‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888Chapitre 233 sur 482 · II. — SUTURE CONTINUE · texte numérisé non relu

II. — SUTURE CONTINUE

a. Suture otdinaire du gantier. —Les deux bords de la plaie sont amenés on contact et maintenus ainsi par chaque extrémité ; une aiguille armée de fil ciré est passée obliquement à travers les bords en commençant à environ 2 millimètres de l'un des angles. En retirant le fll on en laisse dépasser 10 centimètres environ. On continue à passer l'aiguille de la même façon, en traversant la plaie obliquement, comme dans une suture à surjet, aussi souvent qu'il le faut pour assurer Tunion des lèvres de la plaie en ayant soin de laisser dépasser lO centimètres de fil à chaque bout. On confie à un aide les deux extrémités de la suiuro et on rentre l'intestin dans l'abdomen ; les fils doivent être tenus assez serrés en dehors de façon à ce que l'intestin touche la face interne de la plaie externe. On peut enlever les fils cinq ou six jours après en coupant un bout et en tirant sur l'autre doucement. Il y a des chirurgiens qui préfèrent couper les deux bouts du fll et laisser la suture tomber dans la cavité intestinale.

b. Modification de Heybntd. — Une aiguille ordinaire est armée d'un double fli, dont l'extrémité libre porte au lieu d'un nœud un petit rouleau de linge de 6 millimètres de long. On enduit le fll de cérat ou d'huile. On commence par percer de dedans en dehors le bord de la plaie intestinale près d'un des angles, et on tire le fil de façon à laisser le rouleau de toile dans la cavité de l'intestin, alors on amène les deux lèvres en contact et Ton continue la suture en perçant les deux bords d'un seul coup ; il faudra cependant faire les points un peu plus rapprochés et plus serrés que d'habitude. Pour fixer les fils à l'extrémité de la suture, on passe l'aiguille sous la dernière suture en coupant un des fils de sorte que celle-ci n'est formée que d'un seul fil, ensuite on atucho ensemble les deux fils séparés.

La méthode ordinaire est celle qui est généralement adoptée et un grand nombre d'expériences ont été faites avec cette suture par Mœbius, Shipton, Brewer, Thompson, A. Cooper, Travers, Reybard, Petrequin, etc.

Gross a fait dix-sept expériences avec cette suture. Dans deux l'intestin avait une plaie transversale (dans une il était complètement divisé) ; dans douze la plaie

(1) Nashburn, ibid., vol. VI, p. 55.

(2) Fuchsius, Journal derpract. Ueilk., février 1825

HENRY MORRIS. — MALADIES ET LËSIONS DE L'ABDOMEN

était longitudinale, Yiriant de 1 à 15 centimètres; dans trois elle était oblique. Tous les animaux qui serTirent à ces eipériencos guérirent, mais on en tua trois peu de temps après Topération pour permettre de poser des conclusions positives relativement ani résultats obtenus. Dans huit cas, Taiguille avait traversé toute Tépaisseur de l'intestin. Dans cinq, la muqueuse avait été rognée de niveau avec les surfaces environnantes ; dans huit, la suture avait été passée à travers la couche fibreuse ou entre les tuniques muqueuse et musculaire; dans une à travers toutes les tuniques excepté la séreuse.

De ces trois méthodes, colle qui consiste à passer la suture à travers la couche cellule- fibreuse est la plus -admissible, car elle permet d'amener les surfaces séreuses en contact le plus exactement possible. La date la plus proche à laquelle les fils sont tombés dans l'intestin a été le trente-cinquième jour ; dans d'autres cas on les a trouvés encore adhérents en partie le vingt-deuxième, le vingt-huitième et le trente et unième jour. Gross, Reybard, Pétrequln insistent sur l'importance qu'il y a à placer les sutures très près les unes des autres et de les serrer fortement pour assurer Tunion des lèvres de la plaie. Moreau- Boutard a proposé de suturer les plaies de Tintestin, en excisant la muqueuse saillante et en mettant en contact les tuniques séreuses et les tissus sout-muqueux ; il y arrive en faisant passer la suture à travers le tissu cellulaire sous-muqneux. Gross rapporte six cas où Ton employa la suture du gantier, deux seulement ont été mortels. Guy de Chauliac rapporte un Cas curieux dans lequel il sutura Tintestin « vulnerata secundiim longuni (;t latum cum sutura pellionariorum ». Fallope rapport*; un cas semblable. Garengeot parle d'un malade opéré par (iuérin, sur lequel on employa cette suture, mais qui mourut au bout de trois jours.

Reybard communiqua à l'Académie de médecine l'observation d'un homme de vingt-huit ans qui portait une tumeur cancéreuso de l'S iliaque; l'ayant diagnostiquée, il ouvrit l'abdomen, enleva 8 centimètre» d'intobiin malade, lia les artères du méso-côlon et réunit les extrémités do l'intestin divisé à l'aide de la suture du gantier; les fils furent coupés conrt, l'intestin replacé dans Tabdonien et la plaie pariétale fermée par troi» tiuturos. Le dixi^me jour, le malade eut une garde-robe très copieuse et le trente-huitième il était parfaitcinoiit bien. Au bout de six mois, les syn)ptômes du cancer intestinal reparurent et le malade mourut douze mois après l'opération. Il fut impossible de faire Taniopsie. Guthrio cite un antre cas remarquable de guérison, celui de Richard Gain.

c. Méthode de lirrtraniii ou suture ù points pas.sés. — C'est une variété de suture continue. Elle a été préconisée par Boyer, Sanson. Roux, Pâtissier, Lombard, Richerand, etc. Los lèvres de la plaie sont maintenues en contact et traversées obliquement à environ 4 millimètres du bord libre, l'une de dehors en dedans, l'autre de dedans en dehors; l'aiguille est ensuite conduite au-dessous do la seconde piqûre, c'est-à-dire de celle qui est faite de dedans en dehors.

de telle sorte qne l'ante de fll apparente à l'euérieur soit parallèle à la tolntion de continuité. Puis ou traverse avec Taiguille lee deux lèvrei de U plaie, l'nne de dehors en dedans, l'autre de dedans eo dehors, c'est-à-dire de gaacbe à droite si le premier point de suture a été fait de droite à gauche. Os continue ainsi jusqu'à ce que les lèvres de la plais soient rapprochées dans tonte ienr longoenr. Oa rentre l'intestin et on fixe les deux extrémités da fil en dehors. On peut les retirer quelques jours après en coupant à un bout et en tirant à l'antre. Losibard a employé avec succès cette sature en 1778.

Modification de Béclard, — L'aiguille porte un 11 blanc et un de couleur, de sorte que quand on veut les enlever on tire le fll blanc d'un bout et celui de couleur de l'autre.

d. Suture spiroïdale, — C'est une variété de suture continue qui a été préconisée par NanciantI de Napies. Les surfaces séreuses des lèvres de U plaie sont renversées et amenées en contact. Le fll de suture est simple et porté alternativement do droite à gauche et de gauche à droite, en spirale : alors, en tirant les extrémités du fil à chaque angle de la plaie, les lèvres de celle-ci sont amenées en contact. Nsncianti rapporte trois succès.

On voit que le but de la suture continue c'est de maintenir en contact de la manière la plus absolae les bords de la plaie intestinale sur tonte son étendue aflu d'empêcher l'extra vasation de son contenu. Toutefois, en agissant ainsi, on maltiplie et on ajoute au danger de la plaie le risque d'une ulcération consécutive. Tel est du moins l'argument de ceux qui sont opposés à la suture. On a fait un certain nombre d'expériences et publié des observations poar montrer qu'il n'éuit pas essentiel qne chaque partie de rUitestin blessé fût absolument en contact pour empêcher l'extravasation. S. Cooper donne les recommandations suivantes : u J'ai lu attentivement tous les argumenu que Travers fournit à l'appaide cette thèse qu'il faut faire autant de points de sutura qu'il est possible, et malgré cela je ne suis pas convaincu des avantages de cette pratique. S'il m'arrivait de rencontrer un intestin en partie sectionné, je n'y ferais qu'une seule suture avec une petite aiguille et un fil de soie fin. Si l'intestin était complètement divisé transversalement, je ne verrais pas d'objection à ce qu'on réunit les deux bouts à l'aide de deux ou trois sutures. Je suis également d'avis qu'on peut enlever l'extrémité des fils à ligatnreau lieu de les laisser dans la plaie où ils jouent le rOle de corps étrangers. »

Nous allons maintenant parler de deux procédés qui ont été généralement abandonnés.

1° Procédé de Littre. — Quand l'intestin est grangréné, il propose de lier le bout inférieur pour en déterminer l'oblitération et de fixer le bout supérieur à l'extérieur de façon à éublir un anus artificiel que le patient gardera toute sa vie. Louis trouve qu'il est difficile de distinguer le bout supérieur du bout inférieur du canal alimentaire. Cette opération est abandonnée, car elle établit une infirmité répugnante.

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