‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 120 sur 482 · TUMEURS DU SQUELETTE · texte numérisé non relu

TUMEURS DU SQUELETTE

On a cité des fibromesy des enchondromeSy des exùstoseSy des sarcomes. Un fibrome est cité par Demarquay comme partant nettement du périoste d'une côte. Lenchondrome est en général secondaire aux côtes, de même que les tumeurs cancéreuses. Dans les cas de tumeurs primitives des côtes, on a conseillé lu résection de la partie malade, on a même retiré ainsi une portion de plusieurs côtes à la fois. Dans ces cas il convient de faire la ligature des artères intercostales.

HERSIE DU POUMON (PNEUMOCÈLE.)

On donne ce nom à une tumeur constituée par le poumon formant une saillie plus ou moins grande hors de la cavité thoracique, mais encore recouvert par les parties molles. Nous n'avons donc pas à revenir sur la hernie du poumon à travers une plaie, que nous avons

étudiée plus haut. On connaît plusieurs variétés de cette affection :

i° La hernie congénitale^ qui regarde la tératologie ;

2° La hernie consécutive^ qui se fait en forçant une cicatrice à la suite d'une plaie ancienne ;

3^ La hernie spontanée, venue sans cause appréciable, autre qu'un affaiblissement de lu paroi*

Le pneumocèle est une affection rare. Desfosses (1875) a pu en réunir une vingtaine de cas, dont le premier remonte à Plater en i6il. Jules Gloquet donna une théorie en 1819, et en 1832 Gruveilhier publia l'autopsie d'un malade qui avait été observé vingt ans auparavant par Leroux.

Causes.

L'effort est la véritable cause efficiente de la hernie, vue 19 fois chez l'homme et 3 fois chez la femme. L'Age joue un certain rôle en affaiblissant les parois musculaires. La hernie spontanée se fait par un mécanisme actuellement mal connu. Morel Lavallée pense que les muscles ont une faiblesse congénitale ou acquise par l'altération graisseuse.. On ne voit pas du reste si la sortie du poumon se fait à travers un écartement des fibres, ou un simple soulèvement. Quant à la hernie traumatique, elle se fait en soulevant une cicatrice ancienne de plaie, d'abcès, ou de fracture grave des côtes.

▲natomie pathologique.

Siège. — Pour la hernie spontanée, il est habituellement vers la partie antéro-latérale et moyenne de la poitrine. La hernie traumatique siège naturellement en des points essentiellement variables.

Orifice de la hernie. — Variable suivant la plaie.

LE BEC. — MALADIES DU THORAX, PLÈVRES, POUMONS ET CCEDR

quand it y a eu traumatisme. II était de deui pouces dans la hernie spontanée obserrëe par Cbaussier. Dans les traumatiqucs, c'est de un à deux pouces, qu'on la trouve habituellement, ce qui comporte souvent un certain écartent en t des ca[es(ag. 2ig3et309i].

FotnRon hemié. — Dans le cas de CruTeilhier

P[g. I1B3. — Ponion du poamon iisrnid, entre li uoliibme M la qaitrifcme cOte ; le pnenmocèle tToliine le HerDum (cii de Cruvciltiier).

le poumon était un peu affaissé, mais sain, car l'insufilalion lui rendait tout son volume.

Enveloppes de la kemie. — Chei le même malade, Cruveilbicr a trouvé le sac herniaire tapissé par une membrane lisse, se continuant avec la plèvre pariétale, mais la plèvre pulmonaire n'était pas adhérente aulour de l'oriBce. Si la hernie se forme lentement, on peut penser

FiK' !19t. — Perte do aubiunce du la paroi llioncii]ue {a.% de Cruveilliler).

que la plèvre peut se distendre pour Tormer le sac, mais si la hernie est brusque, cela n'est plus aussi admissible. Dans les cas de hernie, suite de plaie, on a vu des adhérences du poumon à la plèvre du sac. L'état des muscles est Tort mal connu. Cruveilhier signale une absence de muscle, au niveau de la hernie,

mais il ne dit pas si les flbres musculaires sont simplement écartées ou si elles ont disparu par atrophie. A la suite des Tractures, on a vu des fragments osseux mal consolidés ou mfime floltants. La peau n'a rien offert de particu* lier à signaler.

Kéoaiilsine.

On a invoqué deux théories différentes pour expliquer la formation de la hernie, toutes deux se basent sur le fonctionnement physiologique de la respiration. On sait qu'an moroeal de l'expiration le poumon s'affaisse sous l'influence de la rélraclilité pulmonaire et des efforts des muscles dits eipirateurs. Si la glotte reste largement ouverte, l'air s'écoule librement à mesure que se fait l'affaiblissement du thoru. Hais si l'écoulement sefaitmal,ousi l'expiration se fait brusquemment comme dans une quinte de toux, le poumon ne se vide pas aaseï ra|iidement, la cage thoracique le comprime, et si elle présente une partie affaiblie, c'est là qu'elle cédera, et c'est I& que se fera la heruta du poumon. C'est pour expliquer le mécanisme de cette résistance que les théories ont para. Jules Cloquet pensait que c'est l'effort avec occlusion de la glotte qui crée les condiiioas nouvelles dont nous parlons. La glotte étant fermée oppose un obstacle absolu k la sortie de l'air, le poumon ne se laisse plus comprimer et fait effort pour sortir. Horel Lavalléa disait que c'est pendant la toux, qui est en somme une expiration brusque et énergique, maïs pendant laquelle l'air ne s'écoule pas asseï vite à travers la glotte. En somme il faut convenir que si l'action de la toux ne peut être niée, il faut admettre que l'action de l'effort est bien plus énergique, et surtout ne pas vouloir admettre seule l'action de la toux contre l'aclion de l'effort, comme le faisait Horel Lavallée.

SymptAmea.

La hernie spontanée est brusque, elle suit un efTort violent. Le malade éprouve quelquefois, comme celui de Chaussier, une sensation de déchirement dans le thorax, et il se montre une ecchymose étendue. C'est la preuve manifeste d'une rupture qui s'est faite dans les parties molles de la paroi thoracique, les muscles ou la plèvre.

La hernie consécutive marche lentement ; souvent le malade constate sa présence à la suite d'une quinte de toux, surtout si la hernie

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