PLAIES PAR ARRACHEMENT
Elles sont pro'duites par des crochets, des clous ou tout objet pouvant causer un tiraillement, comme à la suite d'accidents de machines et de chemins de fer ou de chutes de voitures ou de cheval, l'individu étant traîné tandis que l'abdomen est pressé contre un corps résistant, ou mutilé par lui.
Symptômes.
Ces plaies s'accompagnent d'habitude d'une suppuration considérable au niveau de leurs bords, et quand de larges lambeaux de peau ont été tiraillés ou déchirés, il est souvent très difficile de les affronter ensuite. Il y a habituellement une hémorrhagie faible au moment de l'accident, mais une hémorrhagie secondaire peut survenir dès que le choc est passé ou quand la réaction est établie. La douleur est souvent très vive, mais, de môme que l'hémorrhagie, elle est variable. Ces plaies ne cicatrisent jamais par première intention. De môme que les précédentes, elles sont exposées à l'inflammation, à la suppuration et à la gangrène. Parfois toutes les couches de la paroi abdominale sont déchirées et le péritoine est intact.
Poland rapporte l'observation suivante (i) :
Un boulanger bien portant et tempéré, âgé de 38 ans, entra à Guy's-hospiul, après avoir été violemment traîné entre le rebord saillant d'une boutique de boucher et sa voiture. Toutes les couches de It paroi abdominale étaient déchirées de Tépine iliaque au pubis, meitant à nu une large surface du péritoine et la face antérieure de la vessie. Le péritoine était indemne, mais les intestins faisaient hernie au dehors. Le cordon spermatique n'avait pas été touché. 11 s'était fait une hémorrhagie assez considérable, et le
(t) Poland, h'othergillian pvize Essay.
blessé était en colUptus. On évtcat U vessie d*où Tarine sortit sans contenir de traces de sang. On nettoya U plaie, on arrangea tnssi bien que possible les muscles déchirés et on maintint les bords en contact avec des sutures. Le malade resta couché, les cuisses fléchies et les épaules élevées. On donna des stimulants et on appliqua des cataplasmes chauds. Le * collapsus ne tarda pas à se dissiper et le pouls devint meilleiir. Dans la nuit, il perdit 300 grammes de sang ; on lui fit prendre du calomel et de Topium. Le lendemain, l'abdomen était très sensible à la pression, surtout du c6té blessé, mais il n'y avait pai de tension. On appliqua des sangsues et on administra de rbuile de ricin. On retira plusieurs sutures et on donna issue à une sérosité peu consistante, sanieuse, fétide, contenant des bulles d'air. On appliqua des cataplasmes et des compresses d*eau chaude sur la plaie, dont on réunit les bords cutanés à Taide de diachylon. Après avoir été bien pendant cinq jours, ses forces commencèrent à faiblir et restomac à rejeter tout ce qu'il prenait. La plaie sécrétait en abondance et des eschares se détachèrent lentement. Le blessé avait des sueurs profuses, U respiration rapide et difficile, comme si la lésion abdominale empêchait la descente du diaphragme. H mourut d'épuisement au dixième Jour.
A l'autopsie on ne trouva que peu d'inflammation du péritoine, mais toute la surface de la plaie était couverte d'eschares qui paraissaient cependant prendre bonne tournure. Une pneumonie double existait à la partie postérieure des poumons.
Traitement.
Les indications générales du traitement sont les mêmes que pour les autres plaies. Dans celles par arrachement, il faut avoir bien soin de nettoyer convenablement les tissus et d'enlever toutes les matières étrangères. La douleur doit être calmée par l'opium et des applications sédatives au niveau de la plaie. On peut provoquer une évacuation intestinale, si le blessé souffre de la constipation, mais il faut éviter d'exciter l'intestin avec des lavements ou des purgatifs quand la plaie est profonde et le péritoine à nu. On prescrira, bien entendu, un repos absolu.