‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 109 sur 482 · ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

ÉTRANGERS

On connaît un grand nombre de cas de balles trouvées dans le cœur des animaux, cerf, sanglier, etc.. Chez l'homme on a trouvé les corps les plus variés : un bout d'épée de 5 pouces de long, trois chevrotines libres dans le ventricule droit, un stylet, une épingle à cheveux (Laugier) une aiguille de 5 centimètres, une tige d'ivoire (Barbier), une cheville de bois de trois pouces de longueur (David). Il est remarquable que plusieurs de ces corps ont pu séjourner un temps considérable dans le cœur sans causer d'accidents mortels. En général il se déclare une endocardite, et les extrémités libres du corps étranger se couvrent de caillots fibrineux. La voie suivie par ces corps est souvent fort extraordinaire. Pour certaines aiguilles elle n*a pas pu être trouvée, et sans nier la possibilité d'une introduction directe, on a pu penser qu'elles avaient été avalées, ou qu'elles avaient pénétré par un point quelconque du thorax, et avaient cheminé lentement à travers les tissus avant d'arriver dans le cœur. Ducrest et Castelnau (i) ont prouvé, par des expériences sur les animaux, que des corps étrangers, introduits dans les gros* ses veines, pouvaient cheminer dans ces vaisseaux et arriver jusque dans le cœur.

Symptômes.

Ils sont essentiellement variatles, et comme

(1) A. Tardieu, Etude médico-légaie sur les blessures. Paris, 1879.

(2) Castelnau et Ducrest, Recherches sur les abcès multiples, 184G, in-4.

M\ PLAIES PÉNÉTRANTES AVEC CORPS ÉTRANGERS. — MARCHE ET TERMINAISONS. 193

I n'est pas possible de tracer un tableau d*enlemble, on ne peut qu'énumérer les signes suc- «ssivement.

La plaie extérieure ne nous apprend en généal que fort peu de choses par sa forme, sa randeur, mais on est mieux renseigné par sa rofondeur et sa direction. Souvent elle est blitérée par un caillot, quelquefois elle suppure.

II peut voir la peau soulevée par de l'emphy- ^me.

L*hémorrhagie peut être promptement morlie par Tabondance de l'écoulement de sang l'eitérieur; mais d'autre fois elle est nulle et at le sang reste dans le péricarde. Tantôt le mg 8*échappe en jet même volumineux ou en i^pe ; noir, quand il vient du ventricule droit; rameux quand il y a blessure du poumon. On m l'écoulement se faire pendant quelques tiirs, puis s'arrêter pour reparaître plusieurs •ors après; et même on a cité des cas dans squelsilse faisait d'une manière quotidienne, irtout quand il y a plaie d'une artère pariéie.

La syncope est fréquente, elle suit de près iccidenly et sa durée est variable. Sur 87 obtrvaUons, Duplay dit qu'elle s'est montrée ) fois au moment de l'accident, 3S fois au bout ) quelques instants, et 19 fois à une époque as ou moins éloignée. On cite des cas où le essé a pu faire à pied un trajet assez long avant i tomber brusquement.

La face du malade est frappée de pâleur ; sa iblesse est extrême, il présente des sueurs proiseSy uo refroidissement général et une grande ixîété.

Les battements du cœur sont faibles, en même mps tumultueux ; la main les perçoit difdcileeot à cause de Tépanchement accumulé dans péricarde.

A rauscultation on constate que les pulsations lot irrégulières. Jobert a signalé une sorte de meur analogue à celle de Tanévrysme artériouneux, qui cesserait quand la plaie vient à se rmar. Plus tard» à l'époque où se développe la ^ricardite, on entend des frottements, des bruits fi râpe, même on peut trouver le bruit de mou- D, étudié à l'occasion de l'hémo-péricarde.

Le pouls est précipité, les battements failes; on a signalé des intermittences et desirègularités, rarement du ralentissement.

Si le poumon est blessé, la respiration est fori^ment troublée, mais elle peut l'être par le fait «ol de la blessure cardiaque. La dyspnée ne vient )aa immédiatemenL M. Raynaud a pensé que l^ns les plaies du ventricule droit il se forme des

Eacyd. de chirurgie.

caillots qui vont se prolongeant dans l'artère pulmonaire.

On a signalé des troubles nerveux de diverses sortes. Le délire ne se montre pas dès les premiers jours, et il est d'un fâcheux pronostic. On a parlé d'un véritable rictus sardonique, qui est dû à des contractions des muscles de la face, le tout s'accompagnant de convulsions plus ou moins généralisées. Certains cas se signalent par l'apparition de paralysie, même de gangrène, laquelle est due évidemment à des phénomènes d'embolie dans les grosses artères des membres.

Complications.

La péricardite est une des plus sérieuses. Elle se montre vers le troisième ouquatrième jour,et son apparition s'accompagne d'une fièvre violente. La guérisonse fait avec adhérences, quelquefois totales du cœur au péricarde ; d'autres fois le malade succombe à une inflammation qui devient purulente. M. Raynaud signale l'endocardite traumatique, rarement reconnue, il est vrai, du vivant du malade. Il est toute une série d'accidents, d'un autre ordre, qui ont été signalés également, ce sont des paralysies plus ou moins subites des membres. Le blessé de Dupuytren eut une hémiplégie du côté gauche le troisième jour; le blessé de Letenneur présenta de violents accès de suffocation, et eut sur les jambes des taches violettes, un œdème douloureux, des fourmillements; le malade de Bégin eut de l'engourdissement du bras. Tous ces phénomènes paraissent ^e rapporter à une même cause, la thrombose ou l'embolie. On doit supposer que des fragments de caillots formés au niveau de la plaie ventriculaire, ont été projetés dans les artères. Dans le cas de Dupuytren, on trouva plusieurs foyers de ramollissement dans l'hémisphère droit; la paralysie était à gauche ; et dans le cas de Letenneur il y avait dans le cœur droit un caillot fibrineux se prolongeant dans l'artère pulmonaire, jusqu'à la cinquième division bronchique.

Marche et terminaisons.

Trois cas peuvent so présenter :

\^ La mort est immédiate, ou extrêmement rapide. Ce n'est pas la mort la plus fréquente, puisque Jamain sur 121 cas la signale 21 fois; et Fischer 104 fois sur 452 cas. C'est surtout dans les cas de plaies du ventricule gauche, que cet accident a été vu le plus souvent. Plusieurs causes sont invoquées pour expliquer la mort.

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