PÉRITONITE TRAUMATIQUE
Causes.
animation du péritoine est causée par matisme venant du dehors ou du dedans idomen. Parmi ceux qui viennent du 00 trouve les contusions, les ruptures et es des parois abdominales. Parmi ceux ment du dedans, nous citerons les kystes 068, ovariens ou autres, la perforation icère creux, l'ouverture d'un abcès intraoal, la perforation de l'intestin par des lestinaux.
que toutes ces causes soient jusqu'à un point traumatiques, le nom de péritonite ;dque ne s'applique généralement qu'à unation provoquée par un coup ou toute fiolence externe, que les parois abdomiloient ou non atteintes et que la périto-
igooett, Chiturgie d'armée, 2« édit., p. 812.
nite se développe directement par suite du traumatisme ou par l'extension d'une inflammation siégeant surtout autre tissu des parois ou delà cavité abdominale. Bien que notre expérience actuelle nous ait fait voir que le péritoine possédait un degré de tolérance qui, il y a seulement quelques années, eût passé pour imaginaire, cependant il n'en est pas moins vrai que de très légères blessures du péritoine peuvent donner lieu à une péritonite, si des corps étrangers et des matières septiques pénètrent du dehors, ou y sont déversés à la suite d'une rupture viscérale, ou si le sujet n'est pas de bonne constitution. Toutefois, dans ces cas, bien que la plaie soit la cause excitante, ce sont bien plutôt les phénomènes concomitants que la plaie ellemême, qui donnent lieu à la péritonite.
Variétés.
La péritonite traumatique est toujours plos ou
HENRY MORRIS. — MALADIES ET LËSIONS DE L*ABDOMEN
moins aiguë et peut être locale ou générale. Quoiqu'elle puisse se développer rapidement sur toute ou presque toute la séreuse, elle est souvent limitée au voisinage du traumatisme. En général l'inflammation revêt une forme sthénique; mais si elle survient chez un individu faible, de mauvaise constitution, elle prend un caractère asthénique ou devient purulente ; si elle est due à la pénùtration de matières septiques ou en décomposition, la péritonite aura certainement une forme septique.
Symptômes.
Ils apparaissent en général au bout de six à trente-six heures et se développent très rapidement. Dans certains cas de traumatisme et surtout après la rupture d'un viscère abdominal, le début des symptômes est immédiat ou à peu près. Dans d'autres cas, il peut se passer quelques jours entre le traumatisme et la première manifestation de péritonite. L'invasion de cette dernière peut être masquée ou retardée par le collapsus, consécutif au traumatisme; mais, dès que la réaction s'est faite, les symptômes généraux deviennent de suite très prononcés.
Parmi les symptômes locaux, la douleur est le premier, le plus frappant et le plus intense. Parfois elle est intolérable et peut être précédée d'un frisson débutant au niveau du point blessé; elle peut s'étendre sur une zone plus ou moins large et môme envahir tout l'abdomen. Elle est augmentée par la pression, les mouvements de toute sorte, les actes de vomissement, de la défécation, de la miction. Pour la diminuer autant que possible, la respiration abdominale est suspendue et l'on cherche à soulager la tension des parois abdominales en faisant prendre au malade une posture convenable ; ainsi on le fait coucher sur le dos, les cuisses et les genoux fléchis et môme on lui fait employer les mains et les bras à protéger le ventre contre le poids des couvertures. Le caractère de la douleur est variable, elle est poignante, lancinante, brûlante, et de temps en temps augmentée par des paroxysmes très intenses dus à la contraction vermiculaire ou spasmodique des intestins. Dans des cas exceptionnels, la douleur est modérée et peut même être complètement absente.
Le vomissement est aussi un des premiers symptômes etl'un des plus gênants; il survient spontanément ou quand le malade ingère quelque chose par la bouche. Tout d'abord les matières vomies ne renferment que le contenu de l'estomac et du duodénum, puis elles devien-
nent yerd&tres, brunâtres, liquides, très amène et, à une période plus avancée, peuvent être fécaloïdes. Les éructations et le hoquet sont assez communs et parfois causent une grtnde gêne. La constipation et le ballonnement de l'intestin sont de règle, ils sont dus à la parésie, au ramollissement et à Tinfiltration œdémateuse des tuniques intestinales. La tympanite s'accompagne parfois de légers mouvements péristaltiques et de borborjgmea ou de gargouillements sourds. Le degré de la distension abdominale varie, il est plus marqué diei les personnes faibles ou dont les parois abdominales sont Iftches. Avant que la distension ne se produise, les muscles des parois abdominales sont durs, contractures et même parfois paralysés; les parois abdominales sont très tendues en raison delà distension rapide de Testomac et des intestins. L'urine est très colorée, chargée d'urates, très abondante et cause de la brûlure dans la miction. A une période plus avancée, la rétention survient par paralysie des tuniques musculaires de la vessie. La respiration est accélérée, superficielle, entièrement thoracique. L'irritation des vaso-moteurs est extrême et agit beaucoup sur le cœur. Le pools est petit, de 120 à 160 pulsations, filiforme, peu ou pas dicrote ; les artères même les plus petites sont resserrées. Cependant, cela n'excite pas le cœur à se contracter fortement pour vaincre la résistance qu'il rencontre, car il bat lentement et faiblement. En dehors de la rapidité du pouls, l'état de la circulation diffère beaucoup de ce qu'il est généralement dans les fièvres (i). Le pouls est d'habitude résistant; mais au bout de quelque temps il devient compressible, et cependant, par suite de la faiblesse d'action du cœur plutôt que de la tension artérielle élevée, il ne reste pas dicrote. Quand il devient dicrote, c'est qu'il y a une complication. L'état de faiblesse du cœur, la toux, le hoquet, la respiration superficielle, sont dus en grande partie à TeiTet direct de la tension sur le diaphragme et les viscères thoraciques, exercée par la distension gazeuse de tout l'abdomen. On peut distinguer les mouvements de l'intestin à travers les parois abdominales tendues. A la palpation, on sent l'abdomen lisse, régulier, et quoique au début les muscles se contractent, plus tard le ventre est simplementtympanique, et l'on ne perçoit plas la matité hépatique et splénique normale. Le degré de la fièvre varie beaucoup. Généralement
(1) Galabin, On the state of ihe circtdation in acute diteasetf in Guy' s hospital rep,, 3* lér., vol. XIX.