de la sonder.

Nous ne pouvons pas tirer parti de l'hémorrhagie, parce qu'elle peut être nulle, tout le sang restant dans le péricarde. D'un autre côté, le sang peut être fourni par une artère intercostale ou la mammaire interne.

Les troubles nerveux sont si variables, que leur valeur est faible ; on a vu la même pâleur, la même anxiété, la même petitesse du pouls, pour une plaie insignifiante, qui n'était pas même perforante de la poitrine.

En résumé, on peut soupçonner une plaie du cœur, mais non la diagnostiquer d une manière certaine.

Pronostic.

11 est très grave, la mort pouvant survenir lu début par la compression du cœur, par le sang épanché dans le péricarde, par la désorgaoisalion du cœur, par la perte de sang primitive, et même les troubles circulatoires dépendant de la lésion elle-même. Plus tard l'endocardite traumatique, la péricardite, les hémorrhagics successives, ou même la syncope.

Jamain le formule ainsi :

1« Favoriser la formation d'un caillot qui obture la plaie faite au tissu du cœur.

2° Prévenir la chute du caillot, et pour cela modérer la force d'impulsion du cœur.

S"" Prévenir et combattre l'inflammation du péricarde et du tissu du cœur.

La première chose <\ faire est de soumettre le malade à une immobilité absolue, assez prolongée. Il faut ensuite faire une occlusion parfuite de lu plaie extérieure, avec du coton et du coUodion. Mettre de la glace sur la région cardiaque. Il est utile de saigner le malade et de faire ce que disait Dupuytrcn, « ne laisser au malade que la quantité de sang strictement nécessaire. » On diminue ainsi la tension sanguine. On prescrit en môme temps de la poudre de digitale, à la dose de 0,30 centigrammes ou de la digitaline; on met le malade à la diète rigoureuse. Plus tard on combattra les inûammations du péricarde, de Tendocarde par les saignées, les vésicatoires, les ventouses scarifiées. S'il y a un corps étranger facilement accessible, il faut en faire l'extraction, mais il ne faut pas ignorer que la mort peut immédiatement en être le résultat. Il ne faut jamais sonder une plaie de la région cardiaque.

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