TUMEURS DU SEIN
Tous les chirurgiens savent combien il est difficile» dans Tétat actuel de nos connaissances, de faire une bonne classification des tumeurs. Pour ce qui est du sein, comme du reste pour d'autres organes, des tumeurs que Ton considérait autrefois comme bénignes sont regardées aujourd'hui comme malignes. Il est regrettable aussi que, faute d'études pathologiques suffisantes, on ait appliqué des dénominations différentes à la môme espèce de tumeurs, tandis que, d*autre part, des tumeurs complètement difTérentes ont été désignées parle môme terme, simplement parce qu'elles présentaient des caractères objectifs analogues.
Les anatomo-pathologistes, par suite du perfectionnement apporté aux études microscopiques, ont montré que des tumeurs, autrefois regardées comme identiques, présentaient les plus grandes différences dans leur développe * menty leur structure et leurs tendances; mais rezpérience clinique n'est pas encore suffisante pour permettre de décrire d'une façon précise le diagnostic, les symptômes et le traitement de toutes ces variétés par le seul examen clinique de chaque cas. Par suite de cet état de choses, nous nous bornerons à faire l'étude anatomopathologique et clinique des tumeurs du sein, d'après l'état actuel de nos connaissances. Afin de procéder de la façon la plus pratique possible nous classerons les tumeurs du sein selon qu'elles seront simples ou malignes. Nous savons parfaitement que cette classification est imparfaite et que les tumeurs que Ton peut considérer comme étant d'une nature douteuse derraientètre comprises dans l'une ou l'autre de ces catégories ; mais le terme u semi-malignes » qu'on emploie quelquefois exprime mal le caractère des tumeurs.
Gross propose la classification suivante :
A. — I* Néoplasmes dérivés du tissu cellalaire périflandnlaire et constitués par du tissu cellulaire ou par ion équivalent, qu'on peut difiser en deux classes :
a. Celles qui sont constituées par du tissu connectir parfait et que Ton peut, pour cette raison, appeler typiques. Elles comprennent les fibromes, les myxomes, les lipomes et les chondromes.
6. Celles qui sont constituées par du tissu connectir embryonnaire, imparfait ou de transition, et que Ion peut appeler atypiques. Elles ne comprennent l^e le genre sarcome.
2* Néoplasmes qui proviennent des éléments sccré- ^ts et sont formés d'épitliélium. Parmi ceux-ci, i'idénome est le type de la tamenr épithéliale, tan-
dis que le carcinome est une formation épithéliale atypique.
3* Néoplasmes qui proviennent de tissus plus élevés et sont constitués par eux. Tels sont les angiomes et les névromes.
B* — Kystes, comprenant ceux qui sont le résultat de Tobstruction des canaux et contiennent le produit de la sécrétion lactée et ceux de nouvelle formation, tels que les échinocoques.
Gross exprime aussi l'opinion que :
Le développement des néoplasmes du sein est en rapport avec les modifications qui existent dans la proportion des tissus constituants du sein, aux différentes périodes de la vie et que l'état du tissu est, en général, indiqué par Tàge de la malade.
Il fait remarquer en outre que :
Les tumeurs non carcinomateuses surviennent en moyenne vers trente-trois ans ; que seulement 30,37 p. 100 se développent après quarante ans quand la vie physiologique de la mamelle approche de la fin ; que 15,22 p. 100 apparaissent avant vingt ans ; et 5,18 p. 100 avant la puberté. Avant quarante ans ou pendant la période où le tissa glandulaire est dans son état parfait, ou quand les proportions entre les tissus cellulaire et épithélial sont normales,* les tumeurs qu*on rencontre le plus souvent sont les fibromes et les sarcomes.
11 conclut enfin de ces statistiques que :
L'état de perfection du tissu mammaire l*expose aux fibromes, aux sarcomes et aux adénomes, tandis que Tatrophie le prédispose aux myxomes et aux carcinomes.