‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 146 sur 482 · II. — TUMEURS MALIGNES · texte numérisé non relu

II. — TUMEURS MALIGNES

SARCOMES.

Bien qu'on ne soit pas d'accord sur le degré de malignité de ces tumeurs, les travaux les plus récents tendent à montrer que la plupart d'entre elles ont la même gravité que les véritables cancers et que bien d'autres ne présentent pas un caractère de gravité bien marqué ; on ne peut cependant pas les considérer comme bénignes. La question de ces tumeurs n'est pas encore bien élucidée; cependant Gross a réuni un certain nombre de faits importants, qui aideront beaucoup à la solution du problème, en plaçant la question sur une base pratique .

Les sarcomes du sein peuvent être solides ou kystiques, et ils peuvent être constitués par des cellules sphériqueSf fusi formes ou géantes. Dans certains cas, environ un tiers, d'après Gross, surtout dans ceux à cellules fusiformes, on trouve du tissu adénoïde ou glandulaire. La substance intercellulaire n'est pas toujours la même, ce qui produit des variations dans les caractères anatomo-pathologiques et dans la consistance de ces tumeurs. Elles peuvent subir les diverses transformations : graisseuses, kystiques, calcaires; s'enflammer et suppurer.

La variété à cellules fusiformes est de beau-

coup la plus fréquente. Sur 60 cas de sarcome du sein réunis par Gross, il en a trouvé 45, et sur 16 cas d'autres observateurs, il en a noté il. D'après cet auteur, les six dixièmes des sarcomes de cette région sont kystiques, et dans 1/7 de ces cas il se fait un écoulement par le mamelon.

Les sarcomes sont, dans la grande majorité des cas, uniques, et habituellement leur marche est plus rapide que celle des fibromes ; mais il existe à cet égard de grandes variétés, car on a vu des tumeurs rester petites pendant plusieurs années, tandis que d'autres fois une tumeur atteint le poids de plusieurs livres en quelques mois. On a aussi remarqué que ces tumeurs étaient sujettes à une augmentation de volume rapide et subite, et Gross a signalé ce fait que, pendant la période active de développement des sarcomes, il y a une élévation générale de température.

Diagnostic.

Comme ces tumeurs sont habituellement encapsulées et forment des tumeurs circonscrites à leur début, il n'est pas facile de les distinguer des fibromes, mais leur marche ne tardera pas à en révéler la véritable nature. Leur forme est ronde ou ovale (fig. 2202), plus ou moins lobulèe et, dans le cas de la variété à cellules fusiformes, elles donnent une sensation ferme, tandis que, dans les autres variétés, elles sont molles, élastiques, mais cette consistance peut se trouver modifiée par les altérations et les transformations qu'elles subissent. Dans la variété kystique, la tumeur est en partie ferme, en partie élastique au toucher et, dans la plupart des cas, elle apparaît à un âge moins avancé que la forme solide, surtout dans le cas de kyste à cellules fusiformes. Les sarcomes peuvent être ou non adhérents au tissu glandulaire; souvent ils le repoussent de côté et en déte^ minent l'atrophie. La peau qui recouvre ces tumeurs reste mobile et intacte pendant quelque temps, mais quand la tumeur augmente de volume, elle peut s'amincir et s'ulcérer. Dans le cours de son développement, la tumeur peut non seulement envahir la peau, mais devenir fongueuse, infiltrer les tissus voisins et affecter les organes internes. A propos du diagnostic de ces tumeurs, Gross s'exprime ainsi :

Le diagnostic de petits fibro-strcomes, à marche lente, n^est pas Tacile, ctr on peut les confondre avec des fibromes, surtout quand ils se développent à la circonférence de la mamelle. Toutefois, une tumeur molle^ élastique, fluctuante, qui atteint le volume

CARCINOMES.

XU

tniM tAU d'adalte en quelque* moli, na peut gain Ctr« antre cboie qn'an tucome à petitai cellulei. En loiiuiifl, le dl«gno*tle repoien rar 1« caractère Indolent, la mobilité, la aitnalion centrale, la eooitit«nc« ilMtlque oa Inégale, l'eut lobule, la marcbe rapide, lenr volume conaidérable eu jgard h la période da leur eiiiteoce, l'absence d'envaliluenimt des lynphatiqiiei, la tendance marquée k l'aleération, la

décoloration Tréquente de la peau, la dlatenalon dei Telnes aoua -cutané as, et, peut-6tre aussi, l'élévation de température, les douleara qui apparaissent i, uns période tardiTe, leur plus grande Mquence, après trente-cinq ans, 11 existe certaines dlitinctions entre les Tariétéa, kystique et sollda, qui serrent k an Taire le dlagnoitlc différentiel. La Terme solide a e déTeloppe Tora trente-sept ans; la peau est décolorée dans

tig. liOZ. — Aspect microscoptqae de la eonpe d'un cyeto-sarcome de la mamelle.

ie eu p. 100 et adhérente dans tî p. 100 ; les reine* •ODt dilatfea dan* S p. 100 ; il ne se fait pas d'écoainmsnl par le mamelon; la douleur eiUte dan* 30 p. 100, mais «Ile est légère; la tumeur s'ulcère dans 12p. 100 «t présent* nncaraclère malin dana 77 p. 100. LaTorma kyatiqne apparaît ver* trente-trois ans, aa marche e*t pliu rapide et *on accroiisement plus brusque, ■prêt être restée stationnalre ou a'Atre déTOloppée Isntaoaent pendant quelque temps. Quelquefoli, après «voir éraeaé le liquide de* kystes superBclets, on petit, par le palper, reconnaître leur partie solide ; (■ coD^tanee est inégale, les lobulea sont plus gros qaa dana la variété précédente ; la peau est décolorée dan* M p. 100, blouitre dans 1/3 dea cas où les kjstM sont très saillants; adhérante dans II p. 100; les veine* unt distendues dans 15 p. lOO; io mamelon est rétracté dans 5,71 p. 100; Il se Tait un écoulement dans 11,?8 p. 100; l'ulcération arrive dana 3l,7B p. 100; la douleur dans 7g p. 100; 1» malignité exiato dan* H p. 100.

Quand ces tumeurs ont élé enlevées, la récidive locale est moins fréquente que dans le cancer, mais se Tait dans les organes internes pltu souvent que dans le cas de cancer.

D'après Cross, le sarcome mammaire récidive localement dans Si, 53 p. 100 cas et donne lieu A des dépôts secondaires dans d'autres organes Jans 57,14 p. 100. Dans le carcinome on note 88,35 p. 100 de récidives locales, la première anoée, et seulement SO p. 100 dans les organes éloigoés.

Traitement.

11 consiste dans l'enlèvement de bonne heure de la tumeur des tissus veiaiDs, et, si la tumeur EncjcI. de chirurgie.

est volumineuse ou bien si elle a compromis le tissu glandulaire, il faut enlever la glande avec la tumeur. Les tumeurs qui récidivent doivent être enlevées de suite, s'il n'existe pas de complication viscérale : c'est le meilleur moyen de prolonger la vie et da diminuer les chances d'inflltration ou d'envahissement des organeit internes.

CÀRCimuBS (1).

Si l'on considère le cancer comme une néoformation, décrite généralement aujourd'hui comme une tumeur épithéiiale, atypique, qui lend à infiltrer les tissus où elle se développe, à envahir les tissus voisins, à afTecter les ganglions et les organes internes, on peut dire que les variétés de cancers et les moditiQcations qu'ils subissent dépendent de l'élat de leurs éléments cellulaires, du caraclère et de l'étal du stroma qui renferme les cellules. Il existe une différence considérable relativement à la rapidité de la marche, Ji la date et à la nature de l'envahissement des tissus voisins, des ganglions et des organes internes, dans les cas de cancer du seiu, ainsi qu'au point de vue de I» cachexie générale qui «ttdnt le carcinomateux . Dans certains caï ta cachexie est très marquée dès le début, tandis que dans d'autres, elle ne survient qu'à une période tardive de la maladie. Au point de vue pratique, on peut diviser les

([] Consulter sur tioii à l'élude dts ti liate. Tbèse, Paris,

e sujet, E. Deffaui, Coniribu- Heart da rein d'origine ipitht-

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