‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 173 sur 482 · PU!ES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS · texte numérisé non relu

PU!ES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS

EUes sont produites par des clous, des aiguiliSy des poignards, des bayonnettes, des lances, M fleurets, des épées, des cornes d'animaux, es esquilles de bois et autres objets analogues. Les plaies répondent en général, pour la forme lies dimensions, aux instruments qui les ont ites; celles qui sont produites par des armes mnchanles se rapprochent des plaies par incion, tandis que celles qui sont causées perdes islmments mousses ressemblent aux plaies >iitiise8. En d'autres termes, les corps tranliants perforent les tissus en coupant, les corps lonsses en les broyant. Les plaies par inslruleols piquants sont parfois appelées plaies par trfpraiioUf mais dans le cas de la région abdolioalei il faut se souvenir qu elles ne sont pas èeessairement pénétrantes.

Dans les plaies par instruments piquants, les B8118 peuTenl être transGxés obliquement ou à Dgjes droits; elles sont d'habitude un peu plus etites que le corps qui les a produites, mais B la môme forme que lui. Quand il y a une femorrhagie, eUe est abondante ; en général les lisseaux ne sont pas atteints; quand ils sont lessés, le sang se déverse dans le tissu sousitané ou dans les espaces intermusculaires, et eech^mose apparaît au bout d'un temps plus a moins long après le traumatisme. Si c'est une rlère qui est blessée, il se forme un anévrysme iiix; si une artère et une veine sont blessées iamltanément, il s'ensuit un anévrysme artéiOSO-Teîoeax. Si un nerf ou un filet nerveux est lesséf il y a une douleur immédiate, et, à moins dH ne soit complètement divisé, la douleur eot s'étendre dans toute lu sphère du nerf. Plus ad, la douleur est excitée par la pression du log épanché ou des sécrétions produites par inflammation. Si la plaie est profonde, il peut a résulter des conséquences graves, telles n'ane péritonite traumatique, une inflammation a une suppuration dans les différentes couches

(I) Voir Th. Bryant, Plaiet in Encyclopédie de chiitrgie. Paris, 1883, tome II, p. 539.

des parois abdominales qui simulent souvent la péritonite, quand elles ne la déterminent pas ; Térysipèle, la septicémie, la pyohémie et la mort. L'inflammation est une conséquence fréquente des plaies par instruments piquants, et surviendra certainement quand celles-ci ont été faites par un instrument rouillé, sale ou mousse. Elle s'étend d'elle-même, surtout en profondeur, et peut déterminer de la suppuration avec des symptômes typhoïdes et quelquefois la mort. Quand l'inflammation survient, la plaie se tuméfie, devient rouge, douloureuse, animée de battements, dure, sensible et cesse de sécréter; des frissons annoncent la suppuration; on peut observer, comme dans la fièvre intermittente, des périodes de froid, de chaleur, de sueur; puis des vomissements, du hoquet, des sueurs froides, de l'insomnie et de l'épuisement précédant la mort. Excepté dans les tissus superficiels où la fluctuation peut facilement être perçue, on ne peut soupçonner la présence du pus que par les symptômes généraux, et par de la dureté et de la sensibilité locales. Le pus peut former des clapiers au milieu des muscles, et quand la suppuration se fait derrière le muscle droit, elle peut s'étendre de l'appendice xiphoïde au pubis sans pointer ni donner une sensation distincte de fluctuation. Parfois le pus vient faire une saillie très loin de la plaie comme dans le cas d'un soldat, rapporté par J .-L. Petit (1), qui avait reçu un coup d'épée sous le cartilage xiphoïde : au bout de plusieurs jours, le pus vint pointer à vingt-cinq millimètres au-dessus de l'anneau inguinal droit, où on lui donna issue par une incision. Dans d'autres cas, il s'écoule par la plaie. Dans les cas légers, l'inflammation ou la suppuration peut être limitée à la zone immédiate de la plaie, les symptômes généraux étant proportionnellement moins graves, et la convalescence s'étabht dès qu'on a donné issue au pus.

Traitement.

Il est le môme que pour les plaies par incision. S'il y a une hémorrhagie grave, ou s'il y a quelque raison, par suite de syncope ou d'une tension croissante des tissus, de penser qu'une hémorrhagie profonde existe, il faut inciser la plaie et lier ou tordre le vaisseau. L'application de pansements à la glace, ou, chez les individus faibles, de cataplasmes chauds, jointe à l'administration de. l'opium pour soulager la douleur

(I) J.-L. Petit, Traité des maladies chirurgicales, Paris, 1790.

HENRY MORRIS. «— MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN

et procurer du repos physique et moral, sont les seuls moyens à employer. S'il survient de Finflammation, on rel&chera les muscles, en faisant prendre au malade une position convenable ; on prescrira le repos absolu, on appliquera des sangsues en grand nombre (quinze à trente) ainsi que des cataplasmes chauds. On ne permettra que le régime lacté et on surveillera la liberté du ventre, sans employer des purgatifs énergiques; on donnera des narcotiques pour compléter le traitement. Une fois la suppuration établie, on prescrira des toniques, des stimulants, de l'air frais.

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