‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 190 sur 482 · VI · texte numérisé non relu

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HETfRY MORRIS. — MALADIES ET LÉSIONS DE L'ABDOMEN.

produit parfois un shock si grave qu'il détermioe l*arrét brusque du cœur et que ce coup, qui paraissait insignifiant, se trouve être mortel. Sir A. Cooper, bien qu'il n'ait pas été témoin du fait, en a rapporté un cas qui est arrivé près l'East India House. Swaine Tavlor en a publié plusieurs observations et Arthur Harding en a cité d'autres 1).

CO?ITl'SIOK ET RUPTl'EE DES VAISSEAUX SASf- GU»S ABDOMirVAUX.

L*aorte, la veine cave, le tronc cardiaque, les vaisseaux mésentériques, spermatiques et autres troncs principaux de l'abdomen, peuvent être rompus, soit par un coup violent, soit par un écrasement, comme cela arrive par le passage sur le ventre d'une roue de vagon. Quand c'est l'aorte qui est atteinte, la rupture est généralement transverse, quelquefois oblique ; tantôt la déchirure est nette, tantôt irrégulière et anguleuse, ou bien tout à fait en travers ; dans certains cas, toutes les tuniques sont déchirées ; dans d'autres, ce n'est que les tuniques interne et moyenne, comme après l'application d'un constricteur artériel de Speir (2). 11 existe au musée de l'hôpital Middlesex deux beaux spécimens de cette forme de déchirure. Des observations de rupture de la veine cave ont été publiées par Breschet, Richerand, Velpeau, Poland (3). Ce dernier a aussi rapporté un cas de mort par hémorrhagie d'une branche ou des branches de la veine porte à leur entrée dans le foie.

La femme, qui était empoisonDée, avait été écrasée ; il n'y avait aucun signe de lésion externe; elle rapportait toutes SCS douleurs au creux de restomac et à l'hypochondre gauche, mais à l'autupsie on trouva plus d'un litre de sang coagulé dans l'abdomen, et un épancha' ment abondant en arrière du péritoine provenant des vaisseaux rompus; il n'y avait pas. de lacération du foie ni de la rate et tous les autres or-

ganes étaient sains.

Mac Naughton rapporte un cas de mort par rupture de la veine ovarienne droite (4). Gross a publié un cas fatal de lacération de la veine splénique (5). On sait que des veines abdomi-

(1) Nous avons déjà parlé de cette question à l'article Contusion des parois abdominales^ p. 248. — Army med, départ, report^ vol. XXI, appendice n» 7, 1881. — Holmes, /oc. cit., t. I, p. 8G7.

(2) Encyclopédie de chitMrgie. Paris, 1884, Flgs, 891 à 81)8, vol. m, p. 331.

(3; Prize Essay.

(4) Mac Naughton, Edinburgh med, Jowm., 1841, p. 2o3.

(5) GrosH, System of surgeryy $• édit., vol. II, p. 687.

nales se sont rompues spontanément pendant le stade de frisson de la fièvre intermittenle. Une des conséquences de la contusion d'une artère, c'est la fonnatioo d'un anévrjsme. Gela arrive surtout quand les tuniques internes sont déchirées et que l'externe est affaiblie, mais non rompue par le traumatisme. Lever (i) rapporte un cas d'anévrysme de l'iliaque primitive causé par un coup, chex une femme de trente-tiois ans.

Symptômes.

Les symptômes varient selon les dimensions da vaisseau blessé et selon que la rupture est complète et accompagnée d'hémorrhagie, ou incomplète et sans hémorrhagie. Si toutes les tuniques sont rompues et que le Taisseau soit d'une certaine dimension, on observera une hémorrhagie très abondante avec coUapsus et syncope. Si quelques tuniques seulement sont rompues ou si le vaisseau est gravement contusionné sans que les tuniques soient lacérées, il n'y aura pas d'hémorrhagie, mais les suites fâcheuses du traumatisme apparaîtront plus tard sous forme de gangrène, ou bien l'écoulement du sang se trouvera diminué par le rétrécissement du caUbre du vaisseau au point Uessé, ou bien il se formera un anévrysme. Habituellement ces lésions vasculaires s'accompagnent de lésions d'autres organes qui viennent augmenter la gravité d'accidents déjà assez sérieux et même mortels par eux-mêmes. Il n'est pas rare que l'artère et ses deux veines satellites soient blessées en même temps, et alors, si Thémorrhagie n'est pas mortelle, il y aura presque certainement de la gangrène.

Diagnostic.

Le diagnostic de ces lésions est difficile, d'autant plus qu'il existe souvent d'autres lésions produites par le même accident.

Le pronostic est très défavorable, l'état le moins grave étant la rupture incomplète et les contusions sans rupture des tuniques.

Traitement.

Si l'on a le temps d'instituer un traitement, celui-ci consistera dans le repos absolu dansl* position horizontale, à l'air frais, avec appli^^** tion de glace sur l'abdomen. On administrer»

(1) Lover, Guy's hospital reports, 2« série, fol. ^' p. 130.

PÉRITONITE TRAUAIATIQUE. -- VARIÉTÉS.

ïs pour soulager la douleur et ramener dans la circulation. Quand il existe une igie continue ou survenant quelques es le traumatisme, il faut ouvrir Tabt rechercher le vaisseau qui donne du désespérée que paraisse cette pratique»

encore mieux que de laisser le patient l'une hémorrhagie qu'on ne peut arrécelle-ci peut ôtre si soudaine et si abon- 18 l'on n*a pas le temps d'instituer un Dt Tel fut le cas dans la déchirure de apportée par Lcgouest (1).

■échtl reçut une ruade dans le voisinage de qui produisit une déchirure transversale du Bbe de Taorte de 6 millimètres de long, à kres environ au-dessus du promontoire du l'hémorrhagie fut rapidement mortelle.

imJBE DU CAPCAL THORACIQUE. .

I sait presque rien de la rupture de cet soit comme lésion isolée, soit comme ftdon de rupture d'autres organes. 11 ette d'admettre qu'un accident puisse I une rupture du canal Ihoracique sans teroe, mais cependant si cela arrivait et 86 prolongeait pendant un certain nomjours, on peut, d'après les fonctions giques de l'organe, préjuger quels se- » symptômes de sa rupture. On consle l'inanition due à ce que tout ou pres-

que tout le liquide nutritif, résultant de la digestion, serait détourné de ses voies naturelles. 11 est probable que Tépanchement de lymphe ne serait pas rapidement mortel, mais il est douteux que l'on puisse intervenir, même si Tépanchement était enkysté en arrière du péritoine ou dans sa cavité. La rupture du canal thoracique, après qu'il a été dilaté par suite d'une compression exercée par une tumeur extrinsèque ou par une cause intrinsèque telle que la présence de concrétions calcaires ou caséiformes, est une éventualité admise par tout le monde.

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